Littérature générale

  • «Je traversais la rue... Vincent passait sur le trottoir d'en face. Je me suis arrêtée au milieu du carrefour. J'étais là, figée. Le coeur battant. Je regardais son dos qui s'éloignait. Torse large, hanches étroites, il avait une stature impressionnante. J'aurais pu courir, le rattraper. Il a tourné au coin de la rue. Je suis restée debout, les jambes coupées. Les yeux fixés sur la direction qu'il avait prise. Je tremblais. Je n'arrivais plus à respirer. J'ai pris mon téléphone dans mon sac, j'ai appelé une amie.»

  • L'inceste

    Christine Angot

    « Faut se calmer, essayer d'être ce qu'on est c'est-à-dire pas grand-chose. Mettre tout ça à peu près en ordre, déjà, déjà ce serait pas mal. Tout sera dans le bon ordre à partir de là, et dans le bonheur peut-être un jour. Et puis je vais essayer d'être polie. Précise, logique et claire pour une fois. »

  • "J'ai donné la vie. Ça m'a tuée. J'en avais une seule. Je n'écris plus. Depuis aujourd'hui. Ça, ça ne s'appelle pas écrire, ça s'appelle marquer. Je marquerai chaque jour quelque chose sur elle, au moins une ligne. Il n'y a qu'elle. Que ça. Que ça. Qui m'a tuée."
    Une jeune mère relate, sous la forme d'un journal, et comme en temps réel, l'arrivée au monde de son enfant. La petite fille a huit mois, le quotidien nous est livré, mais il est marqué par la force paradoxale des sentiments qui l'assaillent : l'amour inconditionnel qu'éprouve la jeune femme efface-t-il la complexité ? Et quels sont les enjeux de cette nouvelle passion entre la jeune mère et la toute petite fille ?

  • Quand on est seule, vraiment seule, et vraiment perdue, vidée et épuisée, prête à renoncer à tout, même au plus important - c'est-à-dire à l'amour -, les gens, les autres, l'entourage, les amis, les ennemis, sont tous prêts à vous rassurer. Ils vous demandent gentiment d'y croire encore, de ne pas abandonner. À ce moment-là, si la personne tant espérée, tant attendue, arrive enfin, sera-t-on capable de la reconnaître et d'être reconnue ?
    Christine Angot décrit la peur de s'engager et la difficulté de communiquer, les thèmes essentiels de son oeuvre prennent dans cette histoire d'élan et de rejet amoureux une intensité et un relief inédits.

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    Pierre et Rachel vivent une liaison courte mais intense à Châteauroux à la fin des années 1950. Pierre, érudit, issu d'une famille bourgeoise, fascine Rachel, employée à la Sécurité sociale. Il refuse de l'épouser, mais ils font un enfant. L'amour maternel devient pour Rachel et Christine le socle d'une vie heureuse. Pierre voit sa fille épisodiquement. Des années plus tard, Rachel apprend qu'il la viole. Le choc est immense. Un sentiment de culpabilité s'immisce progressivement entre la mère et la fille. Christine Angot entreprend ici de
    mettre à nu une relation des plus complexes, entre amour inconditionnel pour la mère et ressentiment, dépeignant sans concession une guerre sociale amoureuse et le parcours d'une femme, détruite par son péché originel : la passion vouée à l'homme qui aura finalement anéanti tous les repères qu'elle s'était construits.
    En subtile interprète, Christine Angot nous livre une très belle et touchante lecture de ce texte largement autobiographique. Un ton maîtrisé et incisif qui, comme son écriture, touche au coeur.
    Prix Décembre 2015

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