15-16 mars 2021 : L'Assemblée Nationale rentre en thérapie.

1ère lecture : du lundi 15 mars à 16h au mercredi 17 mars, l'Assemblée nationale examinait en 1ère lecture, la proposition de loi visant à protéger les jeunes mineurs des crimes sexuels.
La proposition de loi, telle qu’adoptée par la commission des lois, comprend 11 articles dont un portant sur la suppression du critère d’âge s’agissant du viol incestueux.
2ème lecture : L'inceste et l'incestuel, le livre le plus important de Racamier est enfin disponible en numérique, au format pdf, en recherche plein texte.
3ème lecture : Camille Kouchner et Clotilde Leguil étaient les invitées de Laure Adler ce Mardi 16 mars, dans l'Heure bleue, sur France Inter. Sophie Chauveau manque toujours.

  •  Qu´est devenue la psychanalyse du XXIe siècle outre-Atlantique ? À partir d´une réflexion sur le projet même de construire une série sur la psychanalyse, cet ouvrage interroge ce que la série In Treatment nous apprend sur le sort de la psychanalyse nord-américaine : psychanalyse de l´ordinaire, approche des souffrances de l´homme normal, mais aussi dépréciation profonde de la valeur de la parole et oubli de la dimension de l´inconscient. Elle nous montre - malgré elle - la dimension désastreuse de toute psychanalyse qui ne se fonde pas sur la fonction de la parole et du langage mais seulement sur le care et le soutien. On y saisit, à travers la pratique de Paul Weston, psychanalyste désabusé, ce que serait devenue la psychanalyse en France sans Jacques Lacan.

  • Le consentement

    Vanessa Springora

    • Grasset
    • 2 Janvier 2020

    Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. À treize ans, dans un dîner, elle rencontre G., un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses oeillades énamourées et l'attention qu'il lui porte. Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin «  impérieux  » de la revoir. Omniprésent, passionné, G. parvient à la rassurer : il l'aime et ne lui fera aucun mal. Alors qu'elle vient d'avoir quatorze ans, V. s'offre à lui corps et âme. Les menaces de la brigade des mineurs renforcent cette idylle dangereusement romanesque. Mais la désillusion est terrible quand V. comprend que G. collectionne depuis toujours les amours avec des adolescentes, et pratique le tourisme sexuel dans des pays où les mineurs sont vulnérables. Derrière les apparences flatteuses de l'homme de lettres, se cache un prédateur, couvert par une partie du milieu littéraire. V. tente de s'arracher à l'emprise qu'il exerce sur elle, tandis qu'il s'apprête à raconter leur histoire dans un roman. Après leur rupture, le calvaire continue, car l'écrivain ne cesse de réactiver la souffrance de V. à coup de publications et de harcèlement.
    «  Depuis tant d'années, mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu'au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence  : prendre le chasseur à son propre piège, l'enfermer dans un livre  », écrit-elle en préambule de ce récit libérateur.
    Plus de trente ans après les faits, Vanessa Springora livre ce texte fulgurant, d'une sidérante lucidité, écrit dans une langue remarquable. Elle y dépeint un processus de manipulation psychique implacable et l'ambiguïté effrayante dans laquelle est placée la victime consentante, amoureuse. Mais au-delà de son histoire individuelle, elle questionne aussi les dérives d'une époque, et la complaisance d'un milieu aveuglé par le talent et la célébrité.

  • Au terme d'un long parcours de recherche et jusqu'à ses plus récents travaux, Paul-Claude Racamier propose l'exploration d'un domaine clinique ancien comme le monde et cependant nouveau : l'inceste.
    Inverse de l'oedipe, dérivé malencontreux de la séduction narcissique et de l'antoedipe, charnière entre psychose et perversion, et secret de tant de pathologies troublantes et mal comprises, l'incestuel complète les avancées originales de l'auteur dans la clinique et la théorie psychanalytique de l'individu et de la famille.
    « L'incestuel, c'est un climat : un climat où souffle le vent de l'inceste, sans qu'il y ait inceste. Le vent souffle chez les individus ; il souffle entre eux et dans les familles. Partout où il souffle, il fait le vide ; il instille du soupçon, du silence et du secret ; il disperse la végétation, laissant cependant pousser quelques plantes apparemment banales, qui se révèlent urticantes.» 

  • « Souviens-toi, maman : nous étions tes enfants. »

    C.K.

    C'est l'histoire d'une grande famille qui aime débattre, rire et danser, qui aime le soleil et l'été.

    C'est le récit incandescent d'une femme qui ose enfin raconter ce qui a longtemps fait taire la familia grande.

    Camille Kouchner, 45 ans, est maître de conférences en droit. La Familia grande est son premier livre.

  • Comprenant qu'elle était loin d'être la seule à avoir connu une enfance et une adolescence saccagées, Sophie Chauveau a enquêté pour dresser l'inventaire des victimes et des bourreaux de sa famille. La dynastie de pervers, qui commence avec le dépeceur du Jardin des Plantes pendant le siège de Paris, se poursuit sur trois générations.
    Unique par l'ampleur de ce qu'il dévoile, son témoignage sur l'inceste est d'une force inouïe.
    Voici le roman monstrueux d'une famille hors normes.

  • Cet ouvrage a pour ambition de donner une portée clinique et politique à l'aphorisme « Céder n'est pas consentir ». Il démontre la profondeur de cette distinction, en s'appuyant sur la psychanalyse, la philosophie et la littérature. Le consentement porte toujours en lui une énigme, car consentir, c'est dire « oui », sans savoir, sur fond d'un pacte de confiance avec l'autre. Ce fondement énigmatique du consentement, qui peut aussi comporter une ambiguïté, ne doit pas être confondu avec le forçage. Cet essai pose donc la nécessité éthique d'affirmer une frontière entre « consentir » et « céder » en distinguant l'énigme du consentement comme expérience subjective, de l'expérience du traumatisme sexuel et psychique. Examinant les différents degrés du « se laisser faire », depuis l'expérience de la passion amoureuse jusqu'à celle d'un « se forcer soi-même à faire ce qu'on ne désire pas », Clotilde Leguil montre comment la frontière peut devenir trouble. Traumatisme de guerre, traumatisme intime, comment revenir de ce qui s'est produit ? Comment à nouveau consentir à dire ? S'inscrivant dans l'actualité du mouvement metoo, des collages anti-féminicides, et de la parution du récit événement de Vanessa Springora, cet essai, clinique et politique, fait valoir la nécessité de retrouve une langue à soi, pour pouvoir dire « je » à nouveau.

  • Cet ouvrage est un recueil de « vies brèves », contrastées, de femmes et d'hommes qui, petits et grands, connus ou non, ont eu un rôle dans la pensée et l'histoire de la psychanalyse, qu'ils aient été les contemporains de Freud ou qu'ils l'aient précédé, qu'ils aient enrichi ou récusé la découverte. Un événement, un trait de caractère, une mésaventure exemplaire ou répétitive ont été privilégiés dans la réalisation de chacun de ces portraits pour esquisser une silhouette ou un destin pris dans les multiples scènes analytiques et dans celles, également multiples, de l'époque. On demeure émerveillé devant leur appétit de connaissances. Ces hommes accumulent les diplômes ; ces femmes innovent en franchissant le barrage des préjugés, des classes et de la sexualité. Ils et elles rencontrent l'obscurantisme - le même que de nos jours - sous des formes naïves : la superstition, les pratiques occultes, la pensée irrégulière, tout un tâtonnement magique veut traiter la névrose par la persuasion, la volonté, l'électricité, l'eau plus froide qu'à bonne température, les massages et la rééducation. Derrière l'hypnose, les douches et les régimes alimentaires, on pratique la suggestion sans le savoir, comme Monsieur Jourdain la prose et comme nos modernes comportementalistes. Dans ces vies exemplaires, on assiste aux noces d'une pensée en migration avec une méthode ordonnée et de cette méthode avec son objet mouvementé : l'inconscient. Le monde d'avant s'anime sous nos yeux, s'enrichit d'un personnage à l'autre, et le lecteur en attrape la passion - comme on le dit d'une maladie.

  • S'inquiétant de voir la psychothérapie de plus en plus altérée pour des raisons d'ordre économique, et appauvrie par des formations allégées, Irvin Yalom a voulu s'adresser aux nouvelles générations de thérapeutes et de patients. Dans cet ouvrage, construit en une sorte d'inventaire libre et généreux, il aborde les thèmes propres à la thérapie existentielle. En s'appuyant sur son expérience et ses talents de conteur, il y explore les différentes approches et pratiques présentes dans toute thérapie, offrant à ses lecteurs un enseignement précieux, une plongée au coeur de l'entreprise thérapeutique, sa complexité et ses incertitudes.Un demi-siècle de savoir-faire : à la fois manifeste psychanalytique et interpellation philosophique, florilège d'anecdotes vécues et confession essentielle, ce livre, traversé de bienveillance éclairée, continue de nous habiter en secret, de nous faire exister. Dominique Mathieu-Nazaire, Télérama.Traduit de l'anglais (États-Unis) par Anne Damour.

  • Présente dès les commencements, soumise aux aléas des expériences qui l'actualisent, l'attente n'est pas un concept analytique mais elle est partie prenante dans la cure. Le transfert est là pour révéler l'attente taraudante de la satisfaction de désirs. Elle peut aussi prendre des formes plus souffrantes, lorsque l'écart creusé est insupportable, qu'il s'agisse de la différence des sexes, de la vie amoureuse ou du narcissisme. Quels traitements possibles dans et par la psychanalyse sinon ceux offerts par sa méthode ? L'association libre, l'interprétation, la mémoire, le silence, les mots... L'auteure se consacre à la recherche de ces voies d'accès et révèle le caractère inéluctable de l'attente comme fondement du transfert et du contre-transfert.

  • Avec la sensibilité particulière qu'il avait à l'égard des souffrances de l'enfant, Ferenczi n'a eu de cesse de retrouver, enfoui dans l'adulte, l'enfant blessé, traumatisé qu'il a été. Comment le ramener dans la séance ? Comment l'entendre ? Comment le traiter ? Si Freud a révélé la part de l'infantile toujours active dans la vie psychique de l'adulte, c'est bien Ferenczi qui a développé cette idée jusque dans ses aboutissements les plus ultimes, montrant combien ces parties infantiles ne cessent d'orienter et d'animer l'existence.

  • Les femmes ? Elles sont depuis le début le moteur de la psychanalyse : elles ont fait son histoire aussi bien en étant étudiées par elle qu'en tant que théoriciennes, créatrices, penseuses ; fougueuses, parfois excessives, pleines de feu, elles ont refusé de se couler dans la norme et les assignations liées à leur sexe. Tel est le fil rouge de ce livre qui raconte, en une cinquantaine de courts chapitres, la relation de la psychanalyse au sexe et à l'amour. En quoi la vie de Lou Andreas-Salomé nous indique-t-elle ce qu'est une femme libre ? Peut-on désirer sans dominer, contrairement à ce que fit Jung avec Sabina Spielrein ? Pourquoi certains, comme Victor Tausk, se suicident-ils au moment où l'amour entre dans leur vie ? Comment en venons-nous à haïr notre conjoint, comme Winnicott avec sa femme ? Que faire quand, comme la Lol V. Stein de Duras relue par Lacan, la jalousie nous crucifie ? Pourquoi acceptons-nous parfois que la personne qu'on aime en aime une autre sans cesser pourtant de nous aimer, comme le firent Virginia Wool, Keynes et les membres du groupe de Bloomsbury ? Peut-on rester l'analysant(e) de la personne avec qui l'on vit une grande histoire d'amour, comme Catherine Millot et Lacan ? Et plus largement, la psychanalyse peut-elle encore nous aider, aujourd'hui, dans notre vie amoureuse et sexuelle ?

  • Sur les névroses de guerre de Sigmund Freud, Sándor Ferenczi et Karl Abraham Traduit de l´allemand par Olivier Mannoni, Ilse Barande et Judith Dupont Préface de Guillaume Piketty Éditions Payot En septembre 1918, à Budapest, le Ve Congrès international de psychanalyse est notamment consacré aux névroses de guerre. Parmi les intervenants, Sándor Ferenczi et Karl Abraham, qui, ayant servi depuis le début de la guerre en tant que médecins, ont pu faire d´étonnantes observations. Et ce qu´ils disent des traumatismes psychiques est suffisamment important pour que Freud, qui signe l´introduction aux Actes de ce colloque, ait éprouvé le besoin d´en reparler longuement deux ans plus tard, en 1920, dans Au-delà du principe de plaisir... Gageons que ce livre intéressera les historiens travaillant sur la guerre et les sorties de guerre, mais aussi les psychiatres, psychanalystes, psychologues, travailleurs sociaux et humanitaires qui accueillent, écoutent, aident et soignent aujourd´hui les militaires et les civils confrontés aux nouvelles formes de violences de guerre.

  • Transfert et introjection de Sándor Ferenczi Traduit par Judith Dupont, avec la collaboration de Philippe Garnier Préface de Simone Korff-Sausse Éditions Payot C´est en s´interrogeant sur la nature du transfert que Sándor Ferenczi crée en 1909, avec la notion d´introjection, l´un des plus importants concepts de la psychanalyse. Ce processus psychique, qui consiste à intégrer quelque chose ou quelqu´un ou des aspects de quelqu´un à l´intérieur de soi, questionne les limites du soi et de l´autre, les frontières entre le dehors et le dedans. Freud élaborera sur cette base sa théorie des identifications ; Melanie Klein, le concept d´identification projective ; Wilfred Bion, sa réflexion sur la communication interhumaine ; Maria Torok et Nicolas Abraham, les notions de crypte et de fantôme - et s´en trouveront éclairés les pathologies du narcissisme, la vie psychique des tout-petits, les mécanismes de l´intersubjectivité, du transgénérationnel, du contre-transfert, de l´empathie ou du travail de deuil.

  • Introduction à la psychanalyse, Sigmund Freud Traduit de l´allemand par Samuel Jankélévitch Éditions Payot L´orgueil humain a reçu trois grands démentis, souligne Freud dans l´Introduction à la psychanalyse : Copernic a montré que la terre n´était pas au centre de l´univers, Darwin que l´homme était un animal parmi d´autres et maintenant la psychanalyse fait apparaître que le « moi » n´est pas maître chez lui. Une affirmation que la psychanalyse fonde par la prise en compte de phénomènes (rêve, lapsus, symptômes) et par le recours à certains concepts (inconscient, préconscient). La pensée de Freud n´a rien d´ineffable : elle peut se transmettre. Telle est la visée de cette série de conférences (1915-1917), où Freud fait preuve de son talent à exposer ses idées. Rien d´obscur ou de désincarné, mais le mouvement de la psychanalyse où apparaissent tous les problèmes majeurs qu´elle aborde (interprétation des rêves ou théorie de la névrose) ainsi que les notions qu´elle a forgées (libido, transfert). Nous sommes ainsi guidés au coeur de la révolution psychanalytique, aussi bouleversante que celle de Copernic.

  • Cinq leçons sur la psychanalyse de Sigmund Freud Suivi de Contribution à l´histoire du mouvement psychanalytique Traduction de l´allemand par Yves Le Lay et Samuel Jankélévitch, révisée par Gisèle Harrus-Révidi Préface de Frédérique Debout Nouvelle édition Éditions Payot Les deux textes composant cet ouvrage constituent une présentation de la psychanalyse qui s´adresse d´abord aux non-spécialistes. Cinq leçons sur la psychanalyse, premier livre de Freud publié en langue française, sont les conférences qu´il prononça en 1909 lors de son voyage aux États-Unis, où la psychanalyse était encore largement ignorée. On y trouve un récit simple et vivant des origines de la psychanalyse « inventée » par l´hystérique Anna O., mais aussi une introduction aux problèmes centraux : la sexualité infantile, l´interprétation des rêves, le complexe d´OEdipe. Freud conclut sur la nature des névroses et le refuge dans la maladie. Dans Contribution à l´histoire du mouvement psychanalytique (1914), Freud retrace les débuts difficiles de la psychanalyse et les résistances qu´elle rencontra. Il précise sa réflexion sur certains points litigieux, liés principalement au concept de « libido ».

  • Que cherche un patient qui vient voir un thérapeute ? Il s'épanche, il se plaint, il dit vouloir changer. Mais comment faire ? C'est la question que se pose tout thérapeute, et aussi chacun de nous, dès qu'il est confronté à une grande douleur, à une perte, dès qu'il en a assez. Comment faire ? Gémir, ruminer, récriminer ? Chercher une écoute, une consolation pour mieux patauger dans nos "problèmes" ? Non, répond François Roustang. Il faut au contraire en finir avec la plainte, sortir de notre moi chéri, que nous cultivons à coups de jérémiades. À cette condition, nous pourrons vraiment refondre notre existence pour nous ouvrir enfin au monde et aux autres. Philosophe et psychanalyste de formation, praticien original, François Roustang est sans doute celui qui s'interroge avec le plus de force critique sur le sens et l'effet des thérapies. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages désormais classiques, comme Un destin si funeste, Qu'est-ce que l'hypnose ? et Comment faire rire un paranoïaque ?

  • Après des décennies de commentaires apologétiques et de dénonciations violentes, nous avons bien du mal aujourd'hui à savoir qui était vraiment Sigmund Freud.Or, depuis la publication des dernières synthèses de référence, de nouvelles archives ont été ouvertes aux chercheurs, et l'essentiel de la correspondance est désormais accessible. L'occasion était d'autant plus belle d'y revenir qu'il restait beaucoup à dire sur l'homme et son oeuvre.Le fondateur de la psychanalyse est d'abord un Viennois de la Belle-Epoque, sujet de l'empire austro-hongrois, héritier des Lumières allemandes et juives. Quant à la psychanalyse elle-même, elle est le fruit d'une entreprise collective, d'un cénacle romantique au sein duquel Freud aura donné libre cours à sa fascination pour l'irrationnel, les sciences occultes, transformant volontiers ses amis en ennemis, à la fois Faust et Mephisto. Penseur de la modernité mais conservateur en politique, il n'aura cessé d'agir en contradiction avec son oeuvre, toujours au nom de la raison et des Lumières.Le voici en son temps, dans sa famille, entouré de ses collections, de ses femmes, de ses enfants, de ses chiens, le voici enfin en proie au pessimisme face à la montée des extrêmes, pris d'hésitations à l'heure de l'exil à Londres, où il finira sa vie.Le voici dans notre temps aussi, nourrissant nos interrogations de ses propres doutes, de ses échecs, de ses passions.Historienne, directrice de recherches à l'Université de Paris-VII. Elisabeth Roudinesco est l'auteur de plusieurs livres qui ont fait date, notamment Histoire de la psychanalyse en France, Jacques Lacan. Esquisse d'une vie, histoire d'un système de pensée, Dictionnaire de la Psychanalyse (avec Michel Plon).

  • écrits sur la psychanalyse

    Didier Eribon

    • Fayard
    • 27 Février 2019

    Tout au long de son oeuvre, depuis Réflexions sur la question gay, en 1999, jusqu'à Principes d'une pensée critique, en 2016, mais déjà dans l'ouvrage biographique qu'il a consacré à Michel Foucault en 1989, Didier Eribon s'est attaché à élaborer une théorie historique, sociale et politique de la subjectivité  : il s'agit de comprendre comment les individus et les groupes sont produits comme des sujets assujettis par de multiples formes de domination, ce qu'il appelle les «  verdicts sociaux  », et comment ils peuvent résister aux pouvoirs et travailler à la transformation sociale.
    Une telle démarche ne saurait se développer en se tenant simplement à l'écart de la doctrine psychanalytique. Elle doit entrer en conflit avec celle-ci, et mettre en question non seulement ses velléités normatives et ses tentations autoritaires, qui sont inscrites dans sa logique même, mais aussi son architecture notionnelle et sa conception du psychisme et de l'inconscient.
    C'est à cet effort pour «  échapper à la psychanalyse  » que sont consacrés les essais rassemblés dans ce volume.
     
    Didier Eribon est philosophe et sociologue. Il est l'auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels Réflexions sur la question gay (Fayard, 1999, et Champs-Flammarion, 2012), Une morale du minoritaire (Fayard, 2001, et Champs-Flammarion, 2015), Retour à Reims (Fayard, 2009, et Champs-Flammarion, 2010), La Société comme verdict (Fayard, 2013, et Champs-Flammarion, 2014), Principes d'une pensée critique (Fayard, 2016, et Pluriel, 2019).

  • L´homme aux rats. Un cas de névrose obsessionnelle, suivi de Nouvelles remarques sur les psychonévroses de défense, Sigmund Freud Traduit de l´allemand par Cédric Cohen Skalli Préface de Jean Triol Traduction inédite Éditions Payot En octobre 1907, Freud reçoit un jeune homme de vingt-neuf ans, Ernst Lanzer, qui se plaint d´avoir des obsessions qui l´empêchent de vivre. Pendant neuf mois, utilisant la technique de la libre association et prenant appui sur un horrible récit de supplice chinois, Freud et son patient feront émerger d´étranges tourments sexuels et morbides jusqu´à ce que Lanzer, ayant pris conscience de la peur et de la haine féroce qu´il éprouvait envers son père, finisse par commencer à vivre la vie qu´il voulait. Considéré par certains comme la seule thérapie vraiment réussie de Freud, le cas de l´homme aux rats est ici complété des « Nouvelles remarques sur les psychonévroses de défense » (1896), où Freud élabore pour la première fois le concept de névrose obsessionnelle.

  • Mémoire, souvenirs, oublis de Sigmund Freud Traduit de l´allemand par Yves Le Lay et Samuel Jankélévitch Préface de Jean Maisondieu Éditions Payot Les troubles de la mémoire ont toujours préoccupé Freud, et ce, avant même la découverte de l'inconscient. Pratiquement toute son oeuvre s'en fait l'écho, mais nulle part aussi clairement que dans les textes réunis ici : la première des Cinq leçons sur la psychanalyse, qui raconte comment, dès l'origine, Freud et Breuer se sont interrogés au sujet des troubles mnésiques qu'ils constataient chez les patients hystériques ; et plusieurs chapitres de Psychopathologie de la vie quotidienne qui, des différentes sortes d'oubli aux fameux souvenirs-écrans, nous rappellent qu'un trouble de la mémoire peut se produire chez une personne saine et n'implique pas forcément une altération du cerveau.

  • étrangers à nous-mêmes

    Julia Kristeva

    • Fayard
    • 18 Novembre 1988

    Vous en avez assez des étrangers ? Vous êtes vous-même un étranger ? Ou bien vous sentez-vous étranger dans votre propre pays ? Ce livre s'adresse à vous, à votre douleur, à votre agacement.

    A l'heure où la France devient le melting pot de la Méditerranée, une question se pose, qui est la pierre de touche de la morale pour le XXIe siècle : comment vivre avec les autres, sans les rejeter et sans les absorber, si nous ne nous reconnaissons pas "étrangers à nous-mêmes" ?

    Ce livre invite à penser notre propre façon de vivre en étranger ou avec des étrangers, en restituant le destin de l'étranger dans la civilisation européenne : les Grecs avec leurs "Métèques" et leurs "Barbares" ; les Juifs inscrivant Ruth la Moabite au fondement de la royauté de David ; saint Paul qui choisit de prêcher en direction des travailleurs immigrés pour en faire les premiers chrétiens, sans oublier Rabelais, Montaigne, Érasme, Montesquieu, Diderot, Kant, Herder, jusqu'à Camus et Nabokov qui ont chacun médité avant nous les merveilles et les malaises de la vie étrangère. Au coeur de cet avenir cosmopolite : les Droits de l'Homme sous la Révolution française, qui commence par honorer les étrangers avant de faire tomber la Terreur sur leurs têtes. En contrepoint : le nationalisme romantique et, pour finir, totalitaire.
    L'"inquiétante étrangeté" de Freud conclut ce parcours en suggérant une nouvelle éthique : ne pas "intégrer" l'étranger, mais respecter son désir de vivre différent, qui rejoint notre droit à la singularité, cette ultime conséquence des droits et des devoirs humains.

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