Charles Dantzig

  • Traité des gestes

    Charles Dantzig

    • Grasset
    • 4 Octobre 2017

    Les mains  ? Et les sourcils. Et les yeux. Et les pieds. Et la bouche, avec le sourire. Toutes ces parties du corps accomplissent des gestes. Les objets nouveaux, comme les tablettes numériques ou les cigarettes électroniques, en font faire d'inédits, tandis que d'autres disparaissent, pour parfois réapparaître. De quelle mystérieuse façon un poignet cassé sur la hanche, geste des aristocrates du xviiie siècle, a-t-il resurgi chez un rocker de 1960  ? Le geste de la main d'un bébé qui s'ouvre comme une étoile de mer ne serait-il pas un souvenir des âges immémoriaux où nous étions algues ou poissons  ?
    Y a-t-il des gestes d'hommes, des gestes de femmes  ? Des gestes nationaux, des gestes universels  ? Gestes de la sexualité, gestes de la politique, gestes des comédiens, gestes imités de nos morts aimés, les gestes ne sont pas l'ombre des mots  ; ils peuvent être une forme de création. Plus encore qu'un langage du sens, un rapport unique au temps.
    Voici un livre inattendu, lumineux et sensible, riche de mille réflexions tirées de l'histoire, de la littérature, du cinéma, de l'observation des présidents de république comme des femmes druzes fabriquant de la pâte à pita. Que disent ces gestes que tout le monde fait et que personne ne semble vraiment regarder  ?

  • Voici sept personnages avec qui nous vivons, des premières manifestations contre le « mariage pour tous » jusqu'aux dernières. Il y a Ferdinand, garçon de vingt ans blessé par la vulgarité de son père, le député Furnesse, vedette homophobe des médias et fier de l'être ; Pierre, le grand écrivain n'écrivant plus ; Ginevra, qu'il tente d'aimer ; Armand et Aron, qui vivent en couple ; Anne, si belle et victime de sa beauté ; bien d'autres encore. Tous apportent leur voix à ce concert de l'esprit où le comique le dispute à la rage. Que s'est-il passé durant cette période ? Quel esprit est entré dans Paris, si contraire à Paris ? Comment ce qu'on appelle un événement transforme-t-il la vie des hommes ?   Le grand roman de l'amour au temps de la haine.

  • Pourquoi lire ?

    Charles Dantzig

    • Grasset
    • 29 Septembre 2010

    "La lecture n'est pas contre la vie. Elle est la vie, une vie plus sérieuse, moins violente, moins frivole, plus durable, plus orgeuilleuse, moins vaniteuse, avec souvent toutes les faiblesses de l'orgueil, la timidité, le silence, la reculade. Elle maintient, dans l'utilitarisme du monde, du détachement en faveur de la pensée. Lire ne sert à rien. C'est pour cela que c'est une grande chose. Nous lisons parce que ça ne sert à rien." Des conseils, des douceurs, des rosseries, et une conception de la lecture comme "soeur de la littérature", toutes deux marchant ensemble dans un combat contre le temps. Une philosophie de la lecture qui fait s'exclamer, s'enthousiasmer, applaudir, et qui ne donne qu'une envie : (la) relire.

  • «La langue française est la seule grande langue du monde à disposer de deux mots là où l'anglais, l'allemand, l'espagnol, l'italien n'ont que "dream", "Traum", "sueño", "sogno" : nous avons "rêve", nous avons "songe". Il me semble que l'un s'oppose à l'autre. Le rêve est stérile et néfaste, le songe est créatif et faste. On fait de mauvais rêves, on ne fait pas de mauvais songes. Toute l'histoire du monde pourrait être interprétée selon cette idée. Quand François Ier a eu l'idée de conquérir l'Italie, il a rêvé, il a été fait prisonnier. Quand il a eu l'idée de Chambord, il a songé et nous a légué l'un des plus beaux châteaux du monde. Voici l'histoire de Chambord, de 1519 à nos jours, voici ce qu'on appelle l'histoire de ce qu'on appelle la France par ce château si poétique, si sublime, se suffisant tellement à lui-même qu'il a absorbé tous ceux qui l'ont occupé, de Stanislas Leczinski aux princes de Bourbon-Parme, n'acceptant comme concurrent dans nos mémoires que le roi qui l'avait conçu. Un roi humaniste, dont la leçon pourrait être réveillée de nos jours où les brutes de tous les pays s'unissent pour broyer toute idée d'humanité. Nous n'avons pas peur. Nous avons le songe de Chambord.»
    Charles Dantzig.

  • "Dans l'un de ses premiers livres, La Guerre du cliché, Dantzig évoque un de ses thèmes de prédilection et un élément essentiel de son esthétique : la place du cliché en littérature et ses dangers, sous la forme d'un dialogue qui porte la marque d'Oscar Wilde. Dans un essai inédit, Ma république idéale, il développe une longue réflexion, à sa manière, mordante, vive et spirituelle, sur la situation de la création contemporaine et les périls que la tentation du populisme, sous prétexte de réalisme, fait peser sur la littérature et la fiction, ces fragiles et magnifiques garants de notre liberté de pensée. "

  • Ce livre n'est pas un recueil, dans le sens d'une réunion de pièces publiées ci et là, mais un livre de poèmes, entendu pour constituer un ensemble, avoir une forme et un sens précis. Démocratie du bord de mer, c'est le pays des amours gays. Les poèmes qui le composent évoquent l'origine, la géographie, les mythes, l'histoire, les danses et les amours de ce pays  peuplé de faons et de lions, au bord d'une mer chaude.
     
      Dans la lignée des grands livres de poèmes de la littérature gay, d'António Botto à Jean Genet, du Hombres  de Verlaine à The Man with Night Sweats  de Thom Gunn. 
     

  • « Chef-d'oeuvre. » Quand ce très vieux mot du Moyen Âge utilisé pour l'artisanat a-t-il commencé à être appliqué à la littérature ? Y a-t-il un critère du chef-d'oeuvre littéraire ? Mieux, une recette ? Comment être sûr qu'un livre est un chef-d'oeuvre ? Un chef-d'oeuvre est-il éternel ? La postérité est-elle le bon juge ? Crée-t-on encore des chefs-d'oeuvre aujourd'hui ? Comment définir le chef-d'oeuvre ?
    C'est à toutes ces questions que tente de répondre ce livre. Parcourant les grands livres, de Homère à Heine et de Boccace à Beckett, il propose une analyse inattendue de l'oeuvre de James Joyce aussi bien que des considérations sur ce que l'on peut penser des Aristochats de Walt Disney. Charles Dantzig montre encore une fois que l'on peut associer le brillant et la réflexion, la virtuosité et la profondeur, l'érudition et l'esprit.

  • " La vie, c'est un voyage dans le ventre d'un avion où, pour se distraire de ses douleurs, on regarde par les hublots. Ce roman commence quand un 747 décolle pour Caracas et s'achève au moment où il va atterrir. Entre les deux, le narrateur, parti chercher son meilleur ami qui a disparu au Venezuela, regarde par le hublots de sa vie.
    Il est question d'amitié. Son ami lui en a dit des choses violentes.
    Il est question de sexe. Son ami a été abandonné par sa compagne.
    Il est question de politique. Son ami est allé enquêter sur Hugo Chavez.
    Il est question de noms, de rire, d'amour, de petits bruns, d'océans, du populisme qui submerge le monde comme une marée, de tout ce qui se passe durant un long trajet en avion.
    Il est question de nous."Ch. D.

  • Il n´y a pas d´Indochine, ce sont vingt-cinq histoires qui se passent à New York, Le Caire, Athènes, Lisbonne, Lille ou Strasbourg. Sous la conduite d´un narrateur, nous faisons ce que l´on pourrait appeler des visites d´idées. La postérité, le génie, les prétendus grands hommes, l´apparition du marbre blanc dans la sculpture, les chansons de variété, les aquariums... Nous aurons pour compagnons de voyage des écrivains (Proust, Kafka, Pasolini, Wilde...), des cinéastes et des peintres (Coppola, Klimt, Van Gogh...), et bien sûr le style alerte, les aphorismes et la désormais célèbre irrévérence de Charles Dantzig.Il n´y a pas d´Indochine, cela veut dire : il n´y a pas d´exotisme. « Arrivé en Chine, on cherche encore l´Asie. On a trouvé des hommes ».

  • Un film d'amour

    Charles Dantzig

    • Grasset
    • 3 Septembre 2003

    Birbillaz ! Birbillaz ! Birbillaz ! Bir, bi, yazzz. L'essaim de la gloire bourdonne. Tout le monde parle de Birbillaz. A Venise, à Hollywood, à Cannes. Birbillaz, le jeune réalisateur de génie, l'auteur du célèbre Un Film d'amour. Birbillaz qui, à Rome où il vit, est devenu l'amant d'une actrice de série télévisée auteur d'un strip-tease devant 500 000 spectateurs, au Colisée, en l'honneur de l'équipe de football de Rome. Birbillaz qui, après avoir obtenu le Lion d'argent au festival de Venise, s'est retiré du monde. Vous avez des nouvelles de Birbillaz ? Tous ses amis le racontent au cours d'une émission télévisée telle qu'on peut en voir aujourd'hui, où chacun parle à son tour, l'un contredisant parfois l'autre : c'est une enquête sur un personnage inclassable, montée comme une alternance de voix, de rumeurs, en interviews. Les acteurs du film, son producteur, l'épicière de sa rue, ex-chanteuse dans un groupe punk, un professeur d'Oxford, le directeur du théâtre San Carlo de Naples, un jeune écrivain américain qui a couvert pour le magazine Georgia la fête que Birbillaz a donnée à Rome, la fête de la place Sant'Ignazio, devenue aussi mythique qu'Un Film d'amour est devenu « culte », bien d'autres encore. Birbillaz, sa vie, son oeuvre, sa famille impossible. Birbillaz qui niait que son oeuvre ait rien à voir avec sa vie. Est-ce vrai ? Quel est le secret d'Un Film d'amour ? Quel est le secret de Birbillaz ? Y a-t-il un secret ?

  • Je m'appelle François » est peut-être la seule phrase où je n´aie jamais menti dans ma vie. Elle m'a servi de digue. Tout le monde a besoin de mentir à un moment ou l´autre. J'ai voulu être un autre moi, un moi meilleur, le monde ne l´a pas permis. » Né prés de Tarbes, entre un père qui a déserté la maison et une mère un peu plus que volage, avec qui il aura un compte de tendresse à régler toute sa vie, François Darré apprend tôt que la vie sourit aux audacieux. Alors, ce jeune homme trop sensible sera séducteur, jouant de son physique de brun aux dents si blanches, empruntant les identités les unes derrière les autres, faisant peau neuve, conservant comme un talisman ce prénom de François. Fuir Tarbes, d'abord. Puis à Paris ensorceler une famille aristocratique crédule et riche. A Los Angeles, s'appeler François Depardieu, rouler en décapotable, pratiquer l'escroquerie d'envergure. Tenter d'aimer avant de se faire arrêter comme un malfrat, triompher de la prison par une revanche médiatique, un livre, des émissions, des compliments et des insultes, devenir le voyou qu'on voudrait recevoir chez soi. Jusqu'où ira-t-il ? Jusqu'au meurtre, vraiment ? Enfin, qu'ira-t-il faire à Dubaï, dans une mer que surplombent les gratte-ciels construits en une nuit, « le nez vers les étoiles pour oublier notre passé de boue » ? Charles Dantzig nous donne son meilleur roman, le plus ouvert, le plus moderne, le plus émouvant aussi. Son héros ressemble au Zélig des époques médiatiques, à l´aise devant une caméra ; cet enfant des années 80 a la débauche élégante des personnages de Truman Capote, frayant avec la pègre, couchant avec la bourgeoisie, lui qui n'appartient à aucun milieu. François joue et se joue de nous, dans un roman virtuose, beau comme le chagrin.

  • Nos vies hatives

    Charles Dantzig

    • Grasset
    • 1 Février 2001

    Nos vies hâtives ? Par ce titre, il faut comprendre la fugacité, la vanité, l'agitation de nos existences contemporaines. L'auteur a adopté ici la forme ouverte du roman par nouvelles, autant de textes courts, drôles, où les personnages qu'on croit disparus pour toujours reviennent, comme dans la vie, par hasard. Structure sans contraintes qui correspond si bien à la satire de notre monde moderne, décousue, aléatoire. Une attachée de presse vante les produits éphémères du tourisme élitiste. Une vedette de la frivolité, prénommée Thierry, devient un saint laïque après sa mort inexpliquée, déclenchant une crise au gouvernement. Un couple fitzgeraldien, solaire, se brise sur l'écueil de la maladie. Les personnages de Dantzig, snobs en vadrouille, héros de mythologies miniatures, s'agitent et s'esquivent. Ils composent une ronde, une puzzle, une vaine quête du bonheur, cette illusion qui leur échappe. Notre temps ? Celui de l'usurpation : « Combien de pitres percés de mots ne voit-on pas toujours debout, l'air qui passe à travers les trous, produisant un sifflement presque complimenteur ?»

  • Les nageurs

    Charles Dantzig

    • Grasset
    • 20 Janvier 2010

    Après le recueil de ses poésies complètes, En souvenir des long-courriers (2003) et un Bestiaire (2003), Charles Dantzig revient à la poésie. Comme souvent, il choisit un thème central autour duquel tous les poèmes s´articulent. Après les avions, voici les nageurs et la mer. Au sens réel comme au sens métaphorique...

  • Remy de Gourmont (né à Coutances en 1858 et mort à Paris en 1915) a été un des écrivains les plus importants de la fin du XIXe siècle et du début du XXe. Romancier, essayiste et poète, il a été un des fondateurs du Mercure de France, la revue la plus importante du temps. C´était un des chefs de l´école symboliste. Prodigieusement intelligent, délicieusement mordant et puissamment influent, il est l´auteur d´écrits aussi scandaleux que Le joujou patriotisme, aussi ironiquement décadents que son roman Sixtine, aussi passionnants que les Promenades philosophiques. Il a été l´ami de Léautaud. Son grand ennemi était Gide, qui rompit avec lui pour fonder la NRF, la future grande rivale du Mercure. Ses admirateurs les plus célèbres : Guillaume Apollinaire, Blaise Cendrars, T.S. Eliot. Son influence a parcouru tout le XXe siècle, de Jean Cocteau à Paul Valéry. Ezra Pound a dit de lui qu´il était « le meilleur résumé de l´esprit civilisé entre 1885 et 1915 ». De cet esprit rempli d´érudition et d´irrespect, qui a vécu pour la littérature et par elle, Charles Dantzig dresse un portrait passionné et passionnant qui, au-delà d´un homme, évoque le Paris littéraire du temps.

  • Pour la première fois dans l'histoire de France, une république a un style. C'est le style Cinquième, comme Cinquième République. Né sous Pompidou, après une légère décadence sous Giscard, il connaît son apothéose sous M. Mitterrand. Le principe du style Cinquième, c'est la culture. Et elle cherche à nous intimider. Toute personne qui n'aime pas la culture est un monstre, dit-elle. Voilà comment elle est devenue un moyen de gouvernement. Les intellectuels, qui sont ses fantassins, font la morale aux artistes. Et même ils prennent leur place. Les malheureux ! Ils ignorent que l'art est un vieux crocodile qui ne se laissera pas faire.

  • La diva aux longs cils

    Charles Dantzig

    • Grasset
    • 20 Janvier 2010

    Ce volume comprend les poésies quasi complètes de Charles Dantzig jusqu´aux Nageurs, en incluant deux séries de poèmes inédits, « Un Jour dans la vie du monde » et « Musée des yeux » (suite de poèmes centrés sur les yeux et le regard). De Les tombeaux bâillent (2003) à Le Chauffeur est toujours seul (1991), ce volume reprend des poèmes de tous ses recueils, comme Ce qui se passe vraiment dans les toiles de Jouy (1999) ou le Bestiaire (2003). Les poèmes sont précédés d´une préface inédite (« Interview de l´auteur par lui-même ») et de deux brefs essais sur la poésie. Le choix a été effectué par Patrick McGuinness, professeur de littérature française à l´Université d´Oxford.

  • « Je déteste l'esthétisme. Avec ses questions de style, un écrivain est un peu plus un athlète qu'un sportif, qui est un chichiteux de ses muscles. Donnerai-je la clef ? Dirai-je que désirer gouverner la France c'est une obsession de ses poètes ? Que je vengerai Chateaubriand et Barrès, que je réaliserai Lamartine ? Je n'ose pas. En tout cas, je couche à l'Élysée. » Telle est la politique que va mener Frédéric Marcassin, le narrateur et tout nouveau président de la République. Cela commence par quelques extravagances. Et même cela continue. Entre deux lois, deux orgies, Frédéric Marcassin se repose en donnant des soupers auxquels participent Montesquieu, Goethe, Verlaine, Stendhal, M. Pickwick, le chat Murr et bien d'autres. Il fait de plus en plus de calembours. Il plaisante, et il tue. Il rit, et il cache une blessure. Si ses mémoires ont pour titre Confitures de crimes, c'est bien entendu parce qu'il commet quelques meurtres, et qu'il a un coeur de confiture.

  • Un recueil de poèmes d'une double inspiration, mélancolique et satirique avec des thèmes variés.

  • D'une inspiration souvent mélancolique et d'une expiration parfois gaie, la poésie de C. Dantzig a pu être qualifiée de fraternelle, d'ironique, de déchirante et tendre, de regardeuse du monde. Le premier et le dernier poèmes du recueil sont les échos de visites de musée et d'autres demandent à comprendre l'effet de l'art sur l'homme, qui fait que l'homme est peut-être un animal artistique.

  • En une trentaine de chapitres traitant de façon réelle ou imaginaire la vie et l'oeuvre de Proust, des artistes et des écrivains lui rendent hommage.

  • Qu'est-ce que le cliché ? Les deux personnages de ce livre, un écrivain et un peintre qui conversent dans un appartement de Montmartre, essaient de le définir, s'étant rendu compte que les dictionnaires eux-mêmes ne le distinguent pas nettement du lieu commun ou du poncif. Le cliché, une image usée, qui a pour seule prétention d'être poétique, et la vie parfois imite le cliché...

  • Dans ce livre, vingt écrivains s'emparent des vingt premières années de ce XXIe siècle, de 2001, année d'une destruction guerrière, à 2020, année d'une destruction sanitaire.
    Année après année, chaque auteur traite un thème, en France ou à l'étranger, politique ou scientifique, artistique ou moral, sous forme de fiction, la plupart du temps écrite, quelquefois dessinée ou photographique. De Sarkozy au Fouquet's aux «  trônes de purin  » qui constituent le mode triomphal de la célébrité contemporaine, du lancement de la « Société d'harmonie » en Chine au grand incendie de Californie, de #metoo au début de la sixième extinction animale, du suicide d'Alexander McQueen au covid-19... Voici, avec la perspicacité unique de la fiction, notre contemporain. Comme il y a eu, dans les années 1890, l'esprit fin-de-siècle, voici l'esprit début-de-siècle. Il n'est pas optimiste.
     
    Par Patrick Roegiers, Oriane Jeancourt-Galignani, Jérôme Bastianelli, Adrien Goetz, Nicolas Idier, Arthur Chevallier, Pauline Dreyfus, Charles Ficat, Sébastien Ministru, Loïc Prigent, Viktor Cohen, Chloé Delaume, Sandrine Treiner, Géraldine Koziak, Claudie Hunzinger, Christophe Honoré, Véronique Aubouy, Charles Dantzig, Grégory Le Floch et Nicolas Cano.
    Ce livre constitue la sixième livraison de la revue annuelle Le Courage.

  • "Mort aux cons !"
    Les soldats, qui inventèrent ce slogan radical, le savent bien : il est plus facile d'affronter un ennemi si on l'a d'emblée disqualifié. Pour autant, le con persévère et nous intime l'ordre de composer avec lui... sous peine de le devenir nous-mêmes.
    Déjouer le cercle vicieux de la connerie, que voilà un programme tonique pour l'année qui s'ouvre ! Car la lucidité n'est pas donnée - elle se conquiert chaque jour. C'est cette intention, au fond, qui rassemble les essais présentés dans notre nouvel À propos. Qu'il soit question de mieux comprendre les raisons de nos choix amoureux avec le philosophe François de Smet ou d'interroger le devenir fragile de nos démocraties avec le politiste Vincent Martigny ; qu'il s'agisse d'optimiser notre rapport au temps grâce aux conclusions scientifiques de Daniel Pink, ou de traquer, avec l'étonnant Factfulness, ces biais cognitifs qui nous induisent en erreur au point d'entraver notre capacité d'action, c'est chaque fois le même enjeu : nous libérer des préjugés, ouvrir d'autres possibles, discerner mieux ce qui est important.
    On peut aussi, pour cela, se laisser guider par la douce férule des classiques. En découvrant, par exemple, les fulgurances d'Avicenne, humaniste et encyclopédiste avant l'heure, dont le destin rocambolesque méritait une première biographie. En relisant la magnifique oeuvre morale de Jankélévitch, pensée selon l'ordre du coeur et de l'engagement. En retournant, enfin, à Bernanos, ce décrypteur des tourments de l'âme, ce visionnaire inspiré qui avait pressenti le triomphe de l'argent et les assauts répétés que la modernité inflige à nos vies intérieures.
    Mais était-ce vraiment mieux avant ? Éternelle question. En vous prêtant à un piquant « retour vers le Paléo », vous apprendrez que, chez Sapiens déjà, le ver était dans le fruit. Avant même l'agriculture, nos ancêtres des cavernes avaient inventé la décadence : les tatouages, les piercings, les sex toys et même le bling-bling. Dur, dur d'être un humain, décidément...
    Pour 2019, surtout... la santé !
    SOPHIE BERLIN
    Directrice des sciences humaines

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