Matthieu Megevand

  • Lautrec, c'est la légende de Montmartre, le peintre du Moulin-Rouge, du Mirliton, celui qui immortalise Bruant, la Goulue, Jane Avril. Mais c'est aussi un petit homme foutraque, issu d'une famille de la haute noblesse de province, atteint d'une maladie génétique qui fragilise ses os et interrompt sa croissance. Fasciné par les cabarets, les bals, les bistrots, les théâtres et les prostituées, il peindra des hommes et des femmes toute sa vie, négligeant le paysage et la nature morte. Alcoolique, rongé par la syphilis, il meurt à trente-six ans en laissant une oeuvre foisonnante et inclassable.

    En mettant en scène l'obsession de Henri de Toulouse-Lautrec pour la peinture, celle qui montre les êtres humains dans ce qu'ils ont de plus brut et de plus vivant, Matthieu Mégevand s'éloigne des représentations habituelles pour dresser le portrait de l'artiste en voyant et de l'homme en possédé.

  • « Regarder à se crever les yeux, à éclater le crâne avec les yeux de derrière les yeux, de derrière la tête. »
    L'homme qui écrit ces lignes tentera, toute sa courte vie durant, de voir. Né à Reims en 1907 et mort à trente-six ans à Paris en 1943, le poète Roger Gilbert-Lecomte - que raconte ce roman - est le fondateur avec René Daumal, Roger Vailland et Robert Meyrat de la revue Le Grand Jeu. Au coeur de l'émulation artistique des années 1930, il côtoie André Breton, Arthur Adamov ou encore Antonin Artaud et poursuit, tout au long de sa vie, une quête existentielle et poétique acharnée, accompagnée de prises massives d'alcools et de drogues. La littérature est pour lui considérée - au même titre que diverses substances - comme un moyen de dépassement de la condition humaine.
    Loin de l'image d'Épinal du poète maudit, Matthieu Mégevand met en scène la vie de Roger Gilbert-Lecomte en cherchant à approcher son point d'incandescence - c'est-à-dire le moment où l'existence ne se suffit plus, se dépasse, surchauffe, et où l'acte créateur surgit. Au final, un destin d'étoile filante et un roman à son image : éclatant, lumineux, profondément existentiel et qui défile à toute allure.

  • Tout ce qui est beau Nouv.

    « Vous savez bien que je ne cherche rien d'autre, dit-il enfin. Ma musique, des boutons, un habit c'est la même chose tout ce qui est bon, véritable et beau le reste rien »

    De Mozart, on dit qu'il est divin. Mais l'homme se vivait-il ainsi ? Toute sa courte vie durant, de l'enfant prodige qu'il a été jusqu'à sa mort prématurée, Wolfgang Gottlieb Mozart, de son vrai nom, a confié à la musique tout ce qu'il avait à dire. Avec ce livre, Matthieu Mégevand réussit le tour de force de « capturer » Mozart en peu de pages, de nous le faire « entendre » en littérature, et de révéler ainsi son inextinguible quête de beauté.
    Après La bonne vie, sur le poète Roger-Gilbert Lecomte, et Lautrec, sur le peintre, Tout ce qui est beau clôt avec Mozart une trilogie intitulée « créer-détruire » sur ces trois artistes incandescents morts en pleine fleur de l'âge.

  • Ce qu'il reste des mots

    Matthieu Mégevand

    • Fayard
    • 4 Septembre 2013

    Le 13 mars 2012, à Sierre, en Suisse, vingt-deux enfants décèdent dans un accident d´autocar. Le véhicule était en parfait état; le chauffeur, sobre, respectait les limitations de vitesse; la chaussée était sèche et bien entretenue. Nulle négligence ne permet de comprendre le drame. Aucune faute. Aucun coupable. Aucune explication. Situation intolérable pour l´esprit. Face à cette aporie, Matthieu Mégevand refuse de s´incliner. Il mobilise toutes les ressources de la pensée et de l´écriture dans une quête à la fois philosophique et romanesque. Il replonge dans d´anciennes lectures, se retire dans la solitude, taquine l´autofiction, s´invente des interlocuteurs, contradicteurs ou complices, et des situations imaginaires qui pourraient l´éclairer. Les mots sont impuissants? C´est à voir. Avant de proclamer leur défaite, il faut au moins leur faire livrer bataille. Envisager tous les recours. Quitte à admettre que grammaire et logique n´épuisent pas le langage, qui doit se transcender lui-même lorsqu´il s´agit de trouver la raison pour laquelle la mort nous est insupportable.Matthieu Mégevand a publié Jardin secret (2007) et Les deux aveugles de Jéricho (2011) aux éditions L´Âge d´Homme.

  • Catalogue de la rentrée littéraire 2018 des éditions Flammarion : Christine Angot - Amélie Cordonnier - Simonetta Greggio - Serge Joncour - Matthieu Mégevand - Thomas B. Reverdy - Laurent Seksik - Jennifer Clement - Franzobel - Emma Glass - David Trueba

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