Fanny Chiarello

  • Lorsqu'il pousse la porte de la bibliothèque municipale pour la première fois, Kévin Pouchin espère y trouver un peu de chaleur. Il ne demande rien d'autre. Et surtout pas un livre qui le ferait passer aux yeux de son père et des petites frappes du collège pour une chochotte ou un traître à sa famille ! Mais il est déjà trop tard. Kévin Pouchin vient de changer de trajectoire et de basculer dans le camp honni des binoclards. À la bibliothèque, il croise Laurie, la première de la classe de troisième D, ainsi qu'Irène, une mamie volcanique bien décidée à oeuvrer pour « l'élévation spirituelle » de son nouveau protégé. Grâce à ses singulières alliées, Kévin va lire en cachette le premier vrai livre de sa vie : L'Attrape-coeurs. Le roman n'est pas aussi nunuche que son titre le laisse penser et son héros, Holden, lui ressemble comme un frère...

  • Sarah aime les filles. Dans cette petite ville du bassin minier du nord de la France, l'homosexualité n'est pas bien vue. Lorsque sa mère découvre, planqué sous le matelas de l'adolescente, un roman ayant pour sujet une relation amoureuse entre deux filles, elle entre dans une rage folle.
    Mais que se passera-t-il lorsque Sarah, au cours d'une soirée, se retrouvera face à l'autrice du roman ?
    Le Sel de tes yeux est l'histoire de cette rencontre en partie imaginaire entre une écrivaine et son personnage.
    En partie seulement. Car Sarah existe vraiment. Fanny Chiarello l'a croisée un jour, alors que la lycéenne passait en courant. Elle l'a photographiée, sans pouvoir lui parler. Alors elle a écrit ce livre dans lequel elle s'adresse à la jeune fille en lui prêtant une famille, des amis, une amoureuse. Une " lettre à une inconnue ", brûlante comme le sel des larmes que l'on n'a pas versées.

  • En avril 1927, alors qu'elle vient de triompher dans sa première Norma parisienne, Carlotta Delmont disparaît. Fugue, suicide, enlèvement ? Pendant deux semaines, la police, la presse, le public et les proches de la cantatrice américaine s'interrogent. Jusqu'à ce qu'elle reparaisse et que leurs interrogations se reportent sur les raisons de sa fuite. Où était-elle pendant tout ce temps ? Avec qui ?
    Carlotta a fait l'objet de tant de commentaires et de théories qu'elle est devenue, à son corps défendant, une légende vivante à la croisée des regards et des désirs. Elle va payer très cher son moment de faiblesse et devoir sacrifier une part d'elle-même pour sa liberté, à l'image de ses héroïnes préférées.
    Fanny Chiarello est née en 1974 et vit à Lille. Elle a publié en 2010
    L'éternité n'est pas si longue aux Éditions de l'Olivier.

  • Une farandole silencieuse au clair de lune accueille Fennella pour son arrivée à Wannock Manor, cette vaste demeure aristocratique où elle débutera dès le lendemain matin, à six heures, comme domestique.
    Pendant ce temps, Jeanette pleure rageusement sur le cadavre d'une mouche dans une suite du Grand Hôtel de Brighton, où elle est femme de chambre.
    Deux scènes de la vie quotidienne, en Angleterre, en 1947. Deux existences que tout semble séparer, dans ce pays où les différences de classe sont encore un obstacle infranchissable entre les êtres.
    Fennella a perdu la parole à la suite d'un traumatisme. Jeanette est une jeune veuve de guerre qui a perdu tout espoir dans la vie. Une lettre mal adressée et une passion commune pour l'opéra vont provoquer leur rencontre et bouleverser leurs destins.
    Le cheminement intérieur de deux femmes en quête d'absolu et d'émancipation, c'est ce que raconte ce roman sombre comme le monde dans lequel elles semblent enfermées, et lumineux comme l'amour qui les pousse à s'en libérer.

  • " Si l'on m'avait dit un jour que la variole viendrait décimer notre espèce, j'aurais certes frémi, mais j'aurais aussi imaginé tout ce qu'un tel événement pouvait apporter à nos sociétés malades, et je me serais trompée : la variole ne nous a pas changés. Il ne se passe rien – des gens meurent par centaines de milliers, mais mourir ce n'est pas quelque chose, au contraire : c'est encore plus de rien. Aucune fraternité, aucun miracle n'est à observer nulle part. Aucune révélation ne soulève jamais aucun de mes semblables et nous sombrons tous dans la médiocrité, dans l'indignité, sans avoir rien abdiqué de nos considérations ineptes, de nos susceptibilités ridicules ni de nos habitudes sans relief. Si je veux dormir dans un monde si décevant, je n'ai d'autre choix que de me raconter des histoires comme si j'étais mon propre enfant. "
    L'éternité n'est pas si longue ne raconte pas la fin de l'espèce humaine mais celle d'un de ses plus originaux spécimens, Nora, une jeune femme à l'humour fulgurant et au fort penchant mélancolique. Elle qui, après avoir miraculeusement échappé à la mort, reprochait à ses proches amis de ne pas vivre comme s'ils allaient mourir un jour doit soudain réinventer son existence.

  • " Meredith Monk est assise face à une rangée de jeunes filles qui se livrent à des exercices vocaux. Elle se lève et vient à ma rencontre. Vous voici enfin, Fanny ! Elle parle un français à l'accent précieux, pose les mains sur mes épaules et embrasse mes joues, à la française. "
    Quand Fanny Chiarello atterrit à New York le 5 octobre 2017, elle ignore dans quelle mesure Meredith Monk va se rendre disponible pour elle et lui permettre de mener à bien son projet : un portrait de cette artiste de la voix, compositrice, performer et cinéaste.
    Elle assiste pendant un mois aux répétitions dans le studio comme aux spectacles au Lincoln Center, accompagne Meredith au quotidien, jusque dans la cuisine du loft où se retrouvent les membres de son ensemble. Rien ne lui échappe. Elle saisit le réel au vol et rend compte de ses attentes, de son admiration, de ses déceptions.
    A happy woman est le récit de leur rencontre, celle d'une romancière française avec une star de l'avant-garde américaine, et se lit comme un reportage littéraire passionnant où la complicité n'exclut pas le regard critique.

  • Depuis que sa mère est décédée dans un accident de la circulation, Élina se tait. Son périmètre s'est réduit : elle va du collège au domicile de son père, en passant par le jardin des Plantes. C'est là, sur un banc, qu'elle rencontre Violette, une femme en fauteuil roulant, qui lui rend les mots et lui apprend même à courir.
    Editée à l'Olivier en adulte et à l'Ecole des Loisirs en jeunesse, Fanny Chiarello publie pour la première fois au Rouergue.

  • Elles sont neuf : Rose Lammoreaux, Janice Hart, Millie Darvey, Kim Radigue, Annie Léandre, Bérangère Oram, Laura Elms, Diane Lenoix, Camilla Kesher.
    Neuf femmes qui tentent d'échapper à l'asphyxie et de se soustraire aux clichés attachés à leur genre. Chacune fomente dans son coin une mutinerie sans savoir qu'au même moment, une autre est en train d'en faire autant, à sa manière.
    Toutes aspirent à une sorte d'absolu. Mais c'est sans compter avec la fantaisie de l'auteure, laquelle se plaît à bousculer leur destin.

  • Tranches de vie pétillantes et détonnantes d'une jeune homosexuelle de vingt-cinq ans.Cacahouètes, vermouth et folles soirées... À ce régime-là, les 25 ans d'Audrey ne s'embarrassent pas de contradictions. On peut tenir farouchement à son indépendance et se livrer, pieds et poings liés, à des filles qui ne vous aiment pas. Rêver d'écrire et vendre avec passion des adoucisseurs d'eau par téléphone. Brûler son week-end par les deux bouts et n'aspirer, en réalité, qu'à une pizza sur canapé. N'est pas Hepburn qui veut.
    Mais si encore l'amour durait...

  • Cet été-là, la lumière est si crue qu'elle rend tout incandescent. La Maison, car tel est son nom, est une ville banale de province, une image d'Épinal. Ou presque. Il est impossible de ne pas évoquer le canal qui la traverse et dans lequel les habitants ont la curieuse manie de jeter tout ce qui leur est cher. Y compris des proches. Peut-être est-ce dû à l'ennui insondable qui semble s'être emparé d'eux.
    Le passage d'un zeppelin va enfin briser leur quotidien et leurs insignifiantes activités. Car l'ombre qu'il porte au-dessus de leurs têtes entraîne les réactions les plus inattendues et les plus folles, entre panique et dévotion.
    L'auteur épingle douze de ces habitants : douze personnages dont les récits, à la fois corrosifs, loufoques, émouvants, inventent un monde farfelu à la Brautigan.

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