Presses de l'Université du Québec

  • Tourné vers l'avenir du Groenland, dans un « rêve » qui ouvre à la fois sur les inquiétudes de ses citoyens et sur l'utopie d'une sociétéégalitaire, ce premier roman de la littérature groenlandaise - Sinnattugaq, d'abord publié à Copenhague en 1914, puis traduit en danois par le célèbre Knut Rasmussen l'année suivante - permet au lecteur d'aujourd'hui de renverser son regard sur le monde inuit et de décou-vrir enfin une voix « de l'intérieur », qui recentre la représentation sur cette immense île de l'Arctique. Ce roman progressiste revendique pour les Groenlandais savoir, éducation, reconnaissance. Selon Karen Langgård, qui en signe l'introduction,l'auteur a écrit ce roman avec un objectif politique, notamment envers les Danois qui colo-nisaient le pays : « Son idée du rôle des Danois était que les Groenlandais devaient collaborer avec les Danois les plus progressistes, capables de les respecter. »

    Avec une introduction de Karen Langgård, professeure à l'Université du Groenland.

    Traduction du danois par Inès Jorgensen et validation linguistique à partir du texte original groenlandais par Jean-Michel Huctin.

  • Ce recueil contient des poèmes qui portent la parole du coeur, mais aussi celle de l'esprit. Son auteur, à la fois poète, homme politique, cinéaste et intellectuel, participe à l'histoire du Groenland et défend avec ardeur l'idée d'une identité pan-inuite contemporaine.

  • Il y a si peu de livres traduits en français venus du Groenland que le lecteur - par ailleurs peut-être déjà familier avec les oeuvres écrites par des étrangers sur ce pays et l'esprit rempli des images de pureté, de grandeur, de blancheur et de froid qu'ils ont véhiculées - se trouvera décontenancé en--- lisant ce petit recueil de nouvelles. Il aura l'impression d'entrer dans un monde jusqu'à ce jour occulté, loin des paysages grandioses dans lesquels des personnages se perdent dans les glaces et meurent de faim et de froid. Lorsqu'il fermera ce livre, le lecteur mesurera la distance qui sépare « l'imaginaire du Nord et de l'Arctique », construit depuis des siècles par les cultures européennes et nord-américaines, et les propos urgents et désespérants de cet écrivain groenlandais sur son pays, propos rongés de pensées noires, de haine, de révolte et d'un profond désarroi moral et social.

    Avec une introduction et une chronologie de Daniel Chartier, titulaire de la Chaire de recherche sur l'imaginaire du Nord, de l'hiver et de l'Arctique et professeur à l'Université du Québec à Montréal.

    Traduction du danois par Inès Jorgensen et validation linguistique à partir du texte original groenlandais par Jean-Michel Huctin.

  • Chasseur, pêcheur, trappeur et homme politique, Taamusi Qumaq (1914-1993) est considéré comme l'un des grands penseurs des Inuit du Nunavik. Bien qu'unilingue en inuktitut, ce « personnage exceptionnel », comme le présente ici Louis-Jacques Dorais, a consacré sa vie à consigner, à l'écrit, la vie des siens ainsi que leur langue - et il s'est à ce titre mérité la reconnaissance de plusieurs institutions, dont celle de l'Assemblée nationale du Québec. Son autobiographie, dont on retrouvera ici la traduction en français, ainsi que pour la première fois sous forme de livre le texte original en inuktitut, constitue un document de grande importance, tant pour les Inuit qui trouveront en lui un modèle, que pour les lecteurs du monde entier qui accèdent par ses mots à un univers culturel fascinant.

    Avec une introduction de Louis-Jacques Dorais, professeur à l'Université Laval. Ce livre est publié en collaboration avec l'Institut culturel Avataq.

  • En lisant ce roman, le deuxième de la littérature groenlandaise, le lecteur découvrira la vision de l'avenir de l'Arctique en 2021 telle qu'imaginée en 1931 par Augo Lynge, auteur né à Qeqertarsuatsiaat. Selon Per Kunuk Lynge, qui en signe l'avant-propos, « à la lecture de ses anticipations, dont certaines se sont réalisées longtemps après la publication de son roman, on ne peut s'empêcher de voir en l'auteur le chaman inuit d'autrefois, qui voyageait librement autour du monde et était capable de prédire l'avenir ». La vision que nous offre Augo Lynge dans cette intrigue policière entre les villages et l'immense inlandsis glacé est celle d'un pays technologiquement avancé et socialement serein, où les personnages inuits sont devenus ce que sont les Groenlandais d'aujourd'hui : une preuve vivante d'un peuple qui a la capacité de « s'adapter à l'un des climats les plus froids et les plus rudes de la planète » tout en conservant sa langue et sa culture.

    Avec un avant-propos de Per Kunuk Lynge et une introduction de Jean-Michel Huctin, anthropologue à l'Obser-vatoire de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.

    Traduction du danois par Inès Jorgensen et validation linguistique à partir du texte original groenlandais par Jean-Michel Huctin.

  • Les discours sur le Nord se caractérisent souvent par une certaine « simplification ». Dans cet admirable recueil, traversé par le silence, mais également par les discours scientifique, littéraire, écologique et anthropologique, la poésie se glisse dans les brèches du discours savant, humanise et complexifie l'étude de l'espace nordique. La poète, temporairement « en résidence » dans la toundra du Yukon, tente de sonder le territoire. Son regard demeure empreint d'une fascination distanciée, mais conscient de sa propre incapacité à cerner la complexité du Nord.

    un faible remuement chuchoté,
    comme le ssshhhh
    de la brise à travers les cimes,
    dans cet endroit où il n'y a pas d'arbres.

    Traduit de l'anglais par Luba Markovskaia. Publié avec une introduction et une chronologie de Luba Markovskaia, ainsi qu'un entretien de celle-ci avec la poète.

    La poète Elena Johnson est née au Nouveau-Brunswick et vit à Vancouver. Son recueil de poésie Field Notes for the Alpine Tundra (Gaspereau Press, 2015) a été rédigé au cours d'une résidence poétique auprès d'une station scientifique en écologie dans les montagnes du Yukon. Ses poèmes fonctionnent comme des « notes de terrain » pour ce territoire en alliant mots et images dans une poésie à la fois minimaliste et évocatrice. Elena Johnson a été finaliste aux prix littéraires Radio-Canada (CBC) et au prix de poésie Alfred G. Bailey.

  • Le récit d'Emmanuel Crespel sur les côtes d'Anticosti en novembre 1736, écrit sous forme de lettres, constitue l'un des plus spectaculaires récits de naufrage de la Nouvelle-France. D'abord publié en français en Allemagne en 1742, il a rapidement connu un large succès d'édition européen. Paru à Québec en 1808, il n'avait pas bénéficié d'une nouvelle introduction depuis 1884.

    Avec ce récit, le lecteur pénètre dans la mythologie de l'île d'Anticosti, immense obstacle au milieu du Saint-Laurent que les auteurs n'ont cessé de qualifier tour à tour, au cours des siècles, de « cimetière du Golfe » tellement les navires s'y sont l'un après l'autre échoués à leur arrivée en Amérique. Chez Crespel, ce sont contre le froid, la faim, le vent, le gel, le manque de nourriture et la maladie que les marins luttent héroïquement et souvent, tragiquement.

    Avec une introduction, des notes et une chronologie de Pierre Rouxel, enseignant au Cégep de Sept-Îles.

  • Maurice Constantin-Weyer a été l'un des romanciers français les plus lus au xxe siècle : ses romans d'aventures du Grand Nord ont construit dans l'esprit européen un puissant imaginaire de la survie dans les grands espaces hivernaux. Dans La loi du Nord, le personnage Louis Walferdin raconte, dans un récit à la première personne, ses souvenirs douloureux d'une expédition dans le Nord-Ouest qui a mal tourné.

  • Consacrée par le prix Goncourt de 1928, cette oeuvre fascinante constitue l'un des plus importants apports à l'imaginaire occidental des Prairies et de l'Arctique, aux côtés de l'oeuvre de Jack London. Alors que le monde des cowboys libres de l'Ouest se meurt, le héros se tourne vers le Grand Nord, nouvel espace de défi et de liberté, malgré tous les dangers.

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