Le Courage de Charles Dantzig

  • "Dans l'un de ses premiers livres, La Guerre du cliché, Dantzig évoque un de ses thèmes de prédilection et un élément essentiel de son esthétique : la place du cliché en littérature et ses dangers, sous la forme d'un dialogue qui porte la marque d'Oscar Wilde. Dans un essai inédit, Ma république idéale, il développe une longue réflexion, à sa manière, mordante, vive et spirituelle, sur la situation de la création contemporaine et les périls que la tentation du populisme, sous prétexte de réalisme, fait peser sur la littérature et la fiction, ces fragiles et magnifiques garants de notre liberté de pensée. "

  • Dans ce livre, vingt écrivains s'emparent des vingt premières années de ce XXIe siècle, de 2001, année d'une destruction guerrière, à 2020, année d'une destruction sanitaire.
    Année après année, chaque auteur traite un thème, en France ou à l'étranger, politique ou scientifique, artistique ou moral, sous forme de fiction, la plupart du temps écrite, quelquefois dessinée ou photographique. De Sarkozy au Fouquet's aux «  trônes de purin  » qui constituent le mode triomphal de la célébrité contemporaine, du lancement de la « Société d'harmonie » en Chine au grand incendie de Californie, de #metoo au début de la sixième extinction animale, du suicide d'Alexander McQueen au covid-19... Voici, avec la perspicacité unique de la fiction, notre contemporain. Comme il y a eu, dans les années 1890, l'esprit fin-de-siècle, voici l'esprit début-de-siècle. Il n'est pas optimiste.
     
    Par Patrick Roegiers, Oriane Jeancourt-Galignani, Jérôme Bastianelli, Adrien Goetz, Nicolas Idier, Arthur Chevallier, Pauline Dreyfus, Charles Ficat, Sébastien Ministru, Loïc Prigent, Viktor Cohen, Chloé Delaume, Sandrine Treiner, Géraldine Koziak, Claudie Hunzinger, Christophe Honoré, Véronique Aubouy, Charles Dantzig, Grégory Le Floch et Nicolas Cano.
    Ce livre constitue la sixième livraison de la revue annuelle Le Courage.

  • Voici le livre le plus personnel de Clémentine Mélois. Tout part de la lecture. «  D'abord, j'ouvre le livre en grand et je colle mon nez au milieu des pages pour les respirer. » C'est pour mieux s'imprégner de ses auteurs préférés, Simenon, Perec, Tolkien, à partir de ce qui peut paraître le plus insignifiant chez eux  : les détails. Comment se fait-il que, entrant dans un Maigret, les phrases «  - Bonjour Janvier. - Bonjour, patron  » font que nous sommes déjà dans l'histoire, et la tiédeur d'un bureau chauffé au poêle du quai des Orfèvres  ? Quel est le rapport entre la vie quotidienne des personnages (une certaine madeleine mangée dans A la recherche du temps perdu) et la nôtre (le cake marbré sous plastique de la station-service de notre enfance)  ?
    Par des allers-retours entre la vie des personnages et la sienne, Clémentine Mélois nous fait pénétrer au plus près de cette expérience à la fois personnelle et universelle, la lecture. Les souvenirs et les sensations des fictions deviennent les nôtres. Comme si, venus de notre petit monde, nous étions entrés dans un pays plus vaste et pourtant familier. Pendant que, dehors, soufflent les tempêtes, nous vivons dans les livres. Tendre et plein d'humour, Dehors, la tempête nous rappelle que la vie dans les livres est la plus savoureuse de toutes.

  • Les ultimes

    Xavier Bourgine

    • Grasset
    • 20 Janvier 2021

    Alban et Corentin ont vingt-quatre ans. Ils sont jumeaux, ils sont amants. Ils vivent à Paris, où Alban étudie la philosophie, Corentin, les géosciences. Alban est persuadé que leur génération est la dernière  : ce que la terre affronte est trop grave pour être surmonté. Le dérèglement climatique est irrémédiable. Que faire  ? Alban et Corentin fondent un think tank, «  Les ultimes  », afin de chercher les moyens de réparer le monde avant sa fin.
    Seulement, pour être jumeaux et amants, Alban et Corentin ne sont d'accord sur rien. L'un est alarmiste, l'autre est insouciant. L'un est de droite, l'autre est de gauche. L'un est libéral, l'autre militant de la France indomptée. Ils se querellent, ils s'opposent. Et puis il y a Edouard. Edouard en tiers dans le couple, qui est en réalité un trouple. Le trouble de l'intime s'ajoute au trouble du monde. Il y aura mort, il y aura suicide.  La mère des jumeaux vient, dans une fin bouleversante, se pencher sur le destin de ses enfants. 
    Relecture de Caïn et Abel au temps de la déliquescence climatique, ce premier roman embrasse la totalité des problématiques contemporaines, de l'écologie aux mutations des façons de vivre, de la connexion généralisée aux manifestations de masse. Peut-on être idéaliste dans le monde contemporain  ?

  • Après le succès d'Histoires d'oeils, Philippe Costamagna applique sa science d'historien de l'art et du goût à quelqu'un que l'on n'aborde jamais sous cet angle  : Napoléon. Dans ce premier livre sur la question, il aborde à la fois le Napoléon intime et le Napoléon public par ses goûts, tous ses goûts, et parfois ses dégoûts.
    Quel était le goût de Napoléon en matière de mobilier  ? De vêtements  ? De littérature  ? De théâtre  ? De peinture  ? De cuisine  ? De femmes  ? Parmi la quantité de détails et d'anecdotes sur le général, Premier consul, empereur des Français et exilé le plus célèbre du monde, on découvrira sa passion pour les rougets, mais aussi pour les vers de Corneille, qu'il se faisait réciter par des acteurs, pour la couleur mauve dont il a fait tapisser le palais de l'Elysée, ou encore pour le jeu de barres (une variante du chat-perché). Et chaque fois, en plus de ces goûts, sa décision bien à lui de vouloir les imposer à tous, parfois pour notre plus grand bien, comme quand il a peuplé Paris de fontaines.
    Derrière la légende des canons et des conquêtes, des cavalcades et des codes, voici la vérité d'un homme qui s'est profondément révélé par ses choix esthétiques.   Ce passionnant Goûts de Napoléon est un trésor d'anecdotes méconnues et une mine d'informations inattendues sur un des grands hommes de l'histoire de France.

  • Histoires d'oeils

    Philippe Costamagna

    • Grasset
    • 20 Avril 2016

    Voici un métier singulier, rare et secret. Jusqu'à ce livre, il n'avait même pas de nom en français. C'est le métier de quelques dizaines de personnes dans le monde, qui, grâce à un mystérieux mélange de savoir et de sensibilité, sont appelées à Washington comme à Tokyo pour reconnaître tel ou tel tableau. Est-il vrai ? Est-il faux ? Cette supposée « croûte » est-elle un Raphaël, et vice-versa ? Ce sont des « oeils » (et non des yeux), comme dans la parfumerie il y a des « nez ». Philippe Costamagna leur donne leur nom et raconte, se raconte. Comment un jour il a attribué un Bronzino maintenant réputé un des chefs-d'oeuvre de l'art mondial ; comment il en est arrivé là, depuis son enfance dans un milieu fantaisiste et cultivé, en passant par des expériences de sensations qui vont d'une glace à la vanille spectaculaire à sa première visite d'une grande exposition. Ses prédécesseurs, ses coups de maître et ses erreurs aussi, dans un récit rempli d'anecdotes à rendre jaloux un enquêteur de polars.  La vie d'un aventurier à la recherche des chefs-d'oeuvre.

  • Les évadées

    Alexandra Fritz

    • Grasset
    • 5 Février 2020

    «  En 1990, quitte à devoir être amoureuse d'un mec, je vote Clint Eastwood.  » Voici comment Modeste Mercurier, midinette d'1,93 m pour 110 kg, tente de masquer son attirance pour les filles dans une société qui ne tolère guère ces fantaisies. Anicée, la mince petite métisse aux yeux verts, et Modeste, la géante timide et à l'humour à toute épreuve, vont devenir les héroïnes d'un Capitaine fracasse féministe. 
    Elles se rencontrent dans un collège de Bordeaux. De crises de rire en crises de larmes, les deux filles s'adorent puis se perdent, sans jamais s'oublier ni oublier leur passion de saboter l'ordre établi. Se retrouvant, elles se font animatrices d'un théâtre de campagne, vivant dans la précarité, l'alcool, l'insolence, avec un chat pour confident. Leur troupe, les Félinistes (hommage aux félins et, qui sait  ? à Fellini), va devenir le moyen de narguer les conventions et de poser des bombes de rires au pied de la bienséance. L'histoire simple de deux grandes blessées racontée avec un joyeux sens de l'anarchie. A saute-mouton sur l'ordre établi. 

  • Hadamar

    Oriane Jeancourt Galignani

    • Grasset
    • 4 Janvier 2017

    1945. Un homme sort de Dachau. Il y a été emprisonné pour ses articles d'opposition au Troisième Reich qui vient de s'effondrer. Dans le désastre physique et moral de l'Allemagne vaincue, il part à la recherche de son fils, dont il ne sait plus rien depuis qu'il l'a inscrit aux Jeunesses hitlériennes avant d'être emprisonné. Il retourne dans sa ville natale. Les habitants sont énigmatiques, fuyants : une femme élude ses questions ; un soldat américain venu enquêter sur un mystérieux programme « Aktion T4 » des nazis garde des informations secrètes. C'est alors que l'homme entend des rumeurs au sujet de l'hôpital d'Hadamar. Il s'y rend, décidé à retrouver son fils, quel que soit le prix de sa quête.

  • Ils sont de retour. Encore mieux habillés, encore plus déconnectés. Mais attention : «  Tu crois que je suis à côté de la plaque mais ce n'est pas toi qui décides où est la plaque  »  ! Les poètes du hors-sol. Les timbrés du premier rang des défilés de mode. Tout un monde souvent parisien, toujours à la pointe, jamais épuisés. Loïc Prigent revient avec le dernier bulletin de santé de ses petits camarades du monde de la mode. 
    Diagnostic :   - Des gens avec un bon sens hors du commun  : «  Passe-moi le champagne, j'ai un chat dans la gorge.  » - Des gens qui connaissent très bien les maux des autres : «  Elle a une allergie à la simplicité.  » - Des gens qui savent éviter les obstacles avec simplicité : «  Je file à mon déjeuner au Ritz. Je vous laisse gérer la crise, je reviens vers 16 h.  » - Des gens qui n'ont pas le temps : «  J'avais tellement faim j'ai oublié d'instagrammer mon repas.  » - Des gens compréhensifs : «  En tout cas on apprécie tous que tu attendes le soir pour pleurer. C'est un super progrès.  » Et, quoiqu'en en dise ou en pense, des gens qui ne se font pas d'illusions :  «  Tu es belle. - Tu ne dis ça que quand je porte mon sac Chanel.  »
    Après le succès de « J'adore la mode mais c'est tout ce que je déteste », le nouveau livre du Chamfort (Nicolas) de la frivolité en temps de crise. 

  • La séquestration

    Nicolas Cano

    • Grasset
    • 6 Mars 2019

    Quelle est cette pièce blanche où le narrateur est enfermé  ? Lui-même l'ignore alors qu'il s'y réveille un matin, ou un soir. Il ne parvient pas à se rappeler ce qu'il a fait la veille ni à comprendre pourquoi il est enfermé. La pièce est petite, étroite et propre, à dominante de blanc. Devant lui, un ordinateur dont l'accès à internet est limité. A côté, une machine à distribuer de la nourriture. Au gré des tintements du four micro-ondes, en consultant Wikipédia et Google Maps, il tente de reconstituer ce qui s'est passé.
    Ses articles sur le plébiscite ont-ils déplu  ? Et son filleul  ? Son beau filleul, cet agitateur, aurait-il commis une imprudence  ? Qu'est-il devenu  ? Et la gardienne de l'immeuble, avec qui ils étaient allés à Venise, aurait-elle mouchardé  ? Mouchardé quoi, au fait  ? Dans l'obscurité bruissante de sa mémoire apparaissent des manifestations, le boulevard Voltaire, des affrontements contre la police, son filleul casqué. Que lui veut-on  ?
    Sous les auspices de Kafka et de Bolaño,  La séquestration  est le roman de la persécution et de la paranoïa contemporaines.

  • Sinon j'oublie

    Clémentine Mélois

    • Grasset
    • 5 Avril 2017

    Depuis plusieurs années, Clémentine Mélois collectionne les listes de commissions trouvées dans la rue. Chaque trouvaille est pour elle prétexte à se raconter une histoire. Qui est l'auteur ? Quels sont ses rêves, ses envies ? À partir d'une sélection de 99 listes (reproduites en image et en couleur), voici un portrait drôle et tendre d'hommes et de femmes qui se confient à la première personne, parlent de leurs vies, de nos vies. Grâce à la fiction, la réalité la plus prosaïque donne lieu à l'imagination la plus poétique.

  • « Aujourd'hui, maman est morte. » « DOUKIPUDDONKTAN, se demanda Gabriel, excédé. » Voilà deux célèbres premières phrases de livres ô combien célèbres. Elles ouvrent L'Étranger et Zazie dans le métro. Ce livre en contient quinze autres (plus deux interludes) que Laurent Nunez examine mot après mot. Tout ce que l'on peut deviner d'une oeuvre, et de son auteur, n'est-il pas contenu dans « sa » première phrase ? Aussi instructif qu'ironique, aussi passionnant que savant, ce livre nous parle plus que des livres, il nous parle de l'amour, de la séparation, de la perte, de la vie même. Italo Calvino avait écrit Pourquoi lire les classiques ?, voici le « comment (re)lire les classiques ? » des temps nouveaux.

  • Apprendre à lire

    Sébastien Ministru

    • Grasset
    • 10 Janvier 2018

    Approchant de la soixantaine, Antoine, directeur de presse, se rapproche de son père, veuf immigré de Sardaigne voici bien longtemps, analphabète, acariâtre et rugueux. Le vieillard accepte le retour du fils à une condition  : qu'il lui apprenne à lire. Désorienté, Antoine se sert du plus inattendu des intermédiaires  : un jeune prostitué aussitôt bombardé professeur. S'institue entre ces hommes la plus étonnante des relations. Il y aura des cris, il y aura des joies, il y aura un voyage.
    Le père, le fils, le prostitué. Un triangle sentimental qu'on n'avait jamais montré, tout de rage, de tendresse et d'humour. Un livre pour apprendre à se lire.

  • Vinteuil est le musicien le plus célèbre de la littérature française. «  Le  » musicien d'A la recherche du temps perdu, l'auteur de la fameuse sonate, celui qui a une fille lesbienne et sacrilège... Il demeure pourtant un grand inconnu, puisque Marcel Proust ne donne que de très rares informations à son sujet. Son nom est plus célèbre sa vie. Sa vie, précisément. A partir du peu que raconte Proust, et, plus encore, de ce qu'il ne raconte pas, La vraie vie de Vinteuil imagine quel a été le parcours de ce mystérieux compositeur. Sa vraie vie. Celle que l'auteur de La Recherche n'a pas connue. A-t-il eu connaissance de tout ? Ce grand espion n'aurait-il pas manqué d'informations  ? A-t-il par exemple su que Vinteuil est le fils illégitime du curé de Combray  ? Et tant d'autres secrets  ?
    Se fondant sur l'histoire politique et musicale du XIXe siècle que Jérôme Bastianelli connaît particulièrement bien, lui qui a écrit les biographies de Bizet et de Mendelssohn, son roman raconte dans quelles conditions Vinteuil a été amené à écrire sa si novatrice Sonate pour violon  ; comment sa fille a rencontré la sulfureuse amie avec qui elle a entretenu une liaison scandaleuse  ; comment le jeune Proust en est arrivé à s'intéresser à lui. Musique, littérature, révolution de 1848, guerre de 1870  : la vie artistique et politique de la France forment l'arrière-plan du portrait de cet artiste incompris à qui il est enfin rendu justice.
    Un premier roman brillant et surprenant, qui, si on n'a pas lu Proust, peut se lire comme la biographie imaginaire d'un grand musicien et qui, si on l'a lu, se révèle comme une délicieuse interprétation critique d'un des plus grands romans du XXe siècle, que n'aurait pas reniée Marcel Schwob, l'auteur des Vies imaginaires.

  • Orphée retourne toi

    Le Courage

    Plus qu'une revue, Le Courage est un essai à plusieurs auteurs, puisque tous interviennent sur le même thème. Alternant chaque année un thème esthétique («  Littérature 2015  ») et un thème politique («  Les salauds  »), 2019 est un millésime «  esthétique  ». Nous visons des temps d'injonction morale perpétuelle faite à l'art. L'art devrait en particulier représenter le «  réel  ». Quel «  réel  »  ? Qui décide de ce qu'il est  ? L'art devrait ne pas se retourner vers son passé, sa forme, son idéal, notion «  élitistes  » et donc odieuses. L'art devrait renier Orphée.
    Contre ces injonctions terroristes, les auteurs du Courage 5, qu'ils soient français, grecs, marocains, écrivains, musiciens ou chorégraphes, se retournent avec Orphée. C'est ainsi que le grand poète arabe Mohamed Bennis nous offre un «  Orphée à Tanger  », que Charles Dantzig, revenant à la fiction, nous offre deux étonnantes nouvelles sur un homme qui choisit de mourir sur l'autoroute et sur un amoureux qui se soigne par le rire à Venise, qu'Adrien Goetz, en historien d'art qu'il est aussi, nous rappelle les métamorphoses du dieu des poètes, que Loïc Prigent, avec son esprit et son humour, fait un flash-back orphéïque anglais, que Sandrine Treiner, directrice de France Culture et essayiste, se rappelle qu'Orphée aujourd'hui peut être un cinéaste ukrainien emprisonné. L'artiste Enzo Mianes, les chorégraphes Pierre Rigal, Mithkal Alzghair nous donnent «  leur  » Orphée, de même que les musiciens (l' Orfeo n'a-t-il pas été le premier opéra  ?) Gluck, Offennbach et Catastrophe... Comme tous les ans, trois jeunes écrivains débutants clôturent la revue par leur première fiction.

  • Le Courage, revue internationale annuelle, en plusieurs langues, est en réalité un essai à plusieurs auteurs, en 2018, les «  Minorités supérieures ? ».
     
    L'infériorité numérique ne fait pas plus l'infériorité «  morale  » que la majorité ne prouve la raison. Depuis quelques années, les minorités sont honnies  ; on les accuse d'être des «  communautés  », de faire sécession, de comploter contre la majorité pour leur profit. Il en va des minorités comme de tout dans l'humain, le bien et le mal y sont partagés. Des minorités inférieures existent sans doute, comme «  le paquet de déplorables  » qui a voté pour Trump, élu avec moins de voix que son adversaire, mais y a-t-il des minorités supérieures  ? En tout cas, en tant qu'inférieures en nombre, on leur doit l'attention et le tact. C'est à quoi les auteurs du Courage 4 réfléchissent dans ce numéro.
    On y trouvera un agrégé de grammaire conversant avec un jardinier chinois  ; le grand architecte Paul Andreu (ah, les architectes) parlant avec le grand artiste abstrait Carlos Cruz Diez (ah, l'art contemporain !). Loïc Prigent parle des snobs. Sandrine Treiner, des idiots utiles ayant fait la gloire d'un roman qui prédisait l'élection d'un président islamiste en France, et Oriane Jeancourt-Galignani, des critiques littéraires aussi précieux et menacés que la mulette perlière d'eau douce. Clémentine Mélois propose des images inquiétantes et cocasses, Philippe Corbé écrit sa première fiction, où il est question d'un homme devenant femme. Charles Dantzig étudie les idées majoritaires qui peuvent faire tant de mal aux écrivains, comme celle de la beauté. Romila Thapar, une des plus grandes historiennes de l'Inde, co-fondatrice de l'Université Nehru à New Delhi, explique ce que c'est que de tenter d'enseigner sous la terreur nationaliste indoue. Justin Trudeau, Premier ministre du Canada, fait dans un discours crucial les premières excuses officielles d'un pays à une minorité, la LGBTIQ. La grande généticienne Evelyne Heyer explique le destin des minorités supérieures, et on lira l'étonnant récit de vie de Dorothée, Pygmée persécutée chez les Tutsis et les Hutus, car on est toujours la minorité d'une minorité.  
    Comme à chaque numéro, trois écrivains débutants ont une conversation atour du thème de l'année et publient leur première fiction ou leurs premiers poèmes.
    Ecrits en français, italien, anglais.

  • Plus qu'une revue, Le Courage est un essai à plusieurs auteurs. Le thème de 2017  : Âge d'or/Âge de fer. L'âge de fer, nous y sommes. La marée de la violence populiste déferle sur le monde. L'un est élu, l'autre menace. Qu'est-ce que cela fait  ? Comment tenir  ? De quelle façon protéger les choses de l'esprit  ? Écrivains, cinéastes, artistes, ils sont vingt-trois, dans sept langues et quatre alphabets différents, à réfléchir d'un point de vue littéraire et artistique à cette situation inédite dans nos vies. Japonaise, Égyptienne, Israélien, Pakistanais, Libanais, Allemand, Anglais, Américains, Brésilien, Français, ils réfléchissent aux temps actuels et futurs, sous forme d'essai, de fiction, de photographies, de dessins. Parmi eux, une série de tweets de Donald Trump éclate comme une bombe de vulgarité et de menaces. La démocratie est-elle en danger  ? Être femme à l'ère du virilisme revanchard est-il devenu plus difficile  ? Y a-t-il une jeunesse dangereuse  ? Le Brexit est-il un néopuritanisme  ? Les clowns sont-ils des monstres  ? Les inhumains s'imaginent-ils nous faire peur  ? Les âges d'or passés du romantisme et de la fête peuvent-ils revenir  ? Comme à chaque numéro, Le Courage donne la parole à trois jeunes écrivains jusque-là non publiés, publiant leurs premières fictions et une conversation sur l'avenir qu'ils contribueront à créer. Contre cet âge de fer, nous promettons un âge d'or.

  • Plus qu'une revue, Le Courage est un essai à plusieurs auteurs. En 2016, ils s'attaquent à une espèce éternelle et particulièrement vivace dans ces années 10 du XXIe siècle, les salauds. Auteurs du monde entier, des Etats-Unis à la Norvège en passant par la Chine et la France, chacun dans sa langue traduite en français, à l'exception des principales langues de l'Europe (dans ce numéro, l'anglais), ils donnent leurs noms aux salauds. Anders Breivik (par le grand romancier Karl Ove Knausgård) ; George W. Bush (par l'Américain E. L. Doctorow) ; Vladimir Poutine (par le Russe Sergei Guriev), Patrice de Mac-Mahon, l'organisateur de la déchéance de Gustave Courbet (par Sandrine Treiner) ou Talaat Pacha, le véritable organisateur du génocide arménien de 1915 (par Anaïd Demir), sans oublier l'étrange carrière de nazi caché par tous ceux qui savaient d'un des plus grands théoriciens littéraires allemands du XXe siècle, Hans Robert Jauss (par William Marx). Quant aux salauds obscurs et bien efficaces dans leur obscurité, la fiction est là pour les débusquer. Abnousse Shalmani invente une salope de Téhéran, manipulatrice et malfaisante, la Pishdidian, et Laurent Nunez n'est pas tendre envers « Eugénie du christianisme ». Les artistes Géraldine Kosiak et Clémentine Mélois fouettent en dessin et en photographie, Patrick Roegiers s'enflamme sur un faux salaud, Charles Dantzig établit une liste de propositions pour une typologie des salauds, bien d'autres auteurs les accompagnent dans ce numéro féroce qui n'a d'autre modèle que la Justice.

  • Dans ce premier numéro du Courage, tous les auteurs parlent de la littérature et de la création en 2015. Ce qu´elles sont, les conditions qu´on leur fait, leurs héros, leur présent certain, leur avenir souhaitable.
    Parmi ces écrivains et ces artistes venus du monde entier, on trouvera un essai d´esthétique et des dessins inédits du grand artiste Fausto Melotti, une variation sur la notion de préface par Laurent Le Bon, président du musée Picasso, un film imaginaire de Christophe Honoré, un essai sur ce qui menace la littérature par Charles Dantzig, un récit de Daniel Mendelsohn sur une romancière américaine qui lui a donné du courage quand, adolescent, il lui a écrit, un essai de la romancière et dissidente chinoise Chun Sue sur la situation politique la littérature en Chine, des souvenirs de Thadée Klossowski de Rola sur son oncle l´écrivain Pierre Klossowski. Des essais, des récits, des nouvelles, des poèmes des Etats-Unis, d´Italie, d´Haïti, du Liban, d´Israël, de France, que suit une insolente conversation sur la littérature par trois jeunes écrivains de vingt-cinq ans.

  • Traité des gestes

    Charles Dantzig

    • Grasset
    • 4 Octobre 2017

    Les mains  ? Et les sourcils. Et les yeux. Et les pieds. Et la bouche, avec le sourire. Toutes ces parties du corps accomplissent des gestes. Les objets nouveaux, comme les tablettes numériques ou les cigarettes électroniques, en font faire d'inédits, tandis que d'autres disparaissent, pour parfois réapparaître. De quelle mystérieuse façon un poignet cassé sur la hanche, geste des aristocrates du xviiie siècle, a-t-il resurgi chez un rocker de 1960  ? Le geste de la main d'un bébé qui s'ouvre comme une étoile de mer ne serait-il pas un souvenir des âges immémoriaux où nous étions algues ou poissons  ?
    Y a-t-il des gestes d'hommes, des gestes de femmes  ? Des gestes nationaux, des gestes universels  ? Gestes de la sexualité, gestes de la politique, gestes des comédiens, gestes imités de nos morts aimés, les gestes ne sont pas l'ombre des mots  ; ils peuvent être une forme de création. Plus encore qu'un langage du sens, un rapport unique au temps.
    Voici un livre inattendu, lumineux et sensible, riche de mille réflexions tirées de l'histoire, de la littérature, du cinéma, de l'observation des présidents de république comme des femmes druzes fabriquant de la pâte à pita. Que disent ces gestes que tout le monde fait et que personne ne semble vraiment regarder  ?

  • Voici sept personnages avec qui nous vivons, des premières manifestations contre le « mariage pour tous » jusqu'aux dernières. Il y a Ferdinand, garçon de vingt ans blessé par la vulgarité de son père, le député Furnesse, vedette homophobe des médias et fier de l'être ; Pierre, le grand écrivain n'écrivant plus ; Ginevra, qu'il tente d'aimer ; Armand et Aron, qui vivent en couple ; Anne, si belle et victime de sa beauté ; bien d'autres encore. Tous apportent leur voix à ce concert de l'esprit où le comique le dispute à la rage. Que s'est-il passé durant cette période ? Quel esprit est entré dans Paris, si contraire à Paris ? Comment ce qu'on appelle un événement transforme-t-il la vie des hommes ?   Le grand roman de l'amour au temps de la haine.

  • Pourquoi lire ?

    Charles Dantzig

    • Grasset
    • 29 Septembre 2010

    "La lecture n'est pas contre la vie. Elle est la vie, une vie plus sérieuse, moins violente, moins frivole, plus durable, plus orgeuilleuse, moins vaniteuse, avec souvent toutes les faiblesses de l'orgueil, la timidité, le silence, la reculade. Elle maintient, dans l'utilitarisme du monde, du détachement en faveur de la pensée. Lire ne sert à rien. C'est pour cela que c'est une grande chose. Nous lisons parce que ça ne sert à rien." Des conseils, des douceurs, des rosseries, et une conception de la lecture comme "soeur de la littérature", toutes deux marchant ensemble dans un combat contre le temps. Une philosophie de la lecture qui fait s'exclamer, s'enthousiasmer, applaudir, et qui ne donne qu'une envie : (la) relire.

  • Ce livre n'est pas un recueil, dans le sens d'une réunion de pièces publiées ci et là, mais un livre de poèmes, entendu pour constituer un ensemble, avoir une forme et un sens précis. Démocratie du bord de mer, c'est le pays des amours gays. Les poèmes qui le composent évoquent l'origine, la géographie, les mythes, l'histoire, les danses et les amours de ce pays  peuplé de faons et de lions, au bord d'une mer chaude.
     
      Dans la lignée des grands livres de poèmes de la littérature gay, d'António Botto à Jean Genet, du Hombres  de Verlaine à The Man with Night Sweats  de Thom Gunn. 
     

  • " La vie, c'est un voyage dans le ventre d'un avion où, pour se distraire de ses douleurs, on regarde par les hublots. Ce roman commence quand un 747 décolle pour Caracas et s'achève au moment où il va atterrir. Entre les deux, le narrateur, parti chercher son meilleur ami qui a disparu au Venezuela, regarde par le hublots de sa vie.
    Il est question d'amitié. Son ami lui en a dit des choses violentes.
    Il est question de sexe. Son ami a été abandonné par sa compagne.
    Il est question de politique. Son ami est allé enquêter sur Hugo Chavez.
    Il est question de noms, de rire, d'amour, de petits bruns, d'océans, du populisme qui submerge le monde comme une marée, de tout ce qui se passe durant un long trajet en avion.
    Il est question de nous."Ch. D.

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