Parlement des choses et des rivières au bord de l'eau

  • Camille de Toledo signe ici le troisième volet d'une " trilogie européenne ". Après Le Hêtre et le Bouleau, à la suite de Vies pøtentielles, Oublier, trahir, puis disparaître explore, entre conte et récit mythologique, le temps européen, à la charnière du XXe et du XXIe siècle, à l'heure où se pose la question de l'oubli et de la trahison...

  • Peut-on continuer à faire de la politique comme si de rien n'était, comme si tout n'était pas en train de s'effondrer autour de nous ? Dans ce court texte politique, Bruno Latour propose de nouveaux repères, matérialistes, enfin vraiment matérialistes, à tous ceux qui veulent échapper aux ruines de nos anciens modes de pensée.
    Cet essai voudrait relier trois phénomènes que les commentateurs ont déjà repérés mais dont ils ne voient pas toujours le lien -; et par conséquent dont ils ne voient pas l'immense énergie politique qu'on pourrait tirer de leur rapprochement.
    D'abord la " dérégulation " qui va donner au mot de " globalisation " un sens de plus en plus péjoratif ; ensuite, l'explosion de plus en plus vertigineuse des inégalités ; enfin, l'entreprise systématique pour nier l'existence de la mutation climatique.
    L'hypothèse est qu'on ne comprend rien aux positions politiques depuis cinquante ans, si l'on ne donne pas une place centrale à la question du climat et à sa dénégation. Tout se passe en effet comme si une partie importante des classes dirigeantes était arrivée à la conclusion qu'il n'y aurait plus assez de place sur terre pour elles et pour le reste de ses habitants. C'est ce qui expliquerait l'explosion des inégalités, l'étendue des dérégulations, la critique de la mondialisation, et, surtout, le désir panique de revenir aux anciennes protections de l'État national.
    Pour contrer une telle politique, il va falloir
    atterrir quelque part. D'où l'importance de savoir
    comment s'orienter. Et donc dessiner quelque chose comme une
    carte des positions imposées par ce nouveau paysage au sein duquel se redéfinissent non seulement les
    affects de la vie publique mais aussi ses
    enjeux.

  • En 2012, Thésée quitte "la ville de l'Ouest" et part vers une vie nouvelle pour fuir le souvenir des siens. Il emporte trois cartons d'archives, laisse tout en vrac et s'embarque dans le dernier train de nuit vers l'Est avec ses enfants. Il va, croit-il, vers la lumière, vers une réinvention. Mais très vite, le passé le rattrape. Thésée s'obstine. Il refuse, en moderne, l'enquête à laquelle son corps le contraint, jusqu'à finalement rouvrir "les fenêtres du temps"...

  • " Le bouleau, dans le temps littéraire et poétique de la révélation, fut l'arbre du drame, le témoin silencieux de l'extermination ; l'arbre du massacre en train d'avoir lieu. La peau de son écorce en lambeaux est le visage d'un temps que nous n'avons pas connu, temps de l'anéantissement. Plus d'une moitié de siècle après, nous voilà désormais dans le présent du hêtre, arbre gagné par le "h' de la hantise. Mais quelle serait la voie de notre désenvoûtement ? Comment quitter le XXe siècle ? "
    C. de T.
    Camille de Toledo a publié notamment Archimondain, jolipunk, confessions d'un jeune homme à contretemps, Calmann-Lévy, 2002 ; Vies et Mort d'un terroriste américain, Verticales, 2007 ; L'Inversion de Hieronymus Bosch, Verticales, 2005 ; Visiter le Flurkistan ou les Illusions de la littérature-monde, PUF, 2008. Sous l'hétéronyme d'Oscar Philipsen, Rêves, un livre-disque avec la chanteuse Keren Ann, La Martinière, 2004.

  • Pollution des rivières, virus du sida, trou d'ozone, robots à capteurs... Comment comprendre ces " objets " étranges qui envahissent notre monde ? Relèvent-ils de la nature ou de la culture ? Jusqu'ici, les choses étaient simples : aux scientifiques la gestion de la nature, aux politiques celle de la société. Mais ce traditionnel partage des tâches est impuissant à rendre compte de la prolifération des " hybrides ". D'où le sentiment d'effroi qu'ils procurent.Et si nous avions fait fausse route ? En fait, notre société " moderne " n'a jamais fonctionné conformément au grand partage qui fonde son système de représentation du monde, opposant radicalement la nature d'un côté, la culture de l'autre. Dans la pratique, les modernes n'ont cessé de créer des objets hybrides qu'ils se refusent à penser. Nous n'avons donc jamais été vraiment modernes, et c'est ce paradigme fondateur qu'il nous faut remettre en cause.Traduit dans plus de vingt langues, cet ouvrage, en modifiant la répartition traditionnelle entre la nature au singulier et les cultures au pluriel, a profondément renouvelé les débats en anthropologie. En offrant une alternative au postmodernisme, il a ouvert de nouveaux champs d'investigation et offert à l'écologie de nouvelles possibilités politiques.

  • L'inquiétude est le nom que nous donnons à ce siècle neuf,au mouvement de toute chose dans ce siècle.Paysages ! Villes ! Enfants !Voyez comme plus rien ne demeure.Tout bouge et flue.Paysages ! Villes ! Enfants !L'inquiétude est entrée dans le corps du père qui attend son fils,comme elle s'est glissée, un jour, dans le corps des choses.C'était hier. C'est aujourd'hui.Ce sera plus encore demain.L'inquiétude de l'espèce, des espèces,et de la Terre que l'on croyait si posée,qui ne cesse de se manifester à nous,sous un jour de colère, au point qu'on la croiraitfroissée ou en révolte.

  • À cause des effets imprévus de l'histoire humaine, ce que nous regroupions sous le nom de Nature quitte l'arrière-plan de notre décor séculaire et monte sur scène, au premier plan. L'air, les océans, les glaciers, le climat, les sols : tout ce que nous avons rendu instable, interagit avec nous. Gaïa est le nom du retour sur Terre de tout ce que nous avions envoyé off shore. Nous sommes ces Terriens, qui se définissent politiquement comme ceux qui se préparent à regarder Gaïa de face.
    James Lovelock n'a pas eu de chance avec l'hypothèse Gaïa. En nommant par ce vieux mythe grec le système fragile et complexe par lequel les phénomènes vivants modifient la Terre, on a cru qu'il parlait d'un organisme unique, d'un thermostat géant, voire d'une Providence divine. Rien n'était plus éloigné de sa tentative. Gaïa n'est pas le Globe, n'est pas la Terre-Mère, n'est pas une déesse païenne, mais elle n'est pas non plus la Nature, telle qu'on l'imagine depuis le XVIIe siècle, cette Nature qui sert de pendant à la subjectivité humaine. La Nature constituait l'arrière-plan de nos actions.
    Or, à cause des effets imprévus de l'histoire humaine, ce que nous regroupions sous le nom de Nature quitte l'arrière-plan et monte sur scène. L'air, les océans, les glaciers, le climat, les sols, tout ce que nous avons rendu instable, interagit avec nous. Nous sommes entrés dans la géohistoire. C'est l'époque de l'Anthropocène. Avec le risque d'une guerre de tous contre tous.
    L'ancienne Nature disparaît et laisse la place à un être dont il est difficile de prévoir les manifestations. Cet être, loin d'être stable et rassurant, semble constitué d'un ensemble de boucles de rétroactions en perpétuel bouleversement. Gaïa est le nom qui lui convient le mieux.
    En explorant les mille figures de Gaïa, on peut déplier tout ce que la notion de Nature avait confondu : une éthique, une politique, une étrange conception des sciences et, surtout, une économie et même une théologie.

  • Vies Pøtentielles est un livre de la coupure, de la fêlure, et de la transmission. Un livre à la croisée des chemins. Entre l'orphelinat du monde où nous avançons et une marche à rebours, où nous tentons, malgré tout, de relire & relier nos destins en morceaux.
    Camille de Toledo a publié dans la même collection, Le Hêtre et le Bouleau. Essai sur la tristesse européenne (2009). Sous d'autres noms, Alexis Mital, Oscar Philipsen, il est également réalisateur et musicien.

  • Comment combler le fossé apparemment infranchissable séparant les sciences (chargées de comprendre la nature) et la politique (chargée de régler la vie sociale), séparation dont les conséquences deviennent de plus en plus catastrophiques ? La nature a toujours constitué l'une des deux moitiés de la vie publique - celle qui nous unit -, l'autre moitié formant ce qu'on appelle la politique, c'est-à-dire le jeu des intérêts et des passions - qui nous divise. L'écologie politique a prétendu apporter une réponse mais, à cause des controverses scientifiques qu'elle suscite, à cause de l'incertitude sur les valeurs qu'elle provoque, elle oblige à abandonner la nature comme mode d'organisation publique. Selon Bruno Latour, la solution repose sur une profonde redéfinition à la fois de l'activité scientifique (à réintégrer dans le jeu normal de la société) et de l'activité politique (comprise comme l'élaboration progressive d'un monde commun). Ce sont les conditions et les contraintes de telles redéfinitions qu'il explore ici.

  • À compter des années 2000, de plus en plus de médias, aux États-Unis puis ailleurs dans le monde, se sont dotés de rubriques ou chroniques dits de « fact-checking ». Ils se sont d'abord donné pour objectif de vérifier la véracité de propos tenus par des responsables politiques dans la sphère médiatique. Puis, progressivement, ils ont étendu ce travail de décryptage minutieux à l'ensemble des informations suspectes véhiculées dans l'espace public, sur Internet et les réseaux sociaux : encouragés par les Gafam et tout particulièrement Facebook, ils produisent ce que l'on appelle du « debunking », de la démystification de rumeurs.
    Cet ouvrage décrypte également comment ces médias, ce faisant, ont cherché à valoriser une démarche journalistique particulièrement crédible, qui toutefois révèle, en creux, de nombreux manquements dans les pratiques professionnelles.
    À travers ce parcours au sein de l'histoire récente de la vérification dans les médias hexagonaux, c'est in fine la nécessité de promouvoir des contenus peut-être moins nombreux mais plus qualitatifs dans les rédactions, ainsi que la nécessité impérieuse d'une véritable politique d'éducation aux médias pour le grand public qui transparaît. Et l'exigence d'un fact-checking placé au coeur des stratégies éditoriales, seul à même de permettre aux journalistes de regagner la confiance des publics et aux entreprises de presse de valoriser leurs contenus.

    Laurent BIGOT est journaliste et maître de conférences à l'École publique de journalisme de Tours. Il y enseigne les genres journalistiques et y est responsable de l'ensemble des enseignements de presse écrite. Il est membre de l'équipe de recherche PRIM (Pratiques et Ressources de l'Information et des Médiations) de l'Université de Tours.

  • Comment détoxer Internhate d'Internet ? Comment fabriquer l'antidote du poison numérique ? Peut-on extraire le mauvais buzz des réseaux sociaux ?

    Plus que jamais, les réseaux sociaux sont devenus le terreau de souffrances, d'incitation à la haine, de complotisme et de radicalisation qui font peser une lourde menace sur la paix sociale et la démocratie.

    A l'heure de la culture du selfie et des messages de quelque 140 caractères, comment prévenir les lynchages, les moqueries, les insultes, les déferlements de haine ou de menaces qui pullulent en ligne ?

    L'auteur propose d'en découdre avec Internhate, pour identifier des possibilités de déconstruction de la haine. Avec son plaidoyer, Philippe Coen prône une philosophie du respect et de la non-violence. En intentant un procès à Internhate, il propose 50 propositions de « signal-éthique » pour construire du respect et de l'automodération.

  • Le seul livre qui fait le point sur un retour de Mein Kampf et sa haine extrême dans le domaine public, notamment en ligne et explique la force du contre-discours, et d'un label anti-haine original, initié par les auteurs.
    Écrit sous forme de récit, sans jargon, Robert Misrahi nous invite à suivre ses pas dans sa vie de philosophe, vécue comme une vie « d'engagement en philosophie »...

    Ce qu'en dit l'auteur : En rassemblant les principaux résultats de mes écrits, j'accomplis une tâche supplémentaire : je dresse comme un bilan. Le temps vient toujours de faire un bilan de sa vie. Pour moi, ce sera le bilan d'une oeuvre. Que ce bilan ne soit en fait jamais réellement "bouclé", puisque j'ai bien l'intention d'écrire durant tout le temps qu'il me sera possible de le faire, ne signifie pas qu'un regard sur un demi-siècle de production ne puisse dégager des lignes de pensée dominantes et des propositions fermes et constantes.
    Plus précisément encore, ce regard synthétique et rétroactif, ce redéploiement ramassé de ma pensée pourrait valoir comme la validation ultime d'un itinéraire existentiel et d'une oeuvre. Celle-ci révélerait alors dans son unité comme une philosophie pour vivre, c'est-à-dire comme une éthique.

  • Les modes de vie sont ce qui nous affectent le plus, et pourtant ils sont hors de notre contrôle. Il y a là un paradoxe : nous, individus réputés libres et démocratiques, sommes dans les fers des modes de vie. Ceux-ci nous imposent en effet des attentes de comportement durables (avoir un travail, être consommateur, s'intégrer au monde technologique, au monde administratif, au monde économique,...) auxquels nous devons globalement nous adapter. Ce paradoxe démocratique est renforcé par un paradoxe éthique : c'est au moment où l'on assiste à une véritable inflation éthique, par la multiplication des comités, chartes, conseils, règlements, labels éthiques en tout genre, tous censés protéger les droits individuels, que le modes de vie de plus en plus contraignants étendent comme jamais leur emprise sur les individus. Ce qui veut dire que toute ce idispositif éthique sert, en réalité, à blanchir le système et les modes de vie qui en découlent, qui peuvent ainsi étendre leur emprise en étant éthiquement pasteurisés. Notre éthique ne sert donc pas à critiquer le système ni les modes de vie, mais à les accompagner dans leur marche triomphale. Enrayer cette marche est le défi éthique et politique majeur de notre temps.

  • Infirmité, invalidité, incapacité, handicap, situation de handicap... le vocabulaire utilisé pour décrire une atteinte à la santé physique ou psychique n'est pas anodin. Il repose toujours sur une conception de ce qu'est la « normalité » et véhicule des explications différentes des écarts à cette dernière. Que l'accent soit mis sur des facteurs médicaux, individuels ou sociaux, ou encore sur leur interaction, il affecte la manière dont des êtres humains sont perçus. Si désormais certains termes sont bannis, parce que jugés stigmatisants, la hiérarchie sociale perdure entre personnes considérées ou non comme « normales ». Elle est toutefois contestée par de nouvelles approches scientifiques comme les études critiques sur le handicap (Critical Disability Studies) qui questionnent la « normalité », les présupposés qui la sous-tendent et proposent de la repenser.
    L'objectif de ce livre est triple : il s'agit d'abord d'analyser le traitement social du handicap et de l'invalidité, ensuite de comprendre l'expérience qu'en font les personnes concernées, et enfin d'interroger ce qu'est cette « normalité » qui produit le handicap ou l'invalidité.

  • Le premier livre qui traite de la presque totalité des discours de Nicolas Sarkozy, pris depuis le début de la campagne électorale présidentielle de 2007 jusqu'à aujourd'hui.
    L'auteur décortique également l'art oratoire du désormais Président et sa façon de décomposer un discours : d'abord décrire la situation en la travestissant de sorte qu'ensuite les solutions paraissent évidentes...

  • La France est un ancien pays d'immigration marqué par l'installation durable de migrants d'origines diverses dont les plus récents rejoignent souvent leurs prédécesseurs dans les quartiers populaires. S'y côtoient les enfants et petits-enfants des premiers travailleurs nord-africains et les nouveaux arrivants dont les expériences et cadres de référence divergent.
    Comment les individus vivent-ils ce face-à-face entre « banlieusards » et « blédards » ?
    Les enquêtes menées par l'auteur depuis plus de dix ans dans les collèges, lycées, lieux de travail et réseaux sociaux où se rencontrent, se jugent et parfois s'affrontent ces deux catégories de jeunes répondent à cette question encore inexplorée en France.
    En raison même de leur distance à l'égard du pays d'installation, le rapport des nouveaux migrants à la société française est moins problématique que chez les jeunes issus des immigrations postcoloniales, car les difficultés de l'intégration ne sont pas intériorisées comme des marqueurs d'une identité stigmatisée. Le pays d'accueil est encore envisagé comme un lieu de possibilités nouvelles et non comme un espace de conflictualité et d'exclusion. L'analyse de la situation méconnue des jeunes nouvellement arrivés permet ainsi la mise en perspective de celle des jeunes qui n'ont pas connu l'immigration, mais qui continuent malgré eux à en incarner les défis et les périls.
    Les figures contrastées du réfugié et du jeune radicalisé qui ont marqué l'actualité récente témoignent de la nécessité de distinguer entre les questions d'intégration des nouveaux venus et le problème de la marginalisation et des conduites déviantes d'une frange de jeunes français issus de l'immigration. Ce livre entend contribuer à lever l'amalgame.

  • Deux femmes se rencontrent dans les rassemblements, professeur issue d'un milieu bourgeois pour l'une, étudiante issue d'un milieu ouvrier pour l'autre. Dès les premiers regards, elles s'aiment... Un amour de mai qui grandit au cours des événements. Mai 68 écrit dans l'attente de l'être aimé... attente devenue éternité.
    L'une meurt dans un accident de voiture en juin. Amour tragique, inassouvi, tout comme cette révolution de mai qui ne finit pas de finir.
    Martine Storti a écrit là le roman de mai 68...

  • L'émission littéraire, exception culturelle à la française, née avec Lectures pour tous, en 1953, aura connu son apogée dans les années 80 et 90, avec un modèle jamais égalé - Apostrophes - puis une lente déchéance. Elle est, aujourd'hui, reléguée à des horaires plus que tardifs ou avalée par le règne de la télé-réalité et du divertissement qui s'arroge le quasi-monopole de la promotion du livre.
    L'émission littéraire, exception culturelle à la française, née avec Lectures pour tous, en 1953, aura connu son apogée dans les années 80 et 90, avec un modèle jamais égalé - Apostrophes - puis une lente déchéance. Elle est, aujourd'hui, reléguée à des horaires plus que tardifs ou avalée par le règne de la télé-réalité et du divertissement qui s'arroge le quasi-monopole de la promotion du livre.

  • Le cancer, si l'on en croit la formule consacrée, est une « longue maladie ». Cet ouvrage de sociologie analyse in situ les différents temps de cette maladie si particulière. Le plus souvent, se soigner implique une relation sur la durée avec la médecine : démarche diagnostique, temps des traitements, des soins, et enfin temps du contrôle des résultats, s'échelonnant encore sur une dizaine d'années si aucune récidive n'apparaît entre-temps. Chaque patient voit son existence soumise à un contact régulier avec la médecine anticancéreuse, et s'emploie à mettre en oeuvre un travail (le plus souvent solitaire) d'ajustement à ce dispositif de traitements. Cet ouvrage examine la façon dont les malades sont soignés par une médecine hautement spécialisée, mais encore loin d'être adaptée aux maladies de longue durée. Marie Ménoret a souhaité rendre compte de la dimension, non plus individuelle, mais sociale et collective, de l'expérience du cancer. Elle s'est alors immergée dans un centre de lutte contre le cancer. Elle a vécu l'expérience du patient dans la continuité, se faisant parfois agent de service hospitalier pour les besoins de son observation, et a analysé - en sociologue - la totalité des étapes que le malade doit franchir.

  • Le cancer, si l'on en croit la formule consacrée, est une « longue maladie ». Cet ouvrage de sociologie analyse in situ les différents temps de cette maladie si particulière. Le plus souvent, se soigner implique une relation sur la durée avec la médecine : démarche diagnostique, temps des traitements, des soins, et enfin temps du contrôle des résultats, s'échelonnant encore sur une dizaine d'années si aucune récidive n'apparaît entre-temps. Chaque patient voit son existence soumise à un contact régulier avec la médecine anticancéreuse, et s'emploie à mettre en oeuvre un travail (le plus souvent solitaire) d'ajustement à ce dispositif de traitements. Cet ouvrage examine la façon dont les malades sont soignés par une médecine hautement spécialisée, mais encore loin d'être adaptée aux maladies de longue durée. Marie Ménoret a souhaité rendre compte de la dimension, non plus individuelle, mais sociale et collective, de l'expérience du cancer. Elle s'est alors immergée dans un centre de lutte contre le cancer. Elle a vécu l'expérience du patient dans la continuité, se faisant parfois agent de service hospitalier pour les besoins de son observation, et a analysé - en sociologue - la totalité des étapes que le malade doit franchir.

  • Reuven Feuerstein, pédagogue israélien, a travaillé avec les enfants bouleversés par la Deuxième Guerre mondiale lors de la création de l'Etat d'Israël. Il s'est occupé d'enfants juifs européens et nord-africains rescapés de la Shoah. Soumis à des tests psychométriques, ces enfants obtenaient des résultats qui dénotaient un retard intellectuel de 3 à 6 ans par rapport à la norme. Feuerstein s'est aperçu que si les tests pouvaient rendre compte des connaissances de l'enfant, ils ne permettaient pas pour autant de mesurer leur capacité d'apprentissage. Il importait donc avant tout de débloquer le processus intellectuel et émotionnel permettant aux enfants et aux adolescents d'acquérir des connaissances.
    À travers des milliers de patients, le Professeur Feuerstein a acquis la conviction qu'il était possible d'apprendre à apprendre, et ce d'une manière continue. Son programme d'enrichissement instrumental consiste donc à créer chez tous ceux qui présentent un immobilisme intellectuel les conditions physiologiques et psychologiques leur permettant de faire face de manière autonome aux différents événements auxquels ils seront confrontés.
    Plus largement, la pédagogie de Feuerstein est une pédagogie de la médiation. Elle permet de faire le tour des problèmes pédagogiques, de mettre des mots sur des choses implicitement connues pour devenir mieux armé. En prônant une pédagogie généreuse, active et modifiante, Feuerstein nous invite à quitter des attitudes qui ont trop souvent été chez nous passives et acceptantes. Bref une pédagogie à visage humain...

  • Réunissant des recherches inédites produites en Europe et en Amérique par les meilleurs spécialistes de ces questions (historien.ne.s, anthropologues, sociologues, psychologues, spécialistes de l'étude sociale de sciences et des études de genre), cet ouvrage propose un panorama large des savoirs et des pratiques médicales de la sexualité féminine depuis la fin du xixe siècle à nos jours ainsi que des enjeux sociaux et politiques que la question « du désir des femmes » dans la diversité de ses expressions pose aux sociétés occidentales contemporaines.

    Le sexuel est-il affaire d'instinct ou d'apprentissage, de physiologie ou de psychologie, trait individuel ou social ? Où se logent les fonctions et les capacités sexuelles, comment les décrire et les soigner ? Le désir sexuel peut-il être matérialisé, sa physiologie décrite ? S'apparente-t-il à une quête de récompenses ? Dévoile-t-il l'identité profonde des sujets ? Sa nature et son expression diffèrent-elles chez les hommes et les femmes, les hétérosexuelles et les lesbiennes ?
    Cet ouvrage s'intéresse aux discours savants sur la sexualité féminine, à leurs grammaires leurs motifs récurrents et leurs contradictions, aux imaginaires sociaux qu'ils ouvrent, aux conceptions du sexe et de la sexualité qu'ils promeuvent. Il rend compte des programmes mobilisés au cours d'un long XXe siècle - « de la psychanalyse aux neurosciences » - pour la déchiffrer et soigner ses troubles. Il est aussi attentif aux savoirs profanes sur le sexe et à la manière dont les individus s'approprient ces connaissances pour donner sens à leurs conduites sexuelles.

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