Irène Némirovsky

  • Écrit dans le feu de l'Histoire, Suite française dépeint presque en direct l'exode de juin 1940, qui brassa dans un désordre tragique des familles françaises de toute sorte, des plus huppées aux plus modestes. Avec bonheur, Irène Némirovsky traque les innombrables petites lâchetés et les fragiles élans de solidarité d'une population en déroute. Cocottes larguées par leur amant, grands bourgeois dégoûtés par la populace, blessés abandonnés dans des fermes engorgent les routes de France bombardées au hasard Peu à peu l'ennemi prend possession d'un pays inerte et apeuré. Comme tant d'autres, le village de Bussy est alors contraint d'accueillir des troupes allemandes. Exacerbées par la présence de l'occupant, les tensions sociales et les frustrations des habitants se réveillent Roman bouleversant, intimiste, implacable, dévoilant avec une extraordinaire lucidité l'âme de chaque Français pendant l'Occupation, enrichi de notes et de la correspondance d'Irène Némirovsky, Suite française ressuscite d'une plume brillante et intuitive un pan à vif de notre mémoire.

  • LA VERSION INÉDITE DU SUCCÈS MONDIAL D'IRÈNE NÉMIROVSKY.
    Écrit dans le feu de l'Histoire, Suite française dépeint presque en direct l'exode de juin 1940, qui brassa dans un désordre tragique de nombreuses familles françaises. De son village de Saône-et-Loire où elle est réfugiée, Irène Némirovsky traque les innombrables petites lâchetés et les fragiles élans de solidarité d'une population en déroute. Au fil de l'écriture et de l'avancée allemande, son roman se fait le miroir inquiétant du quotidien d'un pays sous le joug, jusqu'à ce que la réalité dépasse tragiquement la fiction lors de son arrestation en juillet 1942.
    Ainsi la grande Histoire précipite-t-elle le destin de la romancière et, avec lui, celui de Suite française. Son manuscrit inachevé, ses notes et nombreux écrits sont confiés à ses enfants dans une précieuse valise. Des années plus tard, sa fille, Denise Epstein, en exhume le roman Suite française. Il existait cependant deux versions de la fameuse suite romanesque : une version brute, originelle, la toute première (Denoël, 2004), et puis une seconde remaniée, plus ramassée, plus aboutie, celle que l'auteure envisageait de publier.
    Enrichie d'une présentation remarquable retraçant la genèse du roman, cette version inédite de Suite française, plus acide et mordante, révèle une romancière implacable et passionnée, habile à capter les travers et faiblesses de chacun, témoin, malgré elle, du pire de notre humanité.

    « UN ROMAN HALLUCINÉ. ON EN SORT SECOUÉ, RÉVOLTÉ, ÉMERVEILLÉ. »
    PASCAL BRUCKNER, LE NOUVEL OBSERVATEUR

  • Soudainement devenus riches, les Kampf donnent un bal pour se lancer dans le monde. Antoinette, quatorze ans, rêve d'y participer mais se heurte à l'interdiction de sa mère. Plus que le récit d'une vengeance, le Bal (1930) compte parmi les chefs-d'oeuvre consacrés à l'enfance.

  • Ruiné, malade, abandonné de tous ceux dont il pensait être aimé, David Golder n'a pas dit son dernier mot. Une occasion s'offre à lui de redevenir riche : il se lance à corps perdu dans cette dernière aventure.

    Peinture sans complaisance du monde de l'argent, tragédie d'un vieil homme mal aimé, fable morale, David Golder est un roman d'une remarquable puissance.

  • Remarquable romancière, observatrice souvent cruelle des lâchetés humaines, Irène Némirovsky, née à Kiev en 1903, est l'auteur d'une oeuvre singulière à laquelle l'horreur nazie a mis un terme en 1942.
    Largement autobiographique, Le vin de solitude (1935) retrace le destin d'une famille russe réfugiée à Paris. Le déracinement, la solitude, mais aussi la farouche détermination à s'affranchir de tous les carcans sont au coeur de ce huis-clos familial oppressant. Irène Némirovsky, qui entretenait elle-même avec sa mère des relations très conflictuelles, brosse le portrait sans concession d'une jeune fille qui tente d'échapper à l'emprise de sa mère, une grande bourgeoise mariée à un « Juif obscur », pour laquelle elle n'éprouve que de la haine. Récit d'une douloureuse libération, ce roman subversif nous rappelle tout le talent d'un des plus grands écrivains du siècle passé.

  • Il y a un peu moins d'un siècle paraît pour la première fois L'Ennemie, petit bijou d'une jeune romancière encore inconnue du public. Dans ce roman, publié sous le nom de Pierre Nerey, Irène Némirovsky dissèque sous couvert de la fiction toutes les ambivalences de sa relation avec sa mère. Ici, Irène devient Gabri, une jeune fille de dix-sept ans en révolte, avec toute la violence confuse de l'adolescence, contre une mère indifférente, vieille coquette sur le déclin aux prises avec son dernier amour.
    Ce conte cruel du Paris des années folles suit le terrible apprentissage par Gabri d'une féminité déchirée entre désirs naissants et solitude irréductible, où le visage de l'être détesté devient d'autant plus haïssable pour la jeune fille que ces traits se confondent peu à peu avec les siens. Telle une nouvelle Électre, Irène Némirovsky n'épargne pas cette mère qui ressemble furieusement à la sienne et dont elle dresse le portrait-charge sous les traits d'une coquette aussi vaine que cruelle.
    Toute une société déboussolée renaît ainsi sous la plume acide d'une auteure emblématique de l'entre-deux-guerres.

  • Jezabel

    Irène Némirovsky

    Dans la salle d'un tribunal, se tient le procès d'une femme. Elle n'est plus très jeune, mais a été très belle. Les témoins défilent à la barre, l'avocat et le procureur s'affrontent. Assise dans le box des accusés, elle subit par bribes le récit de sa propre vie : l'enfance, l'exil, l'absence de père, le mariage, les relations houleuses avec sa fille, l'âge, le déclin, jusqu'à l'acte irréparable. Les jurés et le public grondent, s'enflamment. Mais le vrai coupable est-il l'accusée, ou le temps, qui détruit les illusions ?
    Huis clos cruel et inquiétant, ce roman paru en 1936 illustre l'immense talent d'Irène Némirovsky, couronnée à titre posthume par le prix Renaudot pour Suite française. Au fur et à mesure que se révèlent les détails de son passé, anodins ou tragiques, l'héroïne dévoile ses différents visages. Sans jamais porter de jugement, Irène Némirovsky saisit, d'une écriture fluide et avec une rare finesse psychologique, la réalité derrière les apparences, les ambivalences affectives et les contradictions de l'âme humaine.

  • La proie

    Irène Némirovsky

    Portrait d'un Julien Sorel des années 30 sur fond de crise économique, de montée du chômage et d'angoisse diffuse, La Proie est le roman d'un monde qui chancelle.
    Tragique histoire d'amour, ce récit intime et cruel retrace l'ascension et la chute d'un jeune homme d'origine modeste. Trahi par la femme aimée, après avoir vécu une passion pure avec l'héritière d'une dynastie de banquiers, il décide de prendre sa revanche. Mais peut-on forcer le destin ?
    Mélange d'insouciance et de gravité, d'impatience devant l'avenir et de légèreté de vivre, comme souvent chez Irène Némirovsky, La Proie est un roman inquiet et lucide qui porte l'empreinte de ce grand écrivain, couronné à titre posthume par le prix Renaudot 2004 pour Suite française.
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  • Témoin des bouleversements de son siècle, Irène Némirovksy, morte à Auschwitz en 1942, est l'auteur d'une oeuvre étonnante qui fait d'elle un des plus grands écrivains de l'entre-deux-guerre. À la croisée des cultures juive, française et slave, cette romancière ne cesse de surprendre par sa modernité.
    Comme la plupart des romans d'Irène Némirovsky, Les chiens et les loups (1940) n'est pas étranger au destin personnel de son auteur. Le sentiment d'un inconsolable exil (issue de la haute bourgeoisie juive, Irène Némirovsky fuit Kiev et la Révolution d'Octobre avec sa famille avant de trouver refuge en France), le poids de la société et la fatalité du destin sont au centre de ce roman qui évoque l'amour insensé de deux jeunes Juifs unis par un lointain souvenir. Ada, une artiste révoltée, et Harry, un riche banquier, sont les deux facettes d'une même personne. Tragiquement attirés l'un vers l'autre, rien ne peut les réunir, si ce n'est le sentiment de leur propre perte. Bercé de mélancolie, ce bouleversant roman sur l'enfance et l'innocence perdue, est un chef-d'oeuvre de la littérature, à découvrir, ou à redécouvrir.

  • Qu'est-ce qui peut attirer la belle et sage Thérèse vers ce Bernard rebelle et un peu voyou ? Il a dix-huit ans quand il s'engage en 1914. De retour de la Grande Guerre, il retrouve le Paris des planqués, leurs affaires louches et lucratives. Amer, il veut vivre cette jeunesse qui lui a échappé et prend goût, lui aussi, à l'argent facile. De cette passion ne peuvent naître que déceptions et souffrances. Mais ils s'aiment et, lorsque Bernard, prisonnier pendant la Seconde Guerre, est libéré, c'est Thérèse qui l'attend.
    Parue en 1948, six ans après la disparition d'Irène Némirovsky - couronnée à titre posthume par le Renaudot 2004 pour Suite française, cette grande fresque romanesque oppose l'amour aux valeurs et aux principes moraux. Habité par le climat fiévreux et délétère de l'entre-deux-guerres, ce magnifique roman est tout autant une peinture cruelle et saisissante de la bourgeoisie emprisonnée dans ses conventions et son hypocrisie que le portrait plus intime d'hommes et de femmes en quête d'une impossible liberté.

  • Dans un hameau du centre de la France, au début des années 1930, un vieil homme, Silvio, se souvient, observant la comédie humaine des campagnes, le cours tranquille des vies paysannes brusquement secoué par la mort et les passions amoureuses.
    Devant lui, François et Hélène Érard racontent leur première et fugitive rencontre, le mariage d'Hélène avec un vieux et riche propriétaire, son veuvage, leurs retrouvailles. Lorsque leur fille Colette épouse Jean Dorin, la voie d'un bonheur tranquille semble tracée. Mais quelques mois plus tard, la noyade de Jean vient détruire la fausse quiétude de ce milieu provincial. L'un après l'autre, les lourds secrets qui unissent malgré eux les protagonistes de cette intrigue vont resurgir dans le récit de Silvio, jusqu'à une ultime et troublante révélation Ce drame familial, entrepris dès 1937, conduit comme une enquête policière, raconte la tempête des pulsions dans le vase clos d'une société trop lisse. Ce roman d'Irène Némirovsky refait surface près de soixante-dix ans après sa composition.

  • Témoin des bouleversements de la première moitié du XXe siècle, Irène Némirovsky est l’auteur d’une œuvre étonnante, redécouverte à la sortie de Suite française (prix Renaudot 2004). Ecrit juste avant les événements tragiques de 1940, Deux reflète parfaitement le talent de la romancière pour décrire le charme de la rencontre amoureuse, la dégénérescence dans le mariage, et la paix retrouvée à la fin entre les époux. Marianne, fille d’un peintre connu, n’a qu’un désir : s’amuser. Sa vie n’est qu’une succession de bals et de sorties mondaines. Charmeur et volage, Antoine séduit Marianne. Elle l’aime, il ne l’aime pas, qu’importe… il finira par l’épouser.Analyse aussi fine qu’implacable de la passion et de son désenchantement, Deux brosse un tableau sombre et cruel de ces années d’entre-deux-guerres, aussi folles que désespérées.

  • Dimanche

    Irène Némirovsky

    • Stock
    • 8 Mars 2000

    "La rue Las Cases était tranquille comme au coeur de l'été, chaque fenêtre ouverte abritée d'un store jaune. Les beaux jours étaient de retour ; c'était le premier dimanche de printemps. Tiède, impatient, inquiet, il poussait les hommes hors des maisons, hors de villes. Le ciel brillait d'un tendre éclat. On entendait le chant des oiseaux dans le square Sainte-Clotilde, un doux pépiement étonné et paresseux, et, dans les rues calmes et sonores, les rauques croassements des autos qui partaient vers la campagne. Nul autre nuage au ciel qu'une petite coquille blanche, délicatement roulée, qui flotta un instant et fondit dans l'azur. Les passants levaient la tête avec une expression émerveillée et confiante, et repiraient le vent, en souriant.
    Agnès ferma à demi les volets : le soleil était chaud, les roses s'épanouiraient trop vite et mourraient. La petite Nanette entra, en courant, sautant d'un pied sur l'autre.
    - Vous me permettrez de sortir, maman ? il fait si beau." Irène Némirovsky, née à Kiev en 1903 et morte en 1942 à Auschwitz, connut très tôt un immense succès, au début des années trente, avec David Golder et Le bal. Elle écrivit également de nombreuses nouvelles, qui sont réunies ici pour la première fois.

  • Léon M... a reçu l'ordre d'exécuter Valerian Alexandrovitch Courilof, ministre de l'Instruction publique du tsar Nicolas II. Mais ses chefs attendent le moment propice : l'attentat doit porter un coup fatal au régime impérial. Sous la fausse identité de Marcel Legrand, médecin suisse, le jeune terroriste entre au service de Courilof. Les jours du ministre, atteint d'un cancer du foie, sont comptés. Il n'est plus alors aussi aisé d'assassiner un homme qui inspire plus de pitié que de haine...

    Roman terrible, fresque au vitriol d'une Russie où corruption et complot font bon ménage, fable désabusée et cynique sur la vanité du pouvoir, l'Affaire Courilof est une oeuvre dont on sort ébranlé et meurtri. Qui a mieux écrit que l'auteur du Bal et de David Golder la solitude et la désespérance ?

  • Tatiana Ivanovna a consacré sa vie entière à ses maîtres, les Karine, qu´elle a vus naître et grandir. Lorsque la révolution russe les chasse de leur domaine, elle les suit jusqu´à Odessa d´abord, puis jusqu´à Paris, dans ce petit appartement du quartier des Ternes, où les exilés tournent en rond comme les mouches d´automne... Avec un art consommé de la touche infime, de la progression insensible, qui évoque l´influence de Tchekhov, ce roman peint les désarrois et les nostalgies de ces survivants d´un monde perdu.

    Cette nouvelle édition du chef-d´oeuvre d´Irène Némirovsky comprend, publiés pour la première fois en volume, " La Niania ", nouvelle qui est l´embryon des Mouches d´automne, et " Naissance d´une révolution ", où Irène Némirovsky relate un simulacre d´exécution dont elle avait été le témoin. L´horreur s´ajoute à la nostalgie chez ce grand écrivain du XXe siècle.

  • Nice, 1920. Un jeune médecin affamé, Dario, accepte de pratiquer un avortement clandestin sur une flamboyante aventuricre new-yorkaise afin de sauver de la déchéance Clara, sa femme et leur nourrisson. Une solution qui permet ´r ce fils de marchand vagabond et métcque de sang grec et italien, de survivre malgré l'indifférence de la clientcle chic de la ville. Multipliant les expédients durant quelques années passées ´r Nice, Dario a brusquement l'idée de génie qui l'aidera ´r forcer son destin : dévoyant avec une intuition machiavélique la toute nouvelle théorie psychanalytique, il devient un charlatan ´r la mode, étrange maître des âmes se grisant d'une ascension sociale dangereuse... Avec Le Maître des âmes, roman inédit publié en 1939 sous forme d'épisodes dans Gringoire, Ircne Némirovsky brosse le portrait d'un de ces 'immigrés' de l'entre-deux-guerres débarqués d'Europe orientale avec un br"ulant reve de réussite. Démontant d'une plume cruelle et légcre la vaine valse des ambitions, elle ressuscite avec précision le tourbillon mondain et intellectuel de l'époque.

  • La nostalgie de l'innocence, la peinture sans concession d'une humanité « souffrante »... nombreuses sont les affinités qui lient Irène Némirovsky à Anton Tchekhov. Née un an avant la mort de ce dernier, l'auteur de Suite française, couronnée à titre posthume par le prix Renaudot 2004, était fascinée par le destin et la personnalité du grand écrivain.
    Cette biographie à la fois précise et intime révèle l'auteur de La Cerisaie dans toute sa vérité, ses souffrances et ses espoirs. Une enfance « sans enfance », comme le disait lui-même Tchekhov, la violence de son père, fils de serf, l'écriture pour entretenir sa famille, la conscience aiguë d'une condition misérable, la carrière de médecin et le désir de guérir le chagrin. Dans La vie de Tchekhov comme dans son oeuvre, le sublime côtoie l'insignifiant.
    Ce livre, qui est aussi un essai sur la littérature russe dans lequel Irène Némirovsky évoque brillamment, aux côtés de Tchekhov, Tolstoï et Gorki, scelle la rencontre de deux âmes étrangement proches.

  • Écrit dans le feu de l'Histoire, Suite française dépeint presque en direct l'Exode de juin 1940, qui brassa dans un désordre tragique des familles françaises de toute sorte, des plus huppées aux plus modestes. Avec bonheur, Irène Némirovsky traque les innombrables petites lâchetés et les fragiles élans de solidarité d'une population en déroute. Cocottes larguées par leur amant, grands bourgeois dégoûtés par la populace, blessés abandonnés dans des fermes engorgent les routes de France bombardées au hasard... Peu à peu l'ennemi prend possession d'un pays inerte et apeuré. Comme tant d'autres, le village de Bussy est alors contraint d'accueillir des troupes allemandes. Exacerbées par la présence de l'occupant, les tensions sociales et frustrations des habitants se réveillent...

    Romand bouleversant, intimiste, implacable, dévoilant avec une extraordinaire lucidité l'âme de chaque Français pendant l'Occupation (enrichi des notes et de la correspondance d'Irène Némirovsky), Suite française ressuscite d'une plume brillante et intuitive un pan à vif de notre mémoire.

    Préface de Myriam Anissimov.

  • Portrait sans concession d'un homme « condamné à vivre », Le pion sur l'échiquier est, dans l'oeuvre d'Irène Némirovsky, un roman à part, qui n'est pas sans rappeler Le Feu follet de Drieu la Rochelle. Marié, père d'un enfant, Christophe Bohun est rongé par le mal-être. Ni son métier, ni sa femme, ni son fils, ni son père vieillissant ne trouvent grâce à ses yeux ; par dessus-tout, il déteste sa propre vie routinière, son manque d'envergure. Son seul plaisir, avec le vague souvenir d'une femme jadis aimée, est le sentiment de liberté que lui procure sa voiture. Lorsque, ruiné, il est obligé d'un renoncer, il prend soudain conscience de cette « peine profonde et incompréhensible » qui le submerge depuis si longtemps.
    Sur fond de crise économique, dans la France des années trente, Irène Némirovsky exprime avec beaucoup de lucidité le désespoir d'un homme dont le paysage intérieur se confond avec le sombre tableau de l'époque, au fil d'un roman cruel qui n'a rien perdu de sa force.

  • Dans la taverne d'un port de la mer Noire, Dans la taverne d'un port de la mer Noire, Ismaël, un petit garçon juif doté d'une voix et d'un sens de la poésie hors du commun, chante les douleurs et les joies des truands, des prostituées, de tous les misérables qui se retrouvent dans le bouge.
    Un soir, un poète déchu et ivrogne, qui fait couler à flots l'or et la vodka, écoute le gamin et en est subjugué. Il l'offre à sa maîtresse, riche veuve désoeuvrée, qui s'entiche de l'enfant.
    Arraché à la pauvreté, Ismaël goûte au luxe d'une société aristocratique aussi prompte à l'enthousiasme qu'au mépris, qui le rejettera inexorablement, l'abandonnant bientôt à un cruel destin.
    /> La voix envoûtante de Jeanne Balibar nous entraîne dans ce conte tragique d'une enfance sacrifiée à l'impitoyable égoïsme des adultes. Et, comme Ismaël, elle nous chante de sa voix pure les mélodies mélancoliques qui font pleurer truands et seigneurs.

  • Irène Némirovsky (en russe : , Irina Leonidovna Nemirovskaïa), née le 24 février (11 février) 1903 à Kiev (Empire russe), morte le 17 août 1942 à Auschwitz (Reich allemand, aujourd'hui en Pologne), est une romancière russe d'origine ukrainienne et de langue française. Elle est le seul écrivain à avoir reçu le prix Renaudot à titre posthume, en 2004, pour son roman Suite française. Extrait : Elle suivit Cyrille et Youri sur la terrasse. La neige tombait rapidement. Les laquais élevèrent leurs lanternes allumées, éclairant les statues au seuil de l'allée, deux Bellones étincelantes de glace et de givre, et le vieux parc gelé, immobile. Une dernière fois, Tatiana Ivanovna traça le signe de la croix au-dessus du traîneau et de la route ; les jeunes gens l'appelèrent, lui tendirent en riant leurs joues qui brûlaient, souffletées par le vent de la nuit. « Allons, adieu, porte-toi bien, ma vieille, nous reviendrons, n'aie pas peur... » Le cocher saisit les rênes, poussa une sorte de cri, de sifflement aigu et étrange, et les chevaux partirent. Un des laquais posa la lanterne à terre, bâilla.

  • Jézabel

    Irène Némirovsky

    Irène Némirovsky (en russe : , Irina Leonidovna Nemirovskaïa), née le 24 février (11 février) 1903 à Kiev (Empire russe), morte le 17 août 1942 à Auschwitz (Reich allemand, aujourd'hui en Pologne), est une romancière russe d'origine ukrainienne et de langue française. Elle est le seul écrivain à avoir reçu le prix Renaudot à titre posthume, en 2004, pour son roman Suite française. Extrait : Une femme entra dans le box des accusés. Elle était belle encore, malgré sa pâleur, malgré son air hagard et las ; seules, les paupières, d'une forme délicieuse, étaient fanées par les larmes et la bouche affaissée, mais elle paraissait jeune. On ne voyait pas ses cheveux cachés sous le chapeau noir. Elle porta machinalement ses deux mains à son cou, cherchant, sans doute, les perles du long collier qui l'avait orné autrefois, mais son cou était nu ; les mains hésitèrent ; elle tordit lentement et tristement ses doigts, et la foule haletante qui suivait des yeux ses moindres mouvements fit entendre un sourd murmure. - Messieurs les jurés veulent voir votre visage, dit le président. Enlevez votre chapeau. Elle l'ôta, et de nouveau, tous les regards s'attachèrent à ses mains nues, petites et parfaites.

  • David Golder

    Irène Némirovsky

    Irène Némirovsky (en russe : , Irina Leonidovna Nemirovskaïa), née le 24 février (11 février) 1903 à Kiev (Empire russe), morte le 17 août 1942 à Auschwitz (Reich allemand, aujourd'hui en Pologne), est une romancière russe d'origine ukrainienne et de langue française. Elle est le seul écrivain à avoir reçu le prix Renaudot à titre posthume, en 2004, pour son roman Suite française. Extrait : Il leva brusquement l'abat-jour, de façon à rabattre toute la lumière de la lampe sur le visage de Simon Marcus, assis en face de lui, de l'autre côté de la table. Un moment, il regarda les plis, les rides, qui couraient sur toute la longue figure foncée de Marcus, dès que remuaient ses lèvres ou ses paupières, comme sur une eau sombre, agitée par le vent. Mais les yeux lourds, endormis d'Oriental, demeuraient calmes, ennuyés, indifférents. Un visage clos comme un mur. Golder abaissa avec précaution la tige de métal flexible qui soutenait la lampe. - À cent, Golder ? Tu as bien compté ?

  • À Saint-Elme, les Hardelot sont papetiers de père en fils. La famille est placée sous l'autorité inflexible du grand-père. Promis à Simone, une jeune femme peu attrayante, Pierre, son petit-fils, est depuis toujours attiré par Agnès, avec qui il a grandi. Mais leurs familles ne se fréquentent pas ; elles appartiennent à la petite et moyenne bourgeoisie et chacune garde sa place et ses distances. Ecartelé entre les convenances et ses sentiments, Pierre ne parvient pas à renoncer à Agnès, au risque de rompre avec sa famille... Dans cette chronique d'une bourgeoisie de province bouleversée par la guerre, la grande romancière, Irène Némirovsky dépeint avec délicatesse l'ambivalence des sentiments, explorant la difficulté de vivre, l'engagement, l'amour comme force de résistance aux pressions sociales, mais aussi la lâcheté et la trahison vis-à-vis de soi-même.

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