Françoise Mallet-Joris

  • Dans une grande maison bourgeoise des Flandres françaises, vivent deux enfants, Christophe et Clara. Ils ne sont pas jumeaux, mais tout comme. Christophe peint pour lui-même et pour Clara, en construisant un espace magique au sein duquel il n'y a ni vieillissement ni péché.
    Et les lecteurs de ce roman de feu resteront à jamais hantés par la fresque que Christophe avait peinte dans l'escalier de la tour, La tristesse du Cerf-Volant: de petits bonhommes essayant d'attraper la ficelle d'un cerf-volant invisible qui, peut-être, n'existe pas.
    Fresque inachevée jusqu'aux derniers jours du peintre. Fresque jamais déchiffrée. Danse macabre? Danse de joie? L'étoile au bout du chemin est-elle salut ou maléfice?

    Comme un incendie mal éteint, les flammes reprendront sous des formes diverses sur trois générations, dans cette famille dévastée par l'irruption de l'art, de la passion, de Dieu même.
    Françoise Mallet-Joris, incisant la poche des songes et des fantasmagories flamandes qui l'habitent, nous raconte cette histoire en un réalisme éclaté et, plus intense que jamais, a su atteindre au mythe.

  • Adriana Sposa

    Françoise Mallet-Joris

    Adrienne, vingt-cinq ans, abandonne sa fille Lou, sa fille de quatre ans. Et un mari, un père, une ville, Anvers, où elle a grandi heureuse. Et même sa langue maternelle. Tout cela pour une vie de déchirements et de passion, qui ressemble à une expérience mystique jusque dans ses délires charnels, et au terme de laquelle, devenue Adriana Sposa, écrivain italien, elle aura édifié comme un défi, une oeuvre et un amour sur beaucoup de souffrances.

    Souffrances de Lou qui, devenue une jeune femme vigoureuse et révoltée, va brusquement décider de partir sur les traces de cette mère toujours absente, toujours présente, pour la comprendre enfin ou la rejeter.

    Mais est-ce si simple? Le rayonnement d'Adrienne, sensible à tous ceux qui l'ont approchée, ne tient-il pas à l'amalgame, en elle, de deux vérités contradictoires, inacceptables et qui pourtant coexistent: l'amour et le mal?

    Au terme d'une quête fiévreuse, Lou aura-t-elle accepté sa mère telle qu'elle a été - ou sera-t-elle poursuivie par l'énigme que représentait l'amour d'Adrienne?

  • Divine

    Françoise Mallet-Joris

    Les voies de la providence sont décidément insondables. En l'occurrence, pour Jeanne, trente-cinq ans, professeur dans un collège parisien, cette voie est un escalier - celui qu'il faut descendre et remonter le jour ou des gamins ont saboté les ascenseurs de la tour ou elle habite...au 31°étage.

    Or Jeanne est grosse, gaiement grosse. Mais cet incident du quotidien lui révèle que pour les autres (Evelyne, sa meilleure amie, Didier dont elle est secrètement amoureuse, sa mère, ses collègues, ses élèves), elle est un cas. Elle décide alors, par défi, de commencer un régime.
    Jeanne maigrit, et, à sa grande surprise, le monde autour d'elle se modifie : elle n'est plus l'originale dont on tolérait tout, elle se doit de rentrer dans le rang. Est-elle une autre d'avoir changé d'apparence ? Peu à peu, ce régime prendra les allures d'un affrontement à soi, d'une ascèse, d'une tentative de replacer dans l'ordre du monde ces désordres essentiels que sont la faim, le désir, l'amour. Et le second prénom de Jeanne, Ludivine devenu Divine, prend alors tout son sens.
    La performance du livre de Françoise Mallet-Joris est que cet itinéraire s'exprime dans les mots et les évènements du quotidien, qu'il est semé de rires et de truculences, de saveurs et d'odeurs. Mais il est aussi comme ces tableaux flamands de repas plantureux, où, dans un coin, un personnage étranger aux ripailles a le regard qui fuit hors du cadre...

  • Les larmes

    Françoise Mallet-Joris

    Les Larmes : un buste de cire sculpté par la jeune Catherine, l'héroïne, dont l'énergie joyeuse triomphera de toutes les vicissitudes d'un temps troublé, la Régence.
    Antoinette, le modèle, éveille la passion de deux hommes : Sanson, le bourreau de Paris,

  • Que fera Violette, jeune employée intérimaire à la Préfecture de Police sous les ordres du célèbre Bertillon, en découvrant dans un dossier En attente , les photographies de l'appartement qu'elle vient de louer ?
    Elle sera bouleversée sans doute. Elle s'interrogera sur l'innocence de son propriétaire, jeune peintre séduisant mais secret, - vivant seul avec un chien au comportement étrange -, qui est, ou a été, soupçonné d'un crime. Mais surtout, elle qui, jeune novice dans un couvent, s'est trouvée obligée de le quitter, accusée d'un manque de vocation dont elle n'a pas conscience, elle s'identifiera à ce malheureux qu'entoure une hostilité peut-être injustifiée. Elle va tenter de démontrer son innocence, LEUR innocence, à travers les remous et intrigues de ce début de siècle agité par les controverses que suscitent l'affaire Dreyfus et le gouvernement Combes.

    Mais qu'est-ce que l'innocence ? Existe-t-elle, seulement ? N'est-elle pas, plus qu'une vertu, un danger ?

  • Jeanne Guyon

    Françoise Mallet-Joris

    Françoise Mallet-Joris a été un jour intriguée des remous suscités parmi ses contemporains par Jeanne Guyon, écrivain passionné et vagabond de la fin du XVIIe siècle. Enfant turbulente et vive, jeune fille d'une grande beauté, épouse d'un inconnu avare et bourru, mère de cinq enfants, Jeanne, veuve, mystique, haranguera les foules avec un succès qui inquiétera les prédicateurs. Elle préconise l'abandon total à la volonté de Dieu.
    Forte de sa foi et de sa flamme, en marge de la Cour, des cabales, de l'Eglise, de la politique et des partis, Mme Guyon écrira une quarantaine d'ouvrages, connaîtra la persécution et passera dix ans à la Bastille.
    Françoise Mallet-Joris a lu cette oeuvre inégale et torrentueuse et s'est sentie concernée par cette femme si moderne avant l'heure, indépendante, scandaleusement transparente. Jeanne Guyon a suscité tant de haines, de calomnies et d'incompréhensions encore vivaces!
    Le courant de pensée qui est le sien ne s'est jamais tari ; on en trouvera des équivalences étonnantes dans la pensée hindoue, chez les surréalistes, dans toutes les expériences intellectuelles où la poésie et le sacré se confondent.

  • ... parce que tu comprends, je voudrais jouer de l'accordéon, mais je ne voudrais pas en jouer bien. Ce que je voudrais c'est jouer à l'arrière-plan, pendant que les gens chantent ou dansent, jouer seulement pour les mettre en train... On ne peut pas espérer que les gens lisent vos livres en frappant dans les mains : d'où cette brusque nostalgie. L'accordéoniste populaire, celui qui fait les bals, ce n'est pas très important qu'il joue mal, qu'il fasse des fautes. S'il est fatigué, un autre le remplace. Il est interchangeable. Indispensable et interchangeable. Voilà mon paradoxe, mon idée fixe. J'ai une balance dans la tête et un volcan dans le plexus. Je ne suis jamais parvenue à concilier les deux. C'est ça le rêve de l'accordéon. Le désir de voir danser, de faire danser, de déchaîner le joyeux volcan de la fête, mais tout de même sans y participer directement, parce que ça finit par des vitrines cassées, des gueules de bois et des regrets. Un déchainement harmonieux. Un défoulement qui soit en même temps d'une exquise justesse. Allez vivre tranquille avec des rêves pareils. ... Non, ce qui me conviendrait, ce serait de me fondre dans un ensemble. Une chorale, un orchestre, un groupe... Mais un groupe harmonieux. Et si je fondais une chorale des Goncourt ?... Ça pourrait être magnifique, ce choeur de voix d'hommes. Moi, naturellement, je jouerais de l'accordéon. ... Pour être aimée en tant que jouant de l'accordéon, c'est-à-dire au titre de ma fonction. Pour être aimée tout en restant "à l'écart sur une chaise". Pour être aimée au nom de l'amour, tout simplement.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • De la jeune Hélène du Rempart des béguines au petit enfant muet d'Allegra, tous les héros de Françoise Mallet-Joris ont laissé dans notre mémoire un souvenir qu'elle a su rendre inoubliable. En suivant Dickie-Roi, « L'Archange de la Chanson », une toute jeune fille, Pauline, va connaître une véritable éducation sentimentale. Aux couleurs de la tendresse, de l'humour et de la lucidité, Dickie-Roi est le roman de notre époque et de ses mythes.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • L'idée de rendre hommage, geste d'amitié à travers le temps, à Marceline Desbordes-Valmore, m'obsédait. Déjà, Baudelaire, Barbey d'Aurevilly, Verlaine, Rimbaud, puis Aragon, Robert Sabatier, s'y sont essayés. Cette femme poète, la première des romantiques, qui n'a pas hésité à chanter le désespoir d'un amour interdit, non plus que la révolte contre le pouvoir, fut saluée par Vigny, Lamartine, Hugo. Ses contemporains. Voilà des raisons plus que suffisantes pour aller à sa rencontre. Il ne s'agit pas de retracer sa vie ; il s'agit de faire revivre Marceline, mais aussi de faire revivre l'envie d'écrire de deux petites filles flamandes, elle et moi, dire l'importance pour elle, pour moi, de sa mère, de la mienne, la joie du premier enfant, le regret d'une amitié qu'on a laissée passer, le souvenir d'un beau texte, et d'un fou rire inattendu. Révélateur, pierre de touche, Marceline n'est pourtant pas mon modèle : elle est inimitable. Elle me révolte, me bouleverse, m'exaspère parfois - je ne cesse pas de l'aimer, ni de l'admirer pour autant. Elle me déconcerte aussi - alors je me retourne vers mon passé. Étais-je ainsi ? Ai-je vraiment écrit cela ? Et je me déconcerte moi-même.

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