Les Presses de l'Université de Montréal

  • Rédigé dans l'urgence à l'été de 1932, ce petit traité accompagne l'échec de la première expérience démocratique allemande. Il jette un regard incisif sur la crise qui emporte la République de Weimar et évalue les chances de sauver le régime face aux extrémistes de droite et de gauche. Philosophie politique, commentaire juridique et raison d'État se conjuguent ici sous l'effet d'une rhétorique vigoureuse et rusée, digne des plus grands publicistes.

    Écrit dans un contexte tragique et marqué par la carrière sulfureuse de son auteur, l'ouvrage a connu des échos aussi multiples qu'inattendus dans les démocraties d'après-guerre. La démocratie est-elle foncièrement un régime sans défense ? Doit-elle accepter l'existence de partis politiques attachés à la renverser ? Les mesures d'exception et de sécurité sont-elles justifiables au nom du salut public ? Peut-on préserver l'esprit d'une constitution et en nier la lettre ? Les questions que pose cet ouvrage résonnent encore dans d'innombrables conflits politiques.
    Catholique et conservateur, Carl Schmitt (1888-1985) fut un analyste perspicace de la crise des démocraties d'entre-deux-guerres, avant d'adhérer au nazisme en 1933. Arrêté par les Alliés en 1945, il est libéré deux ans plus tard. Il est l'auteur d'une oeuvre imposante et controversée, croisant le droit, la pensée politique, la théologie et la critique culturelle.

    Première traduction française complète

  • Jacques Derrida est sans contredit le philosophe qui s'est le plus passionné pour la littérature, sous toutes ses formes (impossibles à formaliser) et en tous genres (impossibles à assigner). Dès les commencements de son oeuvre philosophique, il s'est non seulement engagé à penser la question de l'écriture en tant qu'elle avait toujours été marginalisée et abaissée dans la tradition occidentale, il s'est aussi inlassablement tourné vers la littérature pour élaborer ses propres questions touchant le secret, le témoignage, la promesse, le mensonge, le pardon et le parjure, pour en nommer quelques-unes.

    À la littérature, on ne saurait imposer, selon Derrida, des règles, des prescriptions ou des fonctions. Les essais réunis ici s'emploient à examiner plusieurs des propositions du philosophe au sujet de la « littérature sans condition », à commencer par celles qui concernent la souveraineté poétique et qui relient, de manière indissociable, la littérature comme « droit de tout dire » à la démocratie (à venir). Derrida insiste en effet sur la « puissance » du « principe » littéraire, qui permet à la littérature de s'affranchir en interrogeant ses propres règles, voire la loi même, dans une performativité sans précédent.

    L'expérience littéraire s'avère aussi le lieu par excellence pour expérimenter toutes les modalités de la représentation et de la délégation sur lesquelles se fonde la démocratie. La littérature est ainsi associée pour Derrida à une certaine (ir)responsabilité, à une manière singulière de penser la question de l'éthique en la dégageant de toute morale et de toute instrumentalisation et, il va sans dire, de tout préjugé. S'appuyant sur Kafka, Bartleby et Abraham, Derrida souligne avec force l'importance que cette question d'une éthique autre revêt pour lui et il n'hésite pas à donner une préséance - préférence encore - à la littérature en ce qu'elle s'avance vers la loi pour en comprendre l'origine. De manière significative, il place la question de l'invention poétique et du langage - de ce qu'il appelle l'idiome, irréductible à toute traduction - au coeur de sa réflexion au sujet de la différence sexuelle et de l'hospitalité.

    C'est à cette passion de Derrida pour la littérature que sont consacrés les essais réunis dans cet ouvrage.

  • Notre héritage culturel regorge d'idées à propos de l'économie et, aujourd'hui encore, les débats font rage sur le rôle et les mérites respectifs de l'argent et de la richesse, sur la justice et l'égalité des échanges, sur l'importance du travail, l'inéluctabilité de la pauvreté. On n'en finit pas de se questionner sur la nature du monde capitaliste, sur le pouvoir du système mondial, sur l'avenir de la croissance économique - ou sur la pertinence même du concept de croissance.

    Comment les grands penseurs, d'Aristote à David Ricardo et à Karl Marx, ont-ils abordé ces idées ? Cet ouvrage - une analyse croisée entre économie et philosophie - veut donner au lecteur contemporain un accès à la pensée de ces auteurs. Cette riche introduction est une contribution importante à la vulgarisation et à la transmission des idées en histoire de la pensée économique et donne à tous l'occasion de réfléchir à notre sens commun économique. Elle offre notamment aux économistes les outils pour élaborer une conscience historique et un « intellectualisme » loin de toute technocratie.

  • Face à la complexité du monde du travail, la société doit pouvoir compter sur une discipline scientifique qui en étudie les différents aspects et qui forme des personnes aptes à comprendre et à solutionner les problèmes qui en découlent. Le champ des relations industrielles occupe cette fonction depuis près d'un siècle en Amérique du Nord. À l'occasion de son 75e anniversaire, l'École de Relations industrielles de l'Université de Montréal a demandé à ses professeurs et professeures de joindre leurs voix pour produire un ouvrage qui mettrait en évidence le riche savoir et l'excellence de la recherche de cette discipline. En acceptant l'invitation, ces spécialistes répondent ici, avec enthousiasme et rigueur, à des questions d'actualité concernant le monde du travail, notamment celles-ci :

    La gestion des ressources humaines est-elle « humaine » ?
    Quel rôle joue l'éthique dans ce domaine ?
    Comment améliorer l'image du syndicalisme auprès des jeunes ?
    Existe-t-il des différences de valeurs entre les générations dans une même organisation ?
    Les programmes d'accès à l'égalité au Québec fonctionnent-ils vraiment ?
    Les entreprises transnationales ont-elles une responsabilité sociale ?
    Que sait-on de la santé et de la sécurité des jeunes au travail ?
    Pourquoi avons-nous besoin de recherches comparatives transnationales en relations industrielles ?
    Comment devenir un négociateur compétent ?
    Les relations industrielles en questions

  • À la fois hybride, monstre, cyborg ou mutant, le posthumain est une figure pour le moins paradoxale ; annonciatrice bien souvent de la fin de l'Histoire, elle incarne pour l'homme la possibilité de transcender sa propre mortalité, tout en présentant, à l'instar des utopies, un état figé, final et abouti. Cependant, en replaçant le posthumain dans l'histoire de l'évolution, ne peut-on pas, justement, le faire évoluer ? Il ne serait plus l'idéal à atteindre ou le pire à éviter, mais la représentation des possibles, les branches fantasmées d'un futur arbre évolutif. Les ramifications en sont nombreuses et fertiles, largement irriguées sur le plan du discours et de la narration par les différentes théories de l'évolution des espèces et par celle de la cybernétique, science pluridisciplinaire à l'origine même du posthumanisme. Dans cet ouvrage, l'autrice se demande, en relisant des romans et des nouvelles de science-fiction publiés surtout entre 1948 et 2005, de quelle façon le posthumain littéraire s'inscrit dans la logique de ces théories et dans quelle mesure il en mobilise les signes et les savoirs.

  • Comment caractériser les relations intimes, les discours sur l'amour et la sexualité, les institutions qui les encadrent ou les produits culturels qui les représentent dans les sociétés occidentales contemporaines ? Quels sont les éléments de continuité ou de distanciation quant aux idées et aux pratiques du passé ? Des spécialistes de la sociologie de l'intimité et de la sexualité explorent ici ces questions, notamment par l'analyse des imaginaires amoureux dominants et leurs expressions culturelles, mais aussi en décortiquant les pratiques courantes pour en révéler les transformations récentes.

    Synthèse de l'expertise théorique et empirique internationale, cet ouvrage collectif livre un aperçu des recherches sur les thèmes les plus actuels de l'intimité, tels la non-monogamie, le polyamour, l'adultère, la gestion de l'argent dans les couples, les rencontres en ligne, la diversité sexuelle et bien d'autres. Les auteurs y abordent l'intimité contemporaine amoureuse et sexuelle de manière théorique, sans se limiter aux contenus des représentations dans les médias (miniséries, films, sites de rencontre, publicité) ou aux pratiques concrètes de la sexualité.

  • Cet ouvrage, qui fait appel à une soixantaine de spécialistes canadiens et européens - médecins, psychiatres, psychoéducateurs, nutritionnistes, kinésiologues et professeurs-chercheurs -, décrit de façon approfondie les caractéristiques clés des troubles des conduites alimentaires (TCA) en s'appuyant sur les informations les plus récentes et les données les plus actuelles. Il dresse un panorama exhaustif des problèmes de santé mentale les plus fréquemment associés aux TCA, et passe en revue l'anxiété, les obsessions ou les compulsions en plus de s'intéresser à l'obésité, à l'anorexie et aux dépendances de toutes sortes.

    Qui sont les gens les plus à risque d'être atteints de TCA ? Les femmes, bien sûr, mais aussi les hommes, les enfants, les sportifs, les victimes de maltraitance durant l'enfance, ceux qui ont une déficience intellectuelle ou des troubles du spectre de l'autisme. Dans ce livre, on examine les particularités des évaluations médicales, nutritionnelles et psychosociales et on présente en détail des interventions efficaces, allant de la thérapie cognitive-comportementale à l'alimentation intuitive en passant par les thérapies corporelles ou familiales centrées sur les émotions. Enfin, l'accompagnement des personnes atteintes de TCA en hôpital de jour, en hospitalisation ou en externe est passé à la loupe pour offrir le portrait le plus complet à jour des ressources accessibles.

  • Cet ouvrage propose un panorama des littératures francophones d'Afrique, de la Caraïbe et du Maghreb dans une nouvelle perspective qui fait apparaître toute leur singularité et leur dynamisme. La production littéraire de ces trois régions est systématiquement abordée à partir d'un survol de l'ensemble des littératures francophones qui permet de mieux en saisir les enjeux sociohistoriques et esthétiques.

    Loin d'être des annexes régionales ou exotiques de la littérature française, ces littératures d'Afrique, de la Caraïbe et du Maghreb en sont devenues des lieux de renouvellement à bien des égards. C'est ce que montre cette introduction, par une approche souple qui tient compte à la fois des générations d'écrivains, des mouvements littéraires, des textes essentiels et des dates importantes. De plus, les oeuvres et les auteurs sont présentés dans le cadre des principaux genres que sont le roman, la poésie, le théâtre et l'essai.

    Cet ouvrage s'adresse tout autant aux étudiants et aux lecteurs qui abordent ces champs littéraires pour la première fois, qu'à ceux qui voudront en connaître davantage. Il constitue une référence indispensable et fournit des pistes de lecture judicieuses.

    Christiane Ndiaye est professeure au Département d'études françaises de l'Université de Montréal.

  • Voici un petit livre assez différent de ceux que les amateurs de vin peuvent consulter habituellement. Il répond à des questions simples, en apparence seulement, au-delà du snobisme, des anecdotes, des notes de dégustations subjectives ou des arguments de marketing.

    Le professeur Albert Adam se place dans la perspective du vulgarisateur scientifique pour nous faire découvrir, entre autres, les apports de la chimie et de la microbiologie à la culture de la vigne et lélaboration du vin, les rendant moins hasardeuses et moins dépendantes des caprices de la nature. Il sintéresse aussi bien aux processus de la fermentation quaux aspects physiologiques de la dégustation ou aux effets bénéfiques dune consommation modérée sur la santé. Mieux connaître le vin, nous dit-il, cest aussi mieux lapprécier à sa juste valeur.

  • Ni survol des oeuvres principales de Karl Lwith ni introduction à sa vision particulière de la condition humaine, cet ouvrage revalorise la pensée du philosophe de deux manières. D'abord, en proposant des essais jusqu'alors inédits en français, écrits principalement pendant sa période américaine et témoins du développement de sa réflexion sur la disposition philosophique et sur les sources qui l'alimentent - Pyrrhon, Pascal, Nietzsche. Ensuite, en analysant sa pratique philosophique et son évolution à travers des réflexions sur la question de l'histoire et du temps avec, notamment, Strauss, Voegelin, Koselleck et Hegel.
    Cet ouvrage offrant à la fois traductions et analyses originales s'adresse à un public intéressé par la philosophie allemande, mais aussi aux chercheurs et aux étudiants en théorie politique et à quiconque s'interroge sur les liens entre religion, philosophie, et histoire. C'est à une expérience de la philosophie que le lecteur est ici convié, une expérience qui, dans les mots de Lwith, commande la retenue, la mesure et «le charme plus doux, mais sans éclat, de l'équilibre».

  • Découlant de la tension entre l'accroissement de la demande pour les soins de santé et les contraintes financières des gouvernements, l'évaluation de la performance des organisations et des systèmes de santé est une condition essentielle à la survie de ceux-ci et constitue en soi un enjeu difficile. D'une part, ces systèmes complexes dépendent fortement de leur contexte : améliorer leur performance requiert la participation de nombreux acteurs aux intérêts souvent divergents. D'autre part, le concept de performance est loin de faire l'unanimité ; les modèles utilisés reflètent souvent des préoccupations et des objectifs contradictoires.

    Les auteurs exposent les perspectives d'acteurs clés provenant des pays lusophones et francophones des Amériques, de l'Europe et de l'Afrique dans le but d'engager les systèmes et les organisations de santé vers une amélioration continue de la performance. Pour ce faire, ils posent ici trois questions fondamentales : en quoi consiste la performance d'un système ou d'une organisation de santé ? Comment l'évaluer ? Et comment utiliser les résultats de l'évaluation de façon à constamment améliorer la performance ?

  • Existe-t-il une culture pédagogique partagée par les enseignants en management au-delà des particularités des contenus à enseigner, des formations disciplinaires et des contextes institutionnels? L'auteur de ce livre croit que oui, et il en retrace les fondements épistémologiques par une synthèse interprétative critique des livres et des articles les plus cités du domaine. Il propose des «conversations pédagogiques» novatrices et riches de possibilités en ce qui concerne l'enseignement et l'apprentissage de la gestion. De la nature des savoirs en passant par les modèles éducatifs de référence et les transformations des écoles de gestion, il met méthodiquement au jour une expertise particulière au management. Sa rigueur intellectuelle et la capacité qu'il a d'offrir une vision d'ensemble apportent à ce livre très bien documenté un éclairage nuancé sur une question somme toute assez peu analysée.

    Ces conversations s'adressent aux étudiants, aux enseignants et aux chercheurs en sciences de la gestion et de l'éducation, mais aussi aux conseillers et aux ingénieurs pédagogiques, directeurs de départements et de programmes et, enfin, aux gestionnaires universitaires ou en entreprise.

  • L'histoire de la pharmacie en Nouvelle-France s'ouvre sur la rencontre avec le Nouveau Monde, ses ressources médicinales et les savoirs qu'en ont ses premiers habitants. Marqué par une double tradition, à la fois française et britannique, le développement de la pharmacie au Québec s'accélère aux XIXe et XXe siècles alors que le domaine du médicament subit d'importantes transformations. Révolution thérapeutique, essor de l'industrie pharmaceutique, transformations économiques et réformes gouvernementales finissent par plonger la pharmacie dans une crise identitaire dont elle ressortira passablement transformée à l'aube du XXIe siècle.



    Malgré son riche passé, qui puise ses sources dans l'Antiquité, la pharmacie est souvent laissée pour compte dans l'histoire de la médecine et de la santé. Cette lacune est brillamment corrigée dans cet ouvrage qui rend compte de l'évolution des conceptions scientifiques et populaires de la santé, allant de pair avec l'évolution des médicaments et de la profession de pharmacien. Celle-ci, qui a vu son rôle et son identité s'altérer puis se recomposer, est racontée ici avec un grand souci du détail qui montre tout l'intérêt qu'il y a à porter un regard historique, et souvent sociologique, sur des phénomènes contemporains.

  • Les touristes qui visitent la Cité interdite à Pékin sont souvent surpris d'y trouver un observatoire équipé de sextants, de théodolites, de sphères armillaires et d'autres instruments de l'ancienne astronomie occidentale. Malgré leur facture indéniablement chinoise, ces instruments de bronze ont en effet été exécutés sous la supervision d'un jésuite flamand, à la demande d'un empereur Qing qui espérait trouver dans la science occidentale un appui à son pouvoir. Les sextants de Pékin témoignent ainsi de l'intérêt et de la curiosité que les Chinois ont pu manifester à l'égard d'une culture pourtant bien éloignée de la leur, et ce, il y a déjà plus de trois cents ans, à une époque où l'Occident ne montrait pas tant d'ouverture d'esprit.

    /> C'est au mythe d'une Chine monolithique, refermée sur elle-même, immobile et figée dans sa grandeur antique, que s'attaque ici Joanna Waley-Cohen. Cette idée reçue ne résiste pas à l'analyse. Toute l'histoire de l'Empire du milieu montre au contraire que les Chinois ont toujours accueilli avec intérêt les produits, les techniques, les idées, et même les religions des autres cultures, dans la mesure où l'on ne tentait pas de les leur imposer par la force. En s'appuyant sur les résultats les plus récents de la recherche historique, l'auteur montre les relations fructueuses que les Chinois ont su entretenir avec leurs voisins asiatiques et avec les Occidentaux, depuis les temps anciens de la Route de la soie jusqu'à nos jours. Joanna Waley-Cohen est professeur à l'Université de New York, où elle enseigne au département d'histoire et au centre d'études asiatiques.

    Traduit de l'anglais par Clémence Ma

  • En entrant à l'université, les étudiants doivent rapidement comprendre la façon dont ce nouveau milieu de vie fonctionne et ce qu'on y attend d'eux. Ce monde à part entière fourmille de codes, de conventions et d'usages qui peuvent parfois déconcerter. Le but de ce guide est de leur livrer les clés, quelle que soit la formation choisie.

    Quelles sont les caractéristiques d'une formation scientifique et quels sont les apprentissages universitaires de base? Une fois adoptés les principes de l'approche critique et compris les critères essentiels pour choisir son sujet de recherche, comment présenter ses travaux selon les règles de l'art?

    Avec, en prime, une série d'exercices pratiques et leurs corrigés, ce petit livre à annoter fera bientôt partie des essentiels pour réussir ce parcours somme toute passionnant.

  • Avec la collaboration de Danica Djeric et Bob W. White.
    Sous la direction de Jorge Enrique Gonzalez.

  • La prison demeure un univers méconnu. Cet ouvrage a pour but, non seulement de synthétiser l'essentiel des connaissances sur le milieu carcéral, le vécu des détenus, la place des gardiens, les liens entre membres du personnel et personnes incarcérées, mais aussi de réfléchir à l'institution elle-même dans un contexte de reconnaissance des droits des détenus et de bureaucratisation.

    Entre «prisonniérisation» et réinsertion sociale, entre coercition et relation d'aide, l'organisation carcérale a-t-elle encore son caractère « total » et coercitif dont on parlait au cours des années 1960 et 1970, ou bien a-t-elle changé en profondeur et jusqu'à quel point ?En mettant l'accent sur les changements que la prison a connus depuis la fin des années 1970 et plus particulièrement ceux de la dernière décennie, les auteurs apportent un nouvel éclairage sur des dimensions importantes du milieu carcéral.

  • La société a engendré ces dernières années une demande très importante pour la gouvernance éthique de plusieurs domaines, de la médecine au politique, des affaires à l´éducation. L´objet de ce livre est d´exposer les principaux obstacles qui se présentent à l´éthicien et de proposer des pistes qui permettraient de les éviter. Parmi ces pièges, les plus importants sont les suivants. 1. Le piège de l´« application »: l´éthicien dispose de théories et de principes qu´il est tentant de vouloir tout simplement « appliquer » aux situations concrètes. Mais la relation entre théorie et pratique doit être pensée de manière plus nuancée. 2. Le piège de la partisanerie : la crédibilité de l´éthicien dépend de ce qu´il ne soit pas perçu comme un simple partisan. Mais le désengagement n´est pas non plus une option pour lui. Comment trouver le juste milieu entre ces positions ? 3. Le piège des médias: l´éthicien cherchant à informer les débats publics entrera forcément dans une relation avec les médias. Mais les médias dans une société commerciale ne sont pas motivés uniquement par le souci de la vérité et du bien public.
    Daniel M. Weinstock est professeur titulaire au Département de philosophie de l´Université de Montréal et directeur du Centre de recherche en éthique de cette université.

  • Cet ouvrage indispensable accompagnera les étudiants tout au long de leur parcours universitaire. Il propose un ensemble de méthodes simples et efficaces qui facilitent la rédaction d'un travail de recherche en sciences humaines, plus particulièrement (mais pas exclusivement) en musique, permettant ainsi de sur­monter les embûches conceptuelles, formelles et méthodologiques que rencontrent les auteurs de travaux d'étude et de recherche.

    Structuré en trois parties et foisonnant d'exemples, ce guide s'attache aux différents aspects du travail intellectuel et du métier d'étudiant. Du choix d'un sujet de recherche à sa documentation, sa rédaction et sa présentation, en passant par la préparation d'un exposé oral, les autrices démystifient avec humour et finesse l'ensemble du processus et contribuent à lutter - autant que faire se peut - contre l'angoisse de la page blanche chez les étudiants universitaires.

  • Les défis posés par l´avènement de l´informatique, les nouvelles structures de travail, les modifications dans l´exercice des rôles de parents et de citoyens exigent désormais d´apprendre autrement. De nouvelles pratiques s´imposent tant dans le monde de l´éducation que de la formation : approche par compétences, apprentissage par problèmes, contrat d´apprentissage, coaching, organisation apprenante, etc. Autant de termes neufs pour de nouvelles réalités dont le dénominateur commun est la nécessaire autonomie du sujet dans les apprentissages qu´il doit réaliser.

    Depuis les trente dernières années, des chercheurs se sont intéressés à l´étude de l´autoformation en relation avec l´éducation des jeunes, la formation en entreprise ou l´éducation populaire. Ce livre fait état de leurs principales découvertes en présentant :

    O l´évolution du domaine d´étude de l´autoformation et les principaux courants de pensée qu´on y retrouve;
    O les principales caractéristiques d´une situation d´autoformation;
    O les compétences particulières à développer chez l´apprenant et chez le facilitateur (enseignant ou formateur);
    O les tests et les questionnaires de diagnostic de l´autonomie dans l´apprentissage;
    O les méthodes qui sont souvent associées à des aspects de l´autoformation.

    Cet ouvrage intéressera les enseignants, les formateurs, les consultants en formation et les gestionnaires des ressources humaines pour qui l´autoformation constitue une manière souple, pertinente et accessible d´apprendre en toutes circonstances et à tous les âges.

    Nicole Anne Tremblay est professeure titulaire en psychopédagogie et andragogie à la Faculté des sciences de l´éducation de l´Université de Montréal. Avec d´autres chercheurs canadiens, elle a été cofondatrice du GIRAT (Groupe interdisciplinaire de recherche sur l´autoformation et le travail) dont les productions ont connu une diffusion internationale.

  • Qui peut dire ce que sera le paysage universitaire de demain ? Une chose est certaine : les Massive Online Open Courses, ou MOOCs, en feront partie. Encensés ou décriés, les cours en ligne ouverts et massifs - cette petite révolution dans le contexte en pleine ébullition de la transformation des universités - participent d'ores et déjà à la nouvelle configuration de l'enseignement supérieur.
    En replaçant ces cours dans l'histoire de l'enseignement, l'auteur évalue leur influence actuelle, future ou probable, sur les universités. Il montre en particulier que, loin d'étouffer les formations en présence d'un professeur en chair et en os, ils peuvent au contraire s'articuler avec celles-ci afin de les rendre plus personnalisées, plus séduisantes et surtout plus efficaces. Si ce phénomène touche avant tout l'enseignement, il est de plus en plus souvent associé à de nouvelles formes de recherche, dont la science participative n'est sans doute qu'une des illustrations.

    Après un doctorat en physique des particules au CERN et à l'Université de Genève (UNI GE), puis cinq années de recherche en neurosciences computationnelles en France, en Belgique et aux États-Unis, Pablo Achard est revenu à l'UNI GE en 2008. Au rectorat depuis 2009, il a successivement été responsable de plusieurs domaines dont la planification stratégique et prospective, l'évaluation de la recherche et la mise en place des MOOCs.

  • Au mois de juin 1945, l'Organisation des Nations unies a été créée afin de rassembler tous les États indépendants et d'organiser leurs rapports selon les modalités définies dans sa Charte. Ces modalités servent de cadre à une concertation politique dont la finalité est de maintenir la paix et la sécurité internationales. C'est un des organes
    principaux de l'ONU, le Conseil de sécurité, qui en a la responsabilité.

    Le Conseil concentre entre ses mains des attributions de plus en plus larges qui permettent à l'ONU d'intervenir dans le règlement des différends par des moyens pacifiques ou, lorsque la paix est rompue, par la coercition. Le Conseil est aussi un organe politique que les cinq grandes puissances - États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni - dominent et parfois manipulent.

    On peut l'aimer ou le détester, mais avant de porter un jugement sur son action ou son inaction, ne vaut-il pas mieux comprendre exactement à quoi il sert ? Ce livre tente de répondre à cette question.

  • Cet ouvrage collectif propose un point sur l'état des connaissances actuelles au sujet du cannabis, dans le contexte de sa légalisation. Cette décision historique à l'échelle des politiques canadiennes sur les drogues présente de nombreux enjeux politiques, en santé publique certes, mais aussi dans le champ de l'intervention. De la prohibition à la légalisation, les auteurs présentent tous les aspects du produit, de ses conséquences et de la mise en place d'interventions. Ainsi, une première partie aborde des questions plus proprement historiques, idéologiques et politiques liées au cannabis. La partie suivante aide les lecteurs à mieux comprendre la nature du produit, ses effets cognitifs et conséquences psychosociales, ainsi que les répercussions possibles sur la santé mentale d'un usage mal adapté. Enfin, une troisième partie porte sur les interventions de prévention et de traitements, notamment dans un contexte de légalisation de la substance. Il regroupe ainsi les savoirs d'experts et scientifiques ayant une expérience reconnue et une crédibilité accrue dans les domaines abordés.

  • Derrida, quel diable d'homme ! Preux de la pensée, partant en guerre contre tous et contre lui-même, chevalier de l'idéal comme Don Quichotte et politicien pragmatique comme Sancho Pança, il n'aura cessé de bouleverser de fond en comble nos idées reçues pour les relancer, accroître leur vélocité et en faire des armes concep­tuelles redoutables.
    Ce livre s'attache à suivre certaines de ses campagnes, retraçant une trajectoire qui va de son enfance et adolescence algériennes vers un avenir messianique ouvert à l'Autre. Au passage, il lui aura fallu en découdre avec un ami trop proche de certains thèmes éthiques, Emmanuel Levinas, ainsi qu'avec un ennemi plus vulnérable, Giorgio Agamben. À travers leurs méditations croisées, Derrida insiste sur le fait que la lutte polémique est préférable à la paix, car elle en fonde la possibilité tout en mettant en question les théologies guerrières. Le roman récent de J. M. Coetzee, Une enfance de Jésus, et les poésies de Stéphane Mallarmé vont servir à illustrer ces attentes et ces tensions entre chien et chat, entre futur et avenir, entre drôles de trêves et drôles de guerres : entre hospitalité et hostilité.
    Jean-Michel Rabaté est professeur au Département d'anglais et de littérature comparée à l'Université de Pennsylvanie, à Philadelphie. Cofondateur de la Fondation Slought, coéditeur du JournalofModernLiteratureet membre de l'American Academy of Arts and Sciences, il est spécialiste de Joyce, Pound, Bernhard, Lacan et Beckett. Auteur ou directeur d'une quarantaine de publications sur la modernité, la psychanalyse et la philosophie, il dirige également le collectif After Derrida (Cambridge University Press).

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