Jonathan Charette

  • Déclaration d'indépendance envers la réalité, «Ravissement à perpétuité» est une symphonie qui se déroule sur plusieurs mouvements.
    Au fil de ses déambulations, le poète subit de multiples agressions qui altèrent sa voix, menaçant de le condamner au silence. Devant les périls, un héritier apparaît. Grâce à sa ténacité, il transforme l'itinéraire en une ascension fulgurante.
    Dans ce troisième livre, Jonathan Charette n'hésite pas à passer du chant à l'aphorisme pour explorer la compassion, l'extase et la filiation. Le résultat est une oeuvre patiemment échafaudée qui expose les contrecoups d'une passion pour le sublime.

  • Biographie de l'amoralité trace le parcours d'une sculptrice cloîtrée dans un atelier en compagnie de deux modèles. Animée par un désir d'absolu, elle puise dans des forces insoupçonnées pour façonner des statues qui parlent une langue d'éboulement. Au fil des poèmes, la performance devient une obsession. Pire, une condamnation à créer, coûte que coûte. À travers une incursion dans le monde de l'art, l'auteur propose une réflexion sur les conséquences d'une dévotion complète à la création. Ce livre joue avec les genres et se présente à la fois comme un traité de sculpture, une ode au hip-hop, un magazine de mode et un essai sur la morale.

  • Voici un premier livre aiguisé sur les pierres comme celles que les anciens forçats fracassaient avec leurs membres. La liberté de parole du poète est absolue et elle s'oppose à la décadence du monde. Le livre se construit dans cette révolte métaphysique : mots comme pierres lancées à la face du monde. Ici, la parole veut libérer, dénouer les sangles qui enferment les êtres de leur condition de prisonniers. À cela, il faut ajouter le plain-chant d'une voix qui exacerbe les sens et se constitue en musique. Musique mordante pour des temps d'effondrement.

  • Dans ce numéro de Moebius, si vous trouverez bien des textes qui se passent dans un futur plus ou moins postapocalyptique, vous trouverez surtout des textes dans lesquels il est question de cataclysmes intérieurs. De véritables débordements, mais de l'ordre du privé. Des crises personnelles, des catastrophes à petite échelle, qui pourtant transforment, redéfinissent ceux qui les vivent. Certains personnages ont peur du moindre bouleversement, petit ou grand ; pour eux, tout est une catastrophe monumentale. Pour d'autres, une perturbation vécue dans un passé plus ou moins lointain laisse des traces indélébiles avec lesquelles il faut apprendre à vivre. Quelques textes présentent des épisodes particulièrement troublants de vies humaines, et sont à eux seuls de petits cataclysmes. Des suites poétiques évocatrices proposent des visions sensibles de notre monde en déroute, de notre propre disparition annoncée, ou donnent à voir la frénésie destructrice de ce monde.

  • Dans «La parade des orages en laisse», le lecteur rencontre une myriade de voyous que le poète couronne avec des auréoles de sa fabrication. S'il décerne de tels attributs aux insoumis, il ne néglige pas pour autant les plus vulnérables, clochards ou indigents. L'origine de cette compassion se trouve en partie dans la présence d'une partenaire avec qui les délits deviennent libérateurs. Cette proximité permet aussi de canaliser la fougue qui anime le poète, lui permettant de survivre dans un monde hostile et de construire des poèmes où le rythme est crucial.

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