Romans & Nouvelles

  • On ne tourne pas autour de la problématique du corps impunément, pendant cinquante ans, sans que le corps se rebiffe ! C'est ce que Noëlle Châtelet va enfin admettre en se retrouvant un jour clouée au lit, au point de déposer une main courante contre X, un X dont on se demande parfois si ce n'est pas tout simplement elle-même ... Car c'est à son double qu'elle s'adresse dans un dialogue introspectif sans concession et non dénué d'humour.

    Grâce à ce procédé original, elle s'autorise à « jouer perso », comme elle dit. À travers un inventaire approfondi de ses livres et des questions qui l'obsèdent, Noëlle Châtelet nous entraine dans les coulisses du processus de création, éclairant avec sincérité le sens à la fois intellectuel et intime de son parcours.

  • "Quelques jours à peine avant que tu nous quittes, nous avons été toutes deux prises d'un fou rire à propos d'un détail tellement prosaïque concernant ta mort. Ce doit être "le jour de la chemise de nuit". Rappelle-toi la chemise de nuit...
    Ce jour-là, donc, comme chaque fois que nous avons ri ensemble de quelque chose qui aurait dû nous faire pleurer, je t'ai dit, redevenant sérieuse : "C'est inouï ce qui est en train de se passer, maman. Incroyable ce que tu me fais faire. Le chemin... Le chemin que tu me fais parcourir...
    - Oui, c'est vrai, as-tu répondu, toute pensive.
    - Il faut... Il faudrait le raconter ! Que d'autres que moi... Je crois que... je voudrais l'écrire..."
    Tu as pris ton air de sage-femme. Celle qui sait le bon moment des choses en devenir.
    "Tu penses que c'est important ? Que ce pourrait être utile ?"

  • Il y a ceux qui y croient et ceux qui n'y croient pas. La présence des morts en nous, communément appelée esprits, fantômes, apparitions, divise selon les sensibilités, les cultures, les religions.
    Ces corps immatériels, Jean-Marc, médecin, psychiatre et psychanalyste, par principe rétif aux phénomènes occultes, les croise à contrecœur. Prisonnier malgré lui des filets de sa " déraison ", dans la maison de George Sand à Nohant, il bascule.
    Une expérience à la fois psychique et intellectuelle qui le rendra davantage à l'écoute de l'inconnu et de ses propres disparus.
    L'auteur de La Dernière Leçon, qui revient à la forme romanesque, nous entraîne grâce à une construction subtile dans un voyage haletant, sans a priori, où la fausse légèreté et le brio rappellent l'univers dérangeant de ses premiers recueils de nouvelles.
    Noëlle Châtelet, universitaire et écrivain, élabore depuis quarante ans une réflexion originale sur la question du corps, à travers essais, nouvelles, romans et récits, dont Histoires de bouches (prix Goncourt de la nouvelle), La Dame en bleu (prix Anna de Noailles de l'Académie française) et La Dernière Leçon (prix Renaudot des lycéens) au succès retentissant. Ses ouvrages sont traduits dans une quinzaine de langues.

  • Douze ans après, Noëlle Châtelet revit les étapes majeures de son expérience la plus intime et la plus fondamentale : la mort volontaire que s'est donnée sa mère. Car le combat de société qu'implique ce geste n'est pas terminé. Et l'adaptation de La Dernière Leçon au cinéma éclaire tout cela d'un jour nouveau.
    Suite au succès de La Dernière Leçon, Noëlle Châtelet s'est très fortement engagée pour la mort volontaire et l'assistance en fin de vie. Le livre qu'elle propose ici est une réflexion au fil des jours et des mois, jalonnée par l'actualité sur le sujet (l'affaire Vincent Lambert, et d'autres reportages au fil des jours) mais aussi et surtout par les différentes étapes de la préparation du film tiré de La Dernière Leçon : car transposer le livre à l'écran, c'est un peu refaire vivre sa mère, et c'est en même temps faire l'épreuve d'une forme de dépossession.

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