Jacques Girault

  • Le Parti communiste, par sa nature même, exige des approches historiques nouvelles et diversifiées. Replacer le Parti communiste dans le milieu dans lequel il évolue permet de mieux comprendre les raisons de ses succès et de ses échecs. Outre le Parti et son organisation, l'influence électorale et les conditions structurelles (« le milieu »), une étude d'implantation doit aussi, par des méthodes appropriées, rendre compte de la présence diffuse du Parti dont on est amené à mesurer au fil des années tout l'impact. Cet ouvrage présente plusieurs volets : une synthèse temporaire et problématique de l'implantation du Parti Communiste en France et dans la région parisienne dans l'entre-deux-guerres ; des types méthodologiques d'approches : une commune ouvrière (Ivry), un arrondissement parisien (le 18e), des logements collectifs (Bagneux), une entreprise (Renault), des militants (le Cher), une élection révélatrice (le Var).

  • La problématique générale de l'implantation sert de point de départ et permet une réflexion sur le phénomène communiste. Pour comprendre la nature des mutations qui traversent le communisme français, un des modèles possibles parmi les communismes mondiaux, il faut établir des liens forts entre le milieu, les idéologies, les phénomènes culturels, les systèmes politiques, les individus, les impulsions nationales et internationales. Autant de composantes qu'il faut analyser dans leur globalité en dégageant les rapports entre les groupes sociaux dans des cadres précis, les projets politiques, les influences réciproques. Un ensemble de points forts apparaissent: les contraintes d'un héritage, les luttes plus englobantes, les effets des pratiques locales, le ter­ritoire social comme enjeu politique, les questions nouvelles posées par l'inscription nationale dans un cadre fortement internationalisé, le rôle de l'en­treprise, le groupe enseignant. Les valeurs communistes occupent une position variable et laissent la place pour d'autres orientations car le communisme ne fonctionne jamais en vase clos.

  • Pour comprendre le poids de l'éducation en France dans son rapport avec la société, il faut mettre au centre des évolutions les enseignants qui forment un groupe hétérogène, perméable aux idéologies. Par leurs associations, ils participent aux luttes et aux mouvements d'opinions qui traversent la société française. Avec leur élargissement progressif, conséquence de « l'explosion scolaire », après la Deuxième Guerre mondiale, ils font des choix politiques, transmettent les valeurs fonda­mentales du régime dominant tout en conservant leurs distances par rapport aux pouvoirs. Au-delà des aspects de l'activité syndicale, sans laquelle le monde enseignant ne peut se comprendre, ce livre ouvre le champ de la réflexion par des approches politiques ou économiques. Les attitudes pédagogiques, les préoccupations corporatives expliquent aussi l'acquisition de particularités collectives fortes dans des milieux divers. Les analyses historiques, sociologiques ou inspirées par la politologie donnent une image plurielle de ce groupe social qui ne se résume pas aux caractères contrastés des « maîtres d'école » ou des « profs ». La diversité s'accompagne d'une grande communauté de comportements, résultats de la rencontre avec des demandes collec­tives, des orientations politiques ou des bouleversements affectant toute la sphère sociale.

  • Cet ouvrage présente le parcours d'Aimé Césaire sous ses différentes facettes. Césaire, écrivain, poète, dramaturge, homme politique, sous toutes les latitudes, incarne le poing levé de la diaspora noire, en perpétuel mouvement sur le chemin ardu de l'exigence. Oeuvre ascendante à l'image des astres vers lesquels se lèvent les yeux des hommes à la recherche d'une voie dans l'obscurité de leur nuit spirituelle; il apparaît comme le guide et le père fondateur d'une présence antillaise dans le monde en constante rébellion langagière.

  • Sous ce titre évocateur le lecteur trouvera des articles de chercheurs de l'institut Pierre Renouvin consacrés à l'unité et à l'identité européennes au XXe siècle. Des pistes de réflexion ont été ouvertes, des relectures ont été faites par des historiens à môme de développer des problématiques nouvelles parce qu'ils ont eu accès à des archives neuves. Il faut donc souligner l'apport conceptuel et documentaire de ces travaux. Les questions abordées concernent la géographie de l'Europe, un continent sur les atlas, en fait une série de compartiments ; l'Europe est diverse. Elles font apparaître une certaine pratique culturelle commune qui, universalisme oblige, prétend s'étendre au monde. L'Europe c'est l'arbitrage, la paix par le droit. L'unité économique a fait les débuts de l'Europe, mais peut-elle conforter le patriotisme européen ? Dans cette histoire tumultueuse les autres interviennent, l'Europe veut-elle être encore indépendante ? Il ne peut y avoir d'histoire de l'unité européenne sans trois grands États : la Grande-Bretagne, l'Allemagne et la France. L'avenir de l'Europe dépend de la réponse qu'ils donnent à cette question simple : construire l'Europe est-il de leur intérêt ? Les grands fondateurs de l'Europe sont évidemment mis en scène, de Monnet à de Gaulle en passant par Briand. Ce livre n'est pas un programme pour l'Europe de demain ; il est davantage ; il présente à la lumière de l'histoire, les vrais défis à relever pour que l'Europe continue d'exister.

  • La France impériale 1880-1914, Mégrelis, Paris, 1982). Dans la première partie, Jean Bouvier présente et confronte les diverses acceptions et conceptions del'impérialisme. Avec cette histoire du mot et des débats politico-théoriques provoqués par les formes concrètes de l'impérialisme, c'est la problématique même de ce concept qui se trouve explicitée et fondée.

    En actiondans sa période dematurité: l'entre-deux-guerres. Quels investissements ? Où ? Comment ? Dans quels secteurs ? Pour quelle rentabilité ? Avec quelles répercussions sur l'économie nationale ? Quelle place une telle situation donne-t-elle à la France dans le monde ? Quelles stratégies les groupes financiers et industriels adoptent-ils durant cette période de l'âge d'or de l'impérialisme à la française ? Quelle politique économique préconise l'État dans son empire ? Quelle fonction vise-t-il à remplir ?

    Les auteurs, chiffres et documents en maisn, apportent des réponses qui modifient l'habituelle image de l'impérialisme français : ce dernier, en effet, se déploie avec succès en dehors de l'espace colonial... La nouveauté de ce travail repose grandement sur de nombreuses sources inédites ou rarement utilisées : comptes rendus de conseils d'administration, archives ministérielles, presse de l'époque, documents d'entreprises, etc.

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