Robert Laffont

  • De la Première Guerre mondiale à aujourd'hui, le premier essai destiné au grand public sur l'importance stratégique des ressources en eau dans la conduite de la guerre.
    Des premiers combats de 1914 à l'engagement actuel des armées françaises dans la bande saharo-sahélienne, l'eau est une composante stratégique des opérations militaires. Sa maîtrise a ainsi influencé le sort de plus d'une bataille de la Première Guerre mondiale. Elle fut également un enjeu crucial de la guerre du Désert durant la Seconde et au centre de la planification du Débarquement en 1944. Après 1945, les ressources en eau sont devenues progressivement des cibles et des armes de destruction dans de multiples conflits, jusqu'aux affrontements récents avec Daesh en Irak et en Syrie.Aujourd'hui, sur fond de bouleversement climatique, de pression démographique et d'explosion de la demande, certaines régions du monde sont confrontées à une rareté grandissante des ressources disponibles. Cela pose des questions essentielles en matière de sécurité hydrique, alimentaire, énergétique et environnementale. L'eau est ainsi devenue un enjeu de sécurité collective.Prenant appui sur des archives militaires et sur des sources diplomatiques inédites, cet essai offre à la fois un éclairage nouveau sur les conflits qui ont traversé et traversent notre monde et une meilleure compréhension des enjeux géopolitiques que portent les ressources naturelles.

  • Un demi-siècle autour du monde par l'un des plus grands géographes français.
    Riche de ses voyages dans quelque cent vingt-cinq pays - les deux tiers des États membres des Nations unies -, Michel Foucher explore ici les voies d'une géographie vécue comme active et engagée : en chercheur et cartographe, consultant et diplomate, analyste et témoin impliqué.Enquêtes de terrain et entretiens forment, pour ce grand spécialiste des frontières, la matière première de la géographie - une géographie débouchant sur une géopolitique appliquée. Car Michel Foucher en est convaincu : il est souvent possible d'anticiper les tensions si l'on donne aux représentations spatiales leur juste place dans l'imaginaire des peuples et des acteurs publics.Après une longue carrière, le temps était venu pour lui de procéder à ce que les officiers de l'armée de terre nomment un " retour d'expérience ", ou " retex " - analyse sans concession des succès et des échecs. Confrontant les passés étudiés aux présents observés, ces Mémoires dessinent une carte passionnante des enjeux du monde contemporain.

  • Sur la question de la radicalisation du religieux, les salafistes djihadistes concentrent toute notre attention. Or ils ne sont pas les seuls à constituer une menace : il faut aussi s'intéresser aux téléprédicateurs du Conseil évangélique de Trump, aux juifs radicaux du " Grand Israël ", aux extrémistes bouddhistes et hindouistes... Dans notre monde globalisé, on doit en réalité parler des radicalismes religieux au pluriel.Tous reposent sur le même triptyque d'intolérance : une foi, une terre, un peuple, s'appuyant sur une réécriture victimaire de l'Histoire et légitimant une violence vengeresse " sanctifiante " - à l'instar des kamikazes salafistes qui se croient promis au paradis ou de ces pasteurs et prêtres américains justifiant le meurtre de médecins avorteurs.S'ils partagent de nombreux points communs, tous ne visent pas un objectif planétaire. Mais tous redessinent la géopolitique moderne, tandis qu'au sein des sociétés, les poussées radicales sapent chaque jour un peu plus l'égalité entre les hommes, les droits des femmes, des minorités, excluant l'" Autre " du champ politique quand il ne s'agit pas purement et simplement d'épuration ethnique...Face à ces dangers, il est temps de cesser de traiter les religions sous l'angle de la liberté de conscience et de les considérer en termes politiques. Les mêmes appels à l'exclusion proférés par des néonazis ou des suprémacistes seraient immédiatement condamnés : pourquoi faudrait-il les tolérer quand ils sont tenus par des religieux, quelle que soit leur " chapelle " ?

  • Déclin des systèmes et des partis classiques, mise en cause de la représentation politique, montée du populisme et des nationalismes, emprise des fake news, tentation de la violence... : force est de constater la fragilité, aujourd'hui, de la démocratie. Alors que soufflent les vents mauvais de l'extrémisme, de l'autoritarisme, du racisme, de l'antisémitisme, du terrorisme, comment défendre ce bien commun qui nous semblait acquis mais ne l'est pas ?Face à ces maux qui minent nos sociétés et qu'il décrypte en profondeur, Michel Wieviorka interroge la place et le rôle des sciences humaines et sociales. Il y invite le meilleur de sa discipline - la raison, la connaissance de l'histoire, l'imagination sociologique, l'esprit critique - à se mettre (se remettre ?) au service de l'idéal démocratique.Pour une démocratie de combat est un ouvrage pionnier qui conjugue une orientation authentiquement citoyenne, des propositions théoriques et méthodologiques exigeantes et des pistes concrètes pour une démocratie vivante et active. Indispensable en ces temps de perte de repères, de fureur et de démoralisation : à coup sûr un livre de référence.

  • L'esthétique, avant d'être le caractère propre de l'art, est une donnée fondamentale de la sensibilité humaine. Le sentiment esthétique est un sentiment de plaisir, qui peut s'intensifier en émerveillement et bonheur. Il peut être suscité par un spectacle naturel, une oeuvre d'art, mais aussi par des objets ou des oeuvres que nous esthétisons. D'où vient la créativité artistique ? Qu'appelle-t-on inspiration ou génie ? De la transe du chaman à celle du poète, de la mimesis de l'écrivain à celle du comédien, quelle est l'expérience in vivo de l'artiste ? De Lascaux à Beethoven, de Dostoïevski à Orson Welles, Edgar Morin convoque les oeuvres et les artistes qui l'ont marqué et accompagné pour démontrer la profondeur de l'expérience esthétique. Les grandes oeuvres ne sont pas que " divertissements " : elles nous donnent compréhension de la condition humaine, dans ses comédies et ses tragédies.

  • Le Noir, le Rouge, le Jaune, le communiste, le barbu... : quand Hollywood fabrique des ennemis, ce n'est pas que du cinéma.
    Hollywood est une usine à rêves mais aussi une formidable machine à créer des méchants. À chaque époque sa cible. D'abord incarné par le Noir, représenté comme un illettré, un paresseux obsédé par la femme blanche, l'ennemi a ensuite pris les traits de l'Indien, sauvage et agressif, puis du Chinois cruel, du basané - bandit mexicain, gras et transpirant, ou trafiquant colombien -, du nazi ou du communiste... Plus récemment, lors de la deuxième guerre du Golfe, c'est le " Frenchie " qui a cristallisé la rancoeur des États-Unis, avant qu'il soit remplacé par l'Arabo-Irano-terroristo-musulman. Pour mener l'enquête, l'auteur a passé au crible plus de trois mille films, le plus souvent des objets cinématographiques de consommation courante, ceux qui forgent l'opinion publique bien plus que les chefs-d'oeuvre. De manière implacable, il démontre comment Hollywood, en jouant de la confusion entre fiction et réalité, cinéma et géopolitique, est devenu une arme de propagande massive, capable de transformer les ennemis des États-Unis en menaces planétaires.

  • Une étude exceptionnelle sur les dessous du royaume le plus puissant et le plus secret au monde. La diplomatie religieuse de l'Arabie saoudite constitue un étrange trou noir dans l'analyse du radicalisme qui affecte l'islam aujourd'hui. Pourquoi le salafisme, mouvance la plus intolérante et sectaire de l'islam, est-il devenu si conquérant ? Parce que parmi tous les radicalismes religieux qui pourrissent la planète, il est le seul à bénéficier d'un appui constant de la part d'un pays doté d'immenses moyens : le royaume saoudien. Cette étude, dont les collaborateurs ont souhaité conserver l'anonymat, révèle comment ce royaume aux deux visages, celui conciliant de la dynastie Saoud et celui plus agressif du salafisme, propagandiste du djihad, a depuis des décennies développé une stratégie religieuse pour conquérir la communauté musulmane, mais aussi l'Occident, sans apparaître comme un ennemi grâce à un soft power original, hybride des systèmes américain et soviétique. Aujourd'hui, ce pays longtemps protégé se retrouve menacé sur son propre territoire par le salafisme djihadiste qu'il a propagé ailleurs.

  • " Il y en a qui veulent faire tout comme la chanteuse Rihanna, eh bien moi, je veux tout faire comme Merah. " Une jeune jihadiste.
    Le jihadisme est un fait social total, résultant de facteurs urbains, sociaux, anthropologiques, politiques, mais aussi psychopathologiques. De l'Europe à l'Amérique du Nord, en passant par l'Australie et l'Afrique du Nord, Farhad Khosrokhavar a analysé les situations " jihadogènes " qui favorisent la radicalisation. Son enquête au coeur des cellules terroristes, dans les villes et les banlieues, révèle les points communs entre ces candidats occidentaux au jihad - adolescentes et adolescents, jeunes à problèmes psychosociaux, convertis et recruteurs - mais aussi leur incroyable diversité... Dans cet état des lieux complet, fruit de dix ans de recherche, l'auteur décrypte l'environnement et le profil de plus d'une centaine de jihadistes occidentaux pour comprendre l'origine de leur haine et le moteur de leur passage à l'acte. De cette formidable somme de faits et de témoignages ressort un constat sans appel : le succès du jihad chez les jeunes met en lumière la crise de nos démocraties, en quête de sens et de savoir-vivre ensemble. Cette crise est profonde, ses conséquences risquent d'être durables.

  • En France, les juifs sont inquiets, ils constatent que l'antisémitisme dans le pays s'étend et revêt un tour meurtrier. Les musulmans, eux, sont soupçonnés de passivité ou de compréhension pour le djihadisme, leur intégration bute sur le racisme et les discriminations, et leur seule existence sur notre territoire a relancé les passions relatives à la laïcité. Enfin, notre république est en crise, impuissante bien souvent à se conformer à son propre idéal d'égalité et de fraternité. Il est temps de transformer cette crise en débat et de repenser le vivre-ensemble. C'est ce que propose ce livre, à partir d'une hypothèse originale : les juifs et les musulmans, au-delà de ce qui les sépare, ne sont-ils pas les mieux placés pour réfléchir à l'aggiornamento du modèle républicain français ? Pour permettre à la France de mieux affronter les grands périls actuels - le terrorisme, le racisme, la haine et l'intolérance - et pour préciser les contours d'un nouveau modèle à même de conjuguer les valeurs démocratiques et le respect ou la reconnaissance des particularismes ? Farhad Khosrokhavar est spécialiste de la question de l'islam et de la radicalisation, Michel Wieviorka de la violence et de l'antisémitisme. Tous deux montrent par l'exemple comment musulmans et juifs peuvent contribuer à rebâtir activement notre république.

  • Avec Neuf leçons de sociologie, Michel Wieviorka - l´un des plus grands sociologues français, lu et reconnu dans le monde entier - signe son grand livre de référence, l´aboutissement d´un travail entamé dans les années 1970. Mouvements sociaux, diversité, histoire et mémoire, violence, terrorisme et racisme : Michel Wieviorka se confronte à ses grands thèmes de prédilection qui sont aussi les grands sujets de notre temps pour saisir le monde dans son ampleur, son épaisseur, sa profondeur.




    D´immenses transformations modifient la planète, et les outils disponibles pour penser ces phénomènes évoluent à grande vitesse. En quelques années, les sciences sociales ont vécu l´effondrement du fonctionnalisme, le triomphe, puis le déclin du structuralisme, l´apogée, puis l´affaiblissement du marxisme, les succès de l´interactionnisme symbolique, la montée en puissance de diverses variantes de l´individualisme méthodologique, le retour du thème du sujet, etc. Quels instruments d´analyse sont aujourd´hui les plus prometteurs, lesquels peuvent le mieux nous aider à appréhender le monde où nous vivons ?


    Nous acceptons volontiers l´idée que notre existence se joue à une échelle mondiale, que notre emploi, ou sa perte, mais aussi nos références culturelles, nos goûts, nos valeurs sont largement façonnés par des logiques planétaires. Et en même temps, nous mettons sans arrêt en avant notre subjectivité personnelle, ou collective, pour résister à ces logiques et à ces appartenances quand elles nous écrasent. Dans ce déchirement, Michel Wieviorka montre magistralement comment les identités culturelles et religieuses continuent d´apporter des repères solides aux individus et aux groupes.

  • Les enquêtes par sondage livrent une image morcelée des Français. Elles analysent les caractéristiques individuelles une par une : catégorie sociale, âge, sexe, niveau d'éducation, activité, origine, lieu de résidence... Mais une personne n'est pas successivement un ouvrier, un homme, un jeune, un titulaire du bac, un actif et un habitant de la capitale né en Bretagne. Elle est tout cela à la fois, et bien plus encore. Pour saisir le comportement de nos concitoyens, cet ouvrage recolle ces divers morceaux de leur personne et les réinsère dans leur environnement - couple, foyer, parentèle, lieu de résidence... - qui les définit autant sinon plus que leurs particularités individuelles. Cela est rendu possible par les big data du recensement national, qui décrivent la composition exacte de plus de dix millions de ménages.Cette enquête exceptionnelle, illustrée par une cartographie riche et inédite, révolutionne notre conception des comportements sociaux et économiques des Français.

  • « Nous allons vous rendre le pire des services, nous allons vous priver d´ennemi ! », avait prédit en 1989 Alexandre Arbatov, conseiller diplomatique de Mikhaïl Gorbatchev. L'ennemi soviétique avait toutes les qualités d'un « bon » ennemi : solide, constant, cohérent. Sa disparition a en effet entamé la cohésion de l´Occident et rendu plus vaine sa puissance.Pour contrer le chômage technique qui a suivi la chute du Mur, les États (démocratiques ou pas), les think tanks stratégiques, les services de renseignements et autres faiseurs d´opinion ont consciencieusement « fabriqué de l´ennemi » et décrit un monde constitué de menaces, de risques et de défis.L´ennemi est-il une nécessité ? Il est très utile en tout cas pour souder une nation, asseoir sa puissance et occuper son secteur militaro-industriel. On peut dresser une typologie des ennemis de ces vingt dernières années : ennemi proche (conflits frontaliers : Inde-Pakistan, Grèce-Turquie, Pérou-Équateur), rival planétaire (Chine), ennemi intime (guerres civiles : Yougoslavie, Rwanda), ennemi caché (théorie du complot : juifs, communistes), Mal absolu (extrémisme religieux), ennemi conceptuel, médiatique...Comment advient ce moment « anormal » où l'homme tue en toute bonne conscience ? Avec une finesse d'analyse et une force de conviction peu communes, Pierre Conesa explique de quelle manière se crée le rapport d'hostilité, comment la belligérance trouve ses racines dans des réalités, mais aussi dans des constructions idéologiques, des perceptions ou des incompréhensions. Car si certains ennemis sont bien réels, d´autres, analysés avec le recul du temps, se révèlent étonnamment artificiels.Quelle conséquence tirer de tout cela ? Si l´ennemi est une construction, pour le vaincre, il faut non pas le battre, mais le déconstruire. Il s'agit moins au final d'une affaire militaire que d'une cause politique. Moins d'une affaire de calibre que d'une question d'hommes.

  • Violence, radicalisation, déshumanisation... Qu'est-ce que la prison dit de notre société ? Cette enquête exceptionnelle menée dans quatre grandes prisons françaises - Fleury-Mérogis, Fresnes, Lille-Sequedin et Saint-Maur - dresse un état des lieux inédit et alarmant du milieu carcéral de notre pays. De la fouille à la promenade, du mitard à la salle de sport, le quotidien pénitentiaire est raconté par ceux qui le vivent. Petits délinquants, dangereux criminels, voyous radicalisés, " fous ", surveillants, médecins, directeurs d'établissements : à tous, l'auteur donne pour la première fois la parole. Aux problèmes récurrents de surpopulation, violence, trafics en tout genre et conditions de vie dégradantes, est venu s'ajouter celui de la radicalisation. Le sociologue montre comment la prison constitue un terreau fertile pour les apprentis djihadistes et un vivier de recrutement pour les plus radicalisés. Analysant avec finesse et rigueur cet univers habituellement inaccessible, il livre une réflexion plus que jamais nécessaire sur l'enfermement et ses conséquences psychiques et sociales.

  • L´émergence indienne, phénomène majeur des dernières décennies en Amérique latine, s´est effectuée par des voies pacifiques et a transformé l´image d´un continent encore trop souvent identifié avec les dictatures et les guérillas révolutionnaires. Les Indiens comptent parmi les rares acteurs à l´échelle mondiale qui combinent projet culturel, revendications sociales et aspirations démocratiques. Ils ont acquis une nouvelle visibilité dans tous les pays d´Amérique latine, qu´ils y représentent une part importante de la population (Équateur, Bolivie, Pérou, Guatemala, Mexique) ou qu´ils ne soient qu´une minorité plus ou moins significative (Colombie, Brésil, Nicaragua, Panamá ou Chili).
    Dans le nord de l´hémisphère, le combat de Martin Luther King pour les droits civiques vient de connaître un prolongement inespéré avec l´élection de Barack Obama. Au sud du Rio Grande, la longue marche indienne, discrète et fragmentée, se donne à voir dans des figures intermittentes (Rigoberta Menchú, les zapatistes, Evo Morales...). Les mouvements indiens contribuent à modifier l'image d'une Amérique qui n'est plus uniformément latine - l´hégémonie blanche n´est plus aussi assurée. Surtout, ils ébranlent un racisme qui ne dit pas son nom et permet à des millions d'Indiens de marcher la tête haute. « Nous autres Indiens, nous étions invisibles et il a fallu que nous nous couvrions le visage pour que l'on nous voie et que l'on nous entende », disent les zapatistes.

  • Heureux au travail ? Une enquête exceptionnelle dans le quotidien de l'entreprise.

    Le travail est-il un instrument d'aliénation ou de progrès ? Dans un contexte de crise permanente, dont les grands marqueurs sont le chômage de masse, la pénibilité et la perte de sens, le travail peut-il encore être une expérience heureuse ?
    Tandis que s'effacent les repères de l'ère industrielle (organisation " scientifique " de la production, poids politique de la classe ouvrière), Travailler au XXIe siècle donne la parole aux salariés et revisite le concept classique de reconnaissance. Comment le travail, au-delà de sa dimension lucrative, peut-il être source de prestige et de gratification personnelle ?
    Forts de trois ans d'enquête et d'entretiens avec des salariés, des syndicalistes et des cadres dirigeants, les auteurs explorent la réalité complexe du monde de l'entreprise aujourd'hui en France et montrent les vertus de la reconnaissance au travail.

  • Nos connaissances sur l'humain, sur la vie, sur l'univers, sont en pleine expansion. Elles sont aussi séparées et dispersées. Comment les relier ? Comment affronter des problèmes qui sont tout à la fois complexes, fondamentaux, intellectuels et vitaux ? Comment nous situer dans l'aventure de la vie et dans celle de l'univers, en tenant compte du fait que l'humain est intérieur à l'univers et que l'univers est intérieur à l'humain ? La réponse d'Edgar Morin, avec ce livre, est lumineuse d'intelligence et accessible à tous. L'auteur nous invite, à sa façon, à penser global, c'est-à-dire à considérer l'humanité dans sa nature " trinitaire ", puisque chacun est à la fois un individu, un être social et une partie de l'espèce humaine. L'humanité est emportée dans la course effrénée de la mondialisation : la réflexion d'Edgar Morin nous propose de scruter son avenir et son devenir sans céder aux facilités de l'air du temps ni aux injonctions de l'actualité.

  • Notre monde va très mal, va trop vite ? L'injustice et la violence règnent sans partage ? Pourtant, il n'y a aucune fatalité, ni naturelle ni divine, qui mène nécessairement au pire, au déficit de repères, à l'incapacité de nous projeter vers le futur. L'histoire est ce qu'en font les hommes !
    D'où l'importance qu'il y a à redonner aux valeurs universelles la place centrale qu'elles méritent, à embrasser dans un même mouvement de pensée la globalité du monde et la subjectivité individuelle. D'où la nécessité aussi de renouveler nos idées et nos concepts et de transformer la crise en débats et conflits producteurs de sens.
    Un éclairage stimulant sur la vie intellectuelle contemporaine, une pensée profonde tendue vers l'avenir.
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  • En Europe, le politique, c´était autrefois la révolution et les drames historiques ; aujourd´hui, c´est la gestion banale du quotidien. Les citoyens, désenchantés, s´en éloignent et ne participent plus à la vie publique de leur pays. Ébranlé, le politique est aujourd´hui sommé de se transformer. Il doit à la fois être au plus proche des citoyens et s´adapter aux nouveaux enjeux de la mondialisation. L´Europe semble être ainsi le lieu idéal pour la réconciliation des citoyens et du politique."L´Europe est cette partie du monde où, bien plus qu´ailleurs, il est possible d´envisager la formation d´une entité supranationale qui apporterait une réponse économique et sociale aux inquiétudes que suscite la globalisation, une réponse diplomatique et militaire face aux grands drames historiques du monde contemporain, une réponse humaniste aux défis que sont les manquements aux droits de l´Homme partout sur la planète."C´est en circulant constammentdu plus général, au plus précis, que des sociologues, historiens, intellectuels prestigieux venus de huit pays confrontent ici leurs points de vue sur la crise et la renaissance du politique.

  • Dimanche 7 mai 2017, 20 heures : Marine Le Pen est élue présidente de la République. Et après ? Durant les six mois qui suivent le séisme de l'élection présidentielle, Michael W. Squirrel, journaliste américain correspondant à Paris, écrit la chronique de la France et de l'Élysée à l'ère Le Pen. Le pays vit deux grandes premières puisqu'il s'agit de l'accession à la fonction suprême, tout à la fois d'une femme et de l'extrême droite. Les articles de Squirrel donnent à voir Marine Le Pen dès son premier discours, le soir de l'élection, et la soirée de la nouvelle présidente, alors même qu'on apprend que son père a été hospitalisé suite à un malaise cardiaque. Ses ministres ? Dupont-Aignan, Wauquiez, Zemmour... Une vie politique inédite se met en place, tandis que le paysage social et économique se dégrade. La violence rôde. Du journalisme comme on l'aime, hyper-documenté, jamais bavard, pas émotif, porté par un réel talent pour l'analyse et une exceptionnelle connaissance de la société française, de ses acteurs et de ses élites.

  • La bioéthique est d'abord une affaire d'hommes et de femmes, d'histoires singulières plutôt que de grands principes désincarnés.0300Vouloir un enfant alors que l´on est stérile, malade ou mourant, sauver la vie de celui que l´on aime au risque de perdre la sienne en donnant un organe, vouloir être un homme quand on est né femme ou l´inverse, sont autant d´épreuves de vie qui façonnent, au sens où elles détruisent et construisent à la fois, les individus qui les affrontent. La rencontre avec ces hommes et ces femmes, ainsi qu'avec les médecins qui les reçoivent, est au coeur de ce que l´on appelle l´éthique clinique.Le Centre d'éthique clinique, unique en France, a été créé par Véronique Fournier en 2002. Constitué de médecins, de philosophes, juristes et sociologues, le Centre ne travaille que sur des situations concrètes (contrairement au Comité consultatif national d'éthique) dont patients ou médecins le saisissent. Il ne s´agit plus de philosopher de haut ou de loin sur les questions éthiques que posent ces situations, mais d´accompagner dans leurs interrogations, doutes et malaises existentiels s´ils en ont, ceux qui les vivent, jusqu´à ce qu´un choix se fasse, que soit prise la moins mauvaise des décisions.À l'image de la démarche du Centre d'éthique clinique, le livre de Véronique Fournier est d'abord un vivier d'histoires vécues, de dilemmes, drames ou joies extrêmement intenses auxquels chacun de nous peut être un jour confronté. C'est aussi une plongée passionnante dans le concret de la médecine, au carrefour entre progrès scientifique et lutte pour la vie. C'est enfin la défense d'une médecine humaine et généreuse, qui privilégie l'individu plutôt que le collectif, le juste plutôt que le bien, la solidarité plutôt que l'égalité.0300La bioéthique est d´abord une affaire d´hommes et de femmes, d´histoires singulières plutôt que de grands principes désincarnés. Contrairement au Comité consultatif national d´éthique qui statue de haut et de loin, le Centre d'éthique clinique, créé en 2002 par Véronique Fournier à l´hôpital Cochin et constitué de médecins, philosophes, juristes et sociologues, ne travaille que sur des situations concrètes. Vouloir un enfant alors que l´on est stérile, malade ou mourant, sauver la vie de celui que l´on aime au risque de perdre la sienne en donnant un organe, désirer être un homme quand on est né femme ou l´inverse, sont autant d´épreuves de vie qui façonnent, au sens où elles détruisent et construisent à la fois les individus qui les affrontent. À l'image de la démarche du Centre, le livre de Véronique Fournier est un vivier d'histoires vécues, de dilemmes, drames ou joies extrêmement intenses auxquels chacun de nous peut être un jour confronté. C'est aussi une plongée passionnante dans le concret de la médecine, au carrefour entre progrès scientifique et lutte pour la vie.

  • Dans les années 1980, les banlieues françaises ne pouvaient être considérées comme des ghettos en raison de leur mixité sociale et de l´absence d´organisation propre. Aujourd´hui, la situation a beaucoup évolué : le renforcement de la ségrégation urbaine et de la discrimination raciale, l´accroissement considérable du chômage et la formation d´une organisation sociale spécifique aux quartiers ségrégés, marquée notamment par toute une " culture de la rue " portée par les " jeunes ", par la rupture de la communication entre les sexes et par l´usage endémique de la violence, autorisent désormais à parler de " ghetto ", notamment dans la mesure où le racisme y joue un rôle central. Le ghetto se construit aussi de l´intérieur. Il est un territoire urbain " à part " dans lequel la population a élaboré un mode de vie particulier, un " contre-monde " spécifique qui la protège collectivement de la société extérieure. Ces dernières années, et notamment depuis les émeutes de l´automne 2005, les quartiers populaires se sont refermés sur eux-mêmes. Leur organisation et leur ambiance sont devenues autoréférentielles, tournées vers l´intérieur de la cité, une économie souterraine et de trafics divers s´est développée, comme si tout un travail d´isolement était collectivement engagé.
    À la tête d´une large équipe de chercheurs, Didier Lapeyronnie a enquêté cinq ans sur le terrain. Il a interviewé plusieurs centaines de personnes afin de dégager le plus précisément possible la logique du ghetto et les vérités quotidiennes de ceux qui y vivent. Une enquête magistrale.

  • Tabou, terreur et destruction de masse : en matière d'armes biologiques, les États se sont toujours complus dans le mensonge et la désinformation. Le secret qui entoure ces armes non conventionnelles permet tout : l'éthique est bafouée au nom de l'efficacité, des expérimentations humaines sont réalisées sous couvert de raison d'État. Aujourd'hui et pour la première fois, un livre rassemble ces histoires à couper le souffle : des premiers pas de la recherche biologique française pendant la Première Guerre mondiale aux attaques à l'anthrax de 2001, du « cocktail diabolique » américain en pleine Guerre froide aux armes biolétales soviétiques, les récits deL'Histoire secrète des guerres biologiquesbrossent de notre siècle une fresque d'épouvante. Patrick Berche, microbiologiste, doyen de la faculté de médecine de Paris-Descartes, est le conseiller du ministre de la Défense pour le risque biologique. Qui mieux que lui pouvait nous dévoiler les arcanes de cette guerre secrète ?

  • Malgré une présence centenaire, les 450 000 Chinois de l´Hexagone - dont la moitié sont originaires de la province de Wenzhou - constituent une communauté largement inconnue. La population chinoise de France a explosé ces trente dernières années. Cet essor est si spectaculaire qu´il a fini par rendre visible une présence jusque-là discrète, en Seine-Saint-Denis (Aubervilliers), à Paris (3e, 11e, 13e et 19e arrondissements) comme dans nombre de villes françaises.
    Fourmilière souterraine et industrieuse, cet univers est marqué par le silence et l´opacité, au point de susciter l´indifférence, voire la suspicion. Du primo arrivant clandestin en situation de détresse aux familles qui exhibent les symboles de réussite, le livre explore toutes les strates sociales de la communauté. Le formidable témoignage de Liwen Dong, clandestin chinois, rend concrète cette immigration, les passeurs, les faux papiers, puis l´insertion dans la communauté parisienne, le contournement des dures lois migratoires et l´influence des groupements de commerçants et de l´ambassade de la République populaire.
    L´organisation sociale des Chinois de France est fascinante en effet car elle combine traditions millénaires et modernité marchande, coopération et compétition, stratégie locale et capitalisme global sauvage, patriarcat et émancipation féminine.
    Cette enquête exceptionnelle permetin finede mieux comprendre, dans un marché du travail mondialisé, le phénomène de globalisation par le bas, et de questionner la France sur son modèle d´intégration.

  • « Multiculturalisme », « discrimination positive », « statistiques ethniques », « populations issues de l´immigration », « Français de souche »... Dans un contexte fortement marqué par la globalisation et l'individualisme. Michel Wieviorka décrypte les enjeux que recouvre ce vocabulaire et bat en brèche un certain nombre d´idées reçues - relatives aux phénomènes migratoires, à l´intégration ou encore à l´islam - afin de jeter les bases d´un programme exigeant et ambitieux pour la prochaine gauche.Articuler logiques locales et supranationales, conjuguer respect des valeurs universelles et reconnaissance des particularismes, favoriser la diversité, le droit à la mobilité et le dialogue interculturel plutôt que le repli identitaire, permettre à chacun de se prendre en charge : parce que ce n´est pas seulement le monde réel qui est en mouvement mais aussi le monde théorique, Michel Wieviorka en appelle à repenser les catégories et les outils conceptuels susceptibles de l´analyser. Ce faisant, il exhorte la prochaine gauche - républicaine, européenne et réformatrice, solidaire, laïque et humaniste - à affirmer haut et fort les valeurs qui sont les siennes.

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