Julliard (réédition numérique FeniXX)

  • D'abord de quoi s'agit-il ? De la présentation d'un livre que nous avons commis, comme disent certains voyageurs. Eh bien entrons dans le vif du sujet et disons sans ambages que si ce livre s'intitule l'Idée fixe d'Adhémar Félé du Peyronnet, c'est parce que c'est de cela qu'il s'agit et non pas des « propriétés intellectuelles du fromage de tête ». Nous ne pouvons en dire plus, parce que, dans ce cas, la présentation deviendrait plus longue que le roman lui-même, nous poussant de ce fait à en faire un roman qui nous obligerait par la suite de refaire une présentation pour ce nouveau roman tiré de la présentation du roman qu'on avait écrit et pour lequel on avait justement pondu une présentation. « La vie est déjà assez compliquée comme ça », disait Théophraste Renaudot. « Deux citations » en quelques lignes, cela laisse rêveur d'une part et présumer, d'une autre, de la qualité littéraire de cet ouvrage. Les auteurs vous souhaitent donc une agréable lecture en espérant qu'ils sauront vous distraire, car comme disait une fermière normande bien connue de ceux qui l'ont fréquentée : « Il vaut mieux traire son prochain que distraire une vache ! » Veuillez agréer nos salutations distinguées.

  • En 1973, à la ville comme à la scène, tout le monde sodomise tout le monde. Il est, bien sûr, de bon ton de clamer à haute et intelligible voix que l'on est un sodomiseur ou un sodomisé. Mais - attention, méfiance - il convient de le dire à mots couverts. Celui qui dit : Pierre encule Paul (ou Jacques ou Marie) est un malpoli. Je suis un malpoli. Enfin... Je croyais l'être. Pour une somme ridicule, j'avais promis aux éditions Julliard un texte absolument ordurier. Ce texte, j'ai eu beaucoup de mal à l'écrire. Parce que je n'ai pas la grossièreté aussi facile que je le croyais, parce que - c'est plus fort que moi -, c'est toujours mon proust qui finit par enculer mon céline. Bizarre. Mais c'est comme ça. C'est comme ça et c'est toujours assez bon pour ces maquereaux d'éditeurs.

  • Qui d'entre nous n'a pas la sienne ? Avouée ou dissimulée, rafraîchissante ou lancinante. inattendue ou prévisible, elle se love en nous selon ce que nous sommes et nous exprime en nous rongeant ou en nous émerveillant. La collection IDÉE FIXE donne l'occasion à tous les écrivains d'énoncer sans détours le secret dont ils ont nourri jusqu'ici sournoisement leurs livres. Aucun risque d'appauvrir leur inspiration en vidant leur coeur et leur sac : l'idée fixe a de la ressource et qui croit l'épingler ne fait que lui donner du lustre. A nous donc les essais brillants issus d'humeurs talentueuses et longtemps refoulées. « Pour tout vous dire... » il n'est pas de meilleure promesse aux lecteurs désireux d'en savoir toujours davantage.

  • « Comme ils sont heureux ceux qui, dès leur enfance, décident de devenir cuisinier, acteur, général et finissent cuisinier, acteur, général. A Carpentras où je passai mon enfance, à Aix-en-Provence où je fis mes études, à Barcelone où je terminai ma licence d'espagnol, à Grenade où je perfectionnai, comme on dit, mon accent, je n'oubliais jamais que j'avais été mis au monde pour ouvrir une maison de rendez-vous. En attendant mieux, je devins professeur, puis journaliste. Fataliste, j'espère encore ouvrir une maison de rendez-vous à Alexandrie en compagnie de ma chère Cléopâtre, de ma chère Messaline et de mon cher Héliogabale... » Cette maison de rendez-vous que Jean Chalon rêve depuis toujours d'ouvrir ressemble plus à une allègre abbaye de Thélème qu'aux mornes salons d'une quelconque Madame A... ou B... ou... Les amateurs de belles filles en fourrure, d'attractions avec jumeaux incestueux, de pastèques consommées à la façon andalouse et autres délices pures y trouveront de quoi satisfaire tous leurs appétits. Ouvrir une telle maison de rendez-vous, c'est rétablir l'éminente dignité de la prostitution telle qu'on la pratiquait autrefois à Babylone sous le triple regard bienveillant du peuple, du pouvoir et du Dieu.

  • Qui d'entre nous n'a pas la sienne ? Avouée ou dissimulée, rafraîchissante ou lancinante, inattendue ou prévisible, elle se love en nous selon ce que nous sommes et nous exprime en nous rongeant ou en nous émerveillant. La collection IDÉE FIXE donne l'occasion à tous les écrivains d'énoncer sans détours le secret dont ils ont nourri jusqu'ici sournoisement leurs livres. Aucun risque d'appauvrir leur inspiration en vidant leur coeur et leur sac : l'idée fixe a de la ressource et qui croit l'épingler ne fait que lui donner du lustre. A nous donc les essais brillants issus d'humeurs talentueuses et longtemps refoulées. "Pour tout vous dire..." il n'est pas de meilleure promesse aux lecteurs désireux d'en savoir toujours davantage.

  • Attention !... N'allez pas confondre mes sorciers avec ces vulgaires jeteurs de sort qui d'ailleurs ne jettent rien du tout. Non. Surtout pas. Les miens sont estimables. Ils honorent l'humanité. Sorciers sans but lucratif ne sachant que lancer sur le réel une pincée de merveilleux. Mes faribolants amis chercheurs de merveilles. Mes faiseurs de sortilèges qui m'ont donné le goût d'agrémenter le raisonnable. D'aimer les fins heureuses. Ce qui est parfaitement logique : si on venait les chercher, mes sorciers, mais c'était pour arranger des faits déplorables ! Ils étaient tellement serviables et si bienfaisants. C'est grâce à eux que mon enfance est truffée de mirobolants souvenirs. De rencontres mémorables. De vies parallèles... Troublants ? Oui. Un peu effrayants ? Parfois. Inoubliables ? Toujours. C. A.

  • Attention !... N'allez pas confondre mes sorciers avec ces vulgaires jeteurs de sort qui d'ailleurs ne jettent rien du tout. Non. Surtout pas. Les miens sont estimables. Ils honorent l'humanité. Sorciers sans but lucratif ne sachant que lancer sur le réel une pincée de merveilleux. Mes faribolants amis chercheurs de merveilles. Mes faiseurs de sortilèges qui m'ont donné le goût d'agrémenter le raisonnable. D'aimer les fins heureuses. Ce qui est parfaitement logique : si on venait les chercher, mes sorciers, mais c'était pour arranger des faits déplorables ! Ils étaient tellement serviables et si bienfaisants. C'est grâce à eux que mon enfance est truffée de mirobolants souvenirs. De rencontres mémorables. De vies parallèles... Troublants ? Oui. Un peu effrayants ? Parfois. Inoubliables ? Toujours. C. A.

  • Qui d'entre nous n'a pas la sienne ? Avouée ou dissimulée, rafraîchissante ou lancinante, inattendue ou prévisible, elle se love en nous selon ce que nous sommes et nous exprime en nous rongeant ou en nous émerveillant. La collection IDÉE FIXE donne l'occasion à tous les écrivains d'énoncer sans détours le secret dont ils ont nourri jusqu'ici sournoisement leurs livres. Aucun risque d'appauvrir leur inspiration en vidant leur coeur et leur sac : l'idée fixe a de la ressource et qui croit l'épingler ne fait que lui donner du lustre. A nous donc les essais brillants issus d'humeurs talentueuses et longtemps refoulées. "Pour tout vous dire..." il n'est pas de meilleure promesse aux lecteurs désireux d'en savoir toujours davantage.

  • Qui d'entre nous n'a pas la sienne ? Avouée ou dissimulée, rafraîchissante ou lancinante, inattendue ou prévisible, elle se love en nous selon ce que nous sommes et nous exprime en nous rongeant ou en nous émerveillant. La collection IDÉE FIXE donne l'occasion à tous les écrivains d'énoncer sans détours le secret dont ils ont nourri jusqu'ici sournoisement leurs livres. Aucun risque d'appauvrir leur inspiration en vidant leur coeur et leur sac : l'idée fixe a de la ressource et qui croit l'épingler ne fait que lui donner du lustre. A nous donc les essais brillants issus d'humeurs talentueuses et longtemps refoulées. "Pour tout vous dire..." il n'est pas de meilleure promesse aux lecteurs désireux d'en savoir toujours davantage.

  • D'abord de quoi s'agit-il ? De la présentation d'un livre que nous avons commis, comme disent certains voyageurs. Eh bien entrons dans le vif du sujet et disons sans ambages que si ce livre s'intitule l'Idée fixe d'Adhémar Félé du Peyronnet, c'est parce que c'est de cela qu'il s'agit et non pas des « propriétés intellectuelles du fromage de tête ». Nous ne pouvons en dire plus, parce que, dans ce cas, la présentation deviendrait plus longue que le roman lui-même, nous poussant de ce fait à en faire un roman qui nous obligerait par la suite de refaire une présentation pour ce nouveau roman tiré de la présentation du roman qu'on avait écrit et pour lequel on avait justement pondu une présentation. « La vie est déjà assez compliquée comme ça », disait Théophraste Renaudot. « Deux citations » en quelques lignes, cela laisse rêveur d'une part et présumer, d'une autre, de la qualité littéraire de cet ouvrage. Les auteurs vous souhaitent donc une agréable lecture en espérant qu'ils sauront vous distraire, car comme disait une fermière normande bien connue de ceux qui l'ont fréquentée : « Il vaut mieux traire son prochain que distraire une vache ! » Veuillez agréer nos salutations distinguées.

  • En 1973, à la ville comme à la scène, tout le monde sodomise tout le monde. Il est, bien sûr, de bon ton de clamer à haute et intelligible voix que l'on est un sodomiseur ou un sodomisé. Mais - attention, méfiance - il convient de le dire à mots couverts. Celui qui dit : Pierre encule Paul (ou Jacques ou Marie) est un malpoli. Je suis un malpoli. Enfin... Je croyais l'être. Pour une somme ridicule, j'avais promis aux éditions Julliard un texte absolument ordurier. Ce texte, j'ai eu beaucoup de mal à l'écrire. Parce que je n'ai pas la grossièreté aussi facile que je le croyais, parce que - c'est plus fort que moi -, c'est toujours mon proust qui finit par enculer mon céline. Bizarre. Mais c'est comme ça. C'est comme ça et c'est toujours assez bon pour ces maquereaux d'éditeurs.

  • Qui d'entre nous n'a pas la sienne ? Avouée ou dissimulée, rafraîchissante ou lancinante. inattendue ou prévisible, elle se love en nous selon ce que nous sommes et nous exprime en nous rongeant ou en nous émerveillant. La collection IDÉE FIXE donne l'occasion à tous les écrivains d'énoncer sans détours le secret dont ils ont nourri jusqu'ici sournoisement leurs livres. Aucun risque d'appauvrir leur inspiration en vidant leur coeur et leur sac : l'idée fixe a de la ressource et qui croit l'épingler ne fait que lui donner du lustre. A nous donc les essais brillants issus d'humeurs talentueuses et longtemps refoulées. « Pour tout vous dire... » il n'est pas de meilleure promesse aux lecteurs désireux d'en savoir toujours davantage.

  • « Comme ils sont heureux ceux qui, dès leur enfance, décident de devenir cuisinier, acteur, général et finissent cuisinier, acteur, général. A Carpentras où je passai mon enfance, à Aix-en-Provence où je fis mes études, à Barcelone où je terminai ma licence d'espagnol, à Grenade où je perfectionnai, comme on dit, mon accent, je n'oubliais jamais que j'avais été mis au monde pour ouvrir une maison de rendez-vous. En attendant mieux, je devins professeur, puis journaliste. Fataliste, j'espère encore ouvrir une maison de rendez-vous à Alexandrie en compagnie de ma chère Cléopâtre, de ma chère Messaline et de mon cher Héliogabale... » Cette maison de rendez-vous que Jean Chalon rêve depuis toujours d'ouvrir ressemble plus à une allègre abbaye de Thélème qu'aux mornes salons d'une quelconque Madame A... ou B... ou... Les amateurs de belles filles en fourrure, d'attractions avec jumeaux incestueux, de pastèques consommées à la façon andalouse et autres délices pures y trouveront de quoi satisfaire tous leurs appétits. Ouvrir une telle maison de rendez-vous, c'est rétablir l'éminente dignité de la prostitution telle qu'on la pratiquait autrefois à Babylone sous le triple regard bienveillant du peuple, du pouvoir et du Dieu.

  • Qui d'entre nous n'a pas la sienne ? Avouée ou dissimulée, rafraîchissante ou lancinante, inattendue ou prévisible, elle se love en nous selon ce que nous sommes et nous exprime en nous rongeant ou en nous émerveillant. La collection IDÉE FIXE donne l'occasion à tous les écrivains d'énoncer sans détours le secret dont ils ont nourri jusqu'ici sournoisement leurs livres. Aucun risque d'appauvrir leur inspiration en vidant leur coeur et leur sac : l'idée fixe a de la ressource et qui croit l'épingler ne fait que lui donner du lustre. A nous donc les essais brillants issus d'humeurs talentueuses et longtemps refoulées. "Pour tout vous dire..." il n'est pas de meilleure promesse aux lecteurs désireux d'en savoir toujours davantage.

  • Qui d'entre nous n'a pas la sienne ? Avouée ou dissimulée, rafraîchissante ou lancinante, inattendue ou prévisible, elle se love en nous selon ce que nous sommes et nous exprime en nous rongeant ou en nous émerveillant. La collection IDÉE FIXE donne l'occasion à tous les écrivains d'énoncer sans détours le secret dont ils ont nourri jusqu'ici sournoisement leurs livres. Aucun risque d'appauvrir leur inspiration en vidant leur coeur et leur sac : l'idée fixe a de la ressource et qui croit l'épingler ne fait que lui donner du lustre. A nous donc les essais brillants issus d'humeurs talentueuses et longtemps refoulées. "Pour tout vous dire..." il n'est pas de meilleure promesse aux lecteurs désireux d'en savoir toujours davantage.

  • Qui d'entre nous n'a pas la sienne ? Avouée ou dissimulée, rafraîchissante ou lancinante, inattendue ou prévisible, elle se love en nous selon ce que nous sommes et nous exprime en nous rongeant ou en nous émerveillant. La collection IDÉE FIXE donne l'occasion à tous les écrivains d'énoncer sans détours le secret dont ils ont nourri jusqu'ici sournoisement leurs livres. Aucun risque d'appauvrir leur inspiration en vidant leur coeur et leur sac : l'idée fixe a de la ressource et qui croit l'épingler ne fait que lui donner du lustre. A nous donc les essais brillants issus d'humeurs talentueuses et longtemps refoulées. "Pour tout vous dire..." il n'est pas de meilleure promesse aux lecteurs désireux d'en savoir toujours davantage.

  • Quinze ans de "combat", ou l'aventure baroque d'un journal issu de la Résistance, et devenu l'idée fixe d'une poignée d'enthousiastes... Un beau sujet de film, vécu, écrit, et réalisé par Henry Chapier, avec Henry Smadja et Philippe Tesson comme têtes d'affiche, Maurice Clavel en vedette américaine de Mai 68, et la participation extraordinaire d'Henri Langlois. Il ne s'agit pas d'un western, mais il est question d'une traversée du désert : il y a un vrai "suspense", et cependant ce n'est pas un film policier. L'histoire ressemble à un roman de science-fiction, mais elle se déroule bien sur notre planète : on y met en scène des surhommes, mais ce ne sont pas des Martiens. Quinze ans de "combat" appartiendrait plutôt au genre "comédie héroïque" : un mélange détonant d'épisodes picaresques, de provocations romantiques et de gags involontaires... Mais le cri de rage, l'irrespect et l'élan lyrique en constituent la bande sonore ou la partition. Les décors sont introuvables, même dans une reconstitution des "Puces", mais leur importance est capitale dans le dénouement de l'action. Henry Chapier nous fait grâce, d'autre part, de ses tribunes critiques préférées, se contentant d'un coup de chapeau aux idoles de l'écran qu'il a défendues pendant quinze ans en redoutable polémiste. Loin d'être un "requiem" ou un règlement de comptes, cette idée fixe est l'évocation d'un tourbillon d'événements graves ou cocasses qui ont entretenu l'increvable légende du journal quotidien le plus libre et le plus farfelu accompagnant notre café du matin.

  • Qui d'entre nous n'a pas la sienne ? Avouée ou dissimulée, rafraîchissante ou lancinante, inattendue ou prévisible, elle se love en nous selon ce que nous sommes et nous exprime en nous rongeant ou en nous émerveillant. La collection IDÉE FIXE donne l'occasion à tous les écrivains d'énoncer sans détours le secret dont ils ont nourri jusqu'ici sournoisement leurs livres. Aucun risque d'appauvrir leur inspiration en vidant leur coeur et leur sac : l'idée fixe a de la ressource et qui croit l'épingler ne fait que lui donner du lustre. A nous donc les essais brillants issus d'humeurs talentueuses et longtemps refoulées. "Pour tout vous dire..." il n'est pas de meilleure promesse aux lecteurs désireux d'en savoir toujours davantage.

  • Cinq années de spectacle télévisé quotidien, cela finit par donner des idées, même à un critique... Certains soirs de particulière grisaille, on essaie d'imaginer une télévision où la liberté, enfin, de créer aurait balayé tous ces faux-semblants, tous ces préjugés, toutes ces routines qui tissent ensemble la trame des programmes. Des idées ? Une idée. Fixe. Cette télévision standardisée, normalisée, banalisée affiche avec ostentation son penchant pour le « divertissement ». Elle a pris résolument ses distances avec la vie quotidienne des Français : la réalité, elle en parle le moins possible. Pourquoi ? Pour empêcher les téléspectateurs, sans doute, de se mêler de ce qui les regarde. C'est ce que l'on appelle un choix politique.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Il serait assez vain de chercher le nom de Sternberg (Jacques) dans le Bottin Marin entre les noms de Colas et Maury ou entre les frères Pajot et Tabarly. Il n'y figure évidemment pas. Mais, en revanche, le même Sternberg a, paraît-il, à son actif une vingtaine de livres qui ne sont jamais des récits d'aventures maritimes, ni même des ouvrages d'initiation à la voile. Alors quoi ? Quels sont donc les rapports secrets de cet auteur avec le nautisme ? Qui l'a forcé à prendre la voile ? Personne, aucune religion. Même le fait que Sternberg soit né les pieds dans l'eau glauque de l'Escaut, à Anvers, n'explique que peu de chose. Pourtant, il donnerait sans doute toute sa bibliothèque - quatre cents livres marins, paraît-il - et toute sa discothèque - de jazz, dit-on - et même son Solex pour son dériveur léger qui a pourtant dix ans d'âge et à peine le foc sur les eaux. A un inconnu qui lui avait dit un jour : « Je trouve que vous écrivez mal mais que vous barrez assez bien », Sternberg avait répondu que s'il barrait comme il écrivait, il serait probablement champion olympique. Il le pensait sans doute, mais il devait y avoir de l'amertume dans sa réplique. Défier les vents contraires lui a toujours tenu plus à coeur, que convaincre des éditeurs hostiles. Voilà pourquoi cette idée fixe qui ne parle que de focs, de rafales et de drisses fut écrite en grand largue dans un seul élan de joie et de regrets.

  • Je n'ai jamais fait le compte de mes multiples idées fixes. Je sais seulement que je n'échappe à leur éventuelle tyrannie qu'en les laissant se combattre entre elles... L'idée fixe que j'ai retenue, c'est une idée acquise, contractée comme une scarlatine. Je songeais à cette magie, à ce don qu'avaient certains hommes d'imaginer, d'insuffler à des créatures, nées de leur seul et mystérieux pouvoir, une vie plus vraie que la vie même. Mais voici qu'une autre idée fixe vient me distraire et réclamer sa part. Elle est certainement abusive. Elle est accidentelle, accessoire, liée qu'elle est à la circonstance ; elle va jusqu'à jouer sur les mots. Qu'on me permette pourtant de céder à son appel, puisque aussi bien elle m'a requis. souvent jusqu'à m'accaparer. pendant un peu plus de quinze ans. L'Académie, multiséculaire, n'en est pas à un perpétuel près. Elle a les siècles pour elle. Elle est sage et magnanime. Elle ne m'en voudra pas, écrivain que je suis et soucieux comme nous tous, même ceux qui prétendent le contraire, de laisser l'ombre d'un sillage sur l'océan du temps sans rives, d'avoir changé de perpétuité.

  • Dans quelques semaines, vous allez voter. Les professions de foi vont fleurir sur les panneaux électoraux. Aucune ne sera plus sincère que celle-ci. G. Lebon-Philon est le seul candidat qui, toute honte bue, proclame d'emblée ses intentions : il veut devenir ministre. Ce livre peut, en outre, servir de manuel pratique à chaque candidat, ce qui devrait - le calcul a été fait - lui assurer au moins 2 500 lecteurs. G. Lebon-Philon, dont le nom est tout un programme, a étudié consciencieusement, depuis sa plus tendre enfance, les meilleurs moyens pour : disposer d'un maroquin, voire d'un demi-maroquin ; avoir un bureau à lambris dans les palais nationaux ; arborer une cocarde tricolore sur sa DS de fonction ; se produire régulièrement à la télévision ; ne payer ni ses timbres, ni ses voyages en chemin de fer, ni ses contraventions ; et mieux, se voir, à l'occasion, salué par les agents de la force publique... Enfin avoir, comme chacun le croit, mérité la considération de ses proches et le respect provisoire de ses concitoyens. Au terme d'une très longue patience, G. Lebon-Philon n'y est pas parvenu. Il n'est pas rancunier. Il vous souhaite bonne chance...

  • « Ce n'est pas un rêve, Baudelaire est parmi nous. Victor Hugo n'est peut-être pas tout à fait mort, lui non plus. Arthur Rimbaud, sûrement, déjeune au Boul'Mich, de temps en temps, incognito, et Verlaine lui tient la main pour qu'ils ne s'envolent pas. Le comte de Lautréamont, la semaine prochaine, invitera bien le jeune Proust et son amant pour l'ouverture de la chasse. Ma maison beige-marron glacé, les petites filles, mes futurs romans n'auraient plus de sens autrement. Et, déjà, Cocteau rend visite à Mallarmé, ils habitent un nuage, peut-être, mais ils ne sont pas morts. On fêtera bientôt le cent cinquantième anniversaire de Gérard de Nerval. Mon idée fixe à moi, c'est tout ça. J'ai tenu ce journal consciencieusement, tout ce que je dis est vrai, je lève la main droite, je le jure. Dieu, oui, Dieu est-il mort, lui ? »

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