Les éditions de L'instant même

  • Ce florilège des textes parus sur la question du français de la Conquête à aujourd'hui présente la situation de notre langue en terre d'Amérique telle que nous la vivons et que l'ont vécu nos ancêtres. Contributions d'auteurs anciens et modernes. Texte général de Gilles Pellerin.

  • Entre 1980 et 1995, l'explosion de la production littéraire québécoise traduit la fécondité du genre bref : création de revues, de prix, de maisons d'édition et de collections réservées à la nouvelle, foisonnement critique en réaction à cette ampleur. Étonnamment, cet essor survient dans un contexte de crise politique et économique. Selon Cristina Minelle, les nouvellistes québécois ne peuvent manquer d'exprimer l'incertitude qui règne dans la société et choisissent la nouvelle, qu'ils « fragmentent pour qu'elle devienne le genre de la crise et de la déstabilisation ». Personnages tiraillés, mémoire morcelée, parcours erratiques, syntaxe elliptique, typographie aléatoire, tout se soumet au flash et à l'instantané qui accélèrent et concentrent, zooment et atomisent. En réponse à cette apparente désorganisation, l'écrivain devient le maître d'oeuvre du recueil de nouvelles, la « forme dynamique plurielle et pluridirectionnelle » d'une « cohérence » retrouvée.

  • Personne n'a oublié Claire Martin, la romancière et mémorialiste célébrée de l'époque de « Doux-amer » et « Dans un
    gant de fer ». En publiant « Toute la vie », qui regroupe des nouvelles et des souvenirs, Claire Martin renoue avec les textes brefs, genre qui l'avait lancée, avec combien d'éclat, dans la carrière littéraire (« Avec ou sans amour »r, 1958, prix du Cercle du livre de France).
    Tout, la vigueur de la phrase, l'humour en coin, les demi-teintes avec lesquelles elle dessine personnages et situations, tout nous rappelle l'une des plus fortes personnalités de notre littérature. Surtout, des moments de sérénité, des instants de
    délicatesse, des bonheurs d'expression flottent au-dessus du texte. Une vie est ainsi donnée à traverser par le biais des
    lectures qu'une femme se remémore comme on pense aux amis les plus chers. Les mots, les phrases font les êtres, la
    lecture concourt à la vie, toute la vie.

  • Robert Harvey propose ici la toute première
    étude portant sur les fondements imaginatifs de l'oeuvre d'Anne Hébert et les principes unificateurs de son langage. Il montre d'abord que la poétique hébertienne s'inscrit en filigrane dans les premiers écrits de l'auteure. Puis il
    entreprend une lecture approfondie du « tombeau des rois, l'oeuvre maîtresse dont les ramifications s'étendent à l'ensemble de la production d'Anne Hébert. Robert Harvey livre une interprétation éclairante de ce recueil qui se classe parmi les grandes oeuvres de la littérature universelle.

  • Des origines à 2000, le roman québécois a enfanté des centaines de personnages parmi lesquels il s'en trouve qui auront marqué l'imaginaire. Les auteurs ont puisé dans un répertoire romanesque riche de plus d'un siècle et demi, cherchant à rendre compte de sa multiplicité et de son aptitude à raconter ce que nous sommes et ce que nous aimerions être.

  • L'oeuvre d'Anne Hébert et son influence sur le monde littéraire francophone justifient largement la vaste quantité d'études qui lui sont consacrées. Parmi celles-ci, le travail colossal de Daniel Marcheix se démarque à plusieurs égards. S'employant d'abord à étudier les divers effets de temporalité mis en jeu au sein de l'oeuvre hébertienne, il explore les différentes relations temporelles ainsi que leurs constituantes en illustrant son propos d'exemples riches et éloquents, guidant le lecteur dans un parcours éblouissant.
    Motivé par l'intuition d'une « temporalité poreuse, profonde et dense », qui met en scène des personnages « aux prises avec le rappel incessant d'une meurtrissure première, originelle, source d'aliénation et de déréliction », Daniel Marcheix entre dans cet univers avec un respect et une admiration qui se manifestent de plusieurs façons, sa connaissance intime des textes n'étant pas la moindre. Un parcours solide, encadré par des références théoriques pertinentes, lui permet de remonter le fil de la narrativité pour faire la démonstration de ce mal d'origine, de ce passé qui hante les personnages d'Anne Hébert, les empêchant d'advenir réellement au présent du récit.

  • Qui ne s'est pas heurté, dans l'écriture d'un travail scolaire, d'un rapport, d'une lettre, d'un article de presse, voire d'un roman, à la délicate question du choix de la préposition après le verbe ou l'adjectif ? « Le prépositionnaire » vient résoudre cette difficulté, exemples à l'appui. L'ouvrage deviendra vite indispensable à tous ceux qui apprennent le français ou qui en font un usage quotidien en classe, au bureau, à la salle des nouvelles. Autrement dit : à tous !

  • « Substituer l'imaginaire exaltant au réel morne ou intolérable », l'expérience est connue des lecteurs quand ils cèdent à leur plaisir familier. Or la lecture, avance Roland Bourneuf, nous réconcilie tout autant avec la « vie palpable », accomplissant ce prodige, par l'aventure d'un autre, de rapprocher l'être de lui-même ou, plus précisément, de ce qui l'attend en lui-même.
    À la succession de commentaires sur les auteurs et les livres qu'il a aimés, de son enfance à aujourd'hui, l'auteur a préféré un parcours en chassé-croisé, tel livre appelant tel épisode de sa vie, la lecture se présentant comme exercice d'intimité : de même qu'on apprend à lire, avec ou sans théories, on doit apprendre à être soi, on le devient. Ainsi referme-t-on Pierres de touche avec le sentiment d'avoir eu une bibliothèque comme demeure. Une immense bibliothèque.

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