Arts et spectacles

  • L'essai Le corps souillé, d'Éric Falardeau, s'intéresse à deux genres cinématographiques souvent méprisés (le gore et la pornographie) et plus particulièrement à ce qui les unit : l'exhibitionnisme spectaculaire des fluides corporels, qui exprime selon lui un rapport trouble, voire haineux, au corps.
    Leur exposition, fétichisée par le gros plan, agit comme un révélateur de la relation ambiguë que le sujet, le spectateur ou son double cinématographique (les personnages auxquels il s'identifie ou non), entretient avec son enveloppe charnelle.
    Le corps souillé aborde différents enjeux (anthropologiques, sociologiques et psychologiques) à travers l'analyse de la représentation des fluides corporels. Objets de dégoût et de fascination, ils sont l'expression d'une angoisse existentielle que le gore et la pornographie nous obligent insidieusement à confronter.

  • Du modernisme des années 1960, en passant par le réalisme politique des années 1970, le postmodernisme des années 1980 et 1990, jusqu'aux premières décennies du cinéma du numérique, le cinéma de répertoire rayonne aussi dans les cinématographies nationales.
    Enrichi de tableaux récapitulatifs regroupant les films essentiels pour chaque période donnée, Le cinéma de répertoire et ses mises en scène propose une rétrospective historique d'un cinéma indépendant tantôt lumineux, tantôt désabusé, mais jamais à court d'inventivité.

  • Ce volume fait suite au Parcours de la musique baroque publié en 1995. Il est dans le même esprit. Destiné au mélomane profane, ce bref survol cherche à cerner ce qui, dans la musique classique au sens restreint, exerce un attrait sur le grand public. Seuls les grands maîtres viennois de la haute période (1750- 1820) sont ici examinés : Haydn, Mozart et Beethoven, laprès- Beethoven étant considéré comme le début de la période romantique. Louvrage contient un court résumé de la biographie de chacun des trois compositeurs suivi dune présentation succincte de lensemble de loeuvre.

  • « Ventre » le deuxième volet d'une trilogie théâtrale du comédien et dramaturge Steve Gagnon continue l'exploration de la séparation amoureuse amorcée avec « La montagne rouge (SANG) ». Elle et lui s'affrontent, s'entrechoquent et se déchirent avec leurs

  • Huit personnages vivent dans des cabanes autour d'un lac, au milieu d'une forêt, Des hommes, des femmes, qui ont des chenilles, des papillons, des peuples en migration dans les jambes et dans le ventre. Un matin, Élie, la femme marin, décide de partir sur un bateau ; Emma se prépare à mettre un oreiller sur le visage de ses fils ; Thomas se met à manger les oies de Louise : Louise passe ses nuits au milieu du lac, à hurler comme un loup. Ils font tout ça par ennui, pour provoquer quelqu'un ou te temps, pour lancer un appel, par besoin urgent que quelque chose se passe, enfin. C'est aussi et surtout une envie folle de bousculer les choses, de ne pas avoir peur de se tromper ou de s'égratigner et de ne pas se complaire dans un confort qui parfois nous prend à la gorge et nous donne la terrible sensation de passer à côté.

  • Ce roman met en scène la banlieue qui est l'image même de la cohérence avec ses bungalows, ses pelouses rasées de près, ses arbres émondés, ses cabanons, ses plates-bandes bien ordonnées. Derrière leurs haies bien taillées, les occupants s'épient, s'envient, se lient, se trompent. Bercés par les slogans publicitaires, ils attendent le bonheur promis.

  • Trois comédiennes, Julie, Kathleen et Geneviève, s'ouvrent le temps d'un cinq à sept où les tabous s'avalent aussi rapidement que les shooters. L'amour, le couple, le désir, la sexualité, les impératifs de performance, la morale sociale autour de l'utérus, les standards de beauté anxiogènes et l'insupportable pression qui comprime le corps dans un moule One size (must) fit all nourrissent les échanges de surface. Puis, l'ivresse aidant, les trois femmes plongent en des zones plus intimes, celles où sont enfouis les aspects inavouables de leur personnalité, leurs pulsions, leurs peurs, leurs angoisses et leurs drames, avant de regagner la surface et de trinquer de plus belle. Fanny Britt compose une partition syncopée rythmée par un langage cru et franc où la frontière entre la réalité et la fiction demeure volontairement floue. Cinq à sept est le deuxième volet d'une trilogie amorcée avec Ils étaient quatre, de Mathieu Gosselin et Mani Soleymanlou, et close par Huit, de Mani Soleymanlou.

  • La pièce met en scène la fin tragique des rêves d'étendues immenses et de liberté d'adolescents déçus par leur entourage. Frédéric, dans la vingtaine, attend la mort dans sa chambre d'hôpital. À son chevet défilent ses proches dévastés à qui il refuse de parler. Au coeur de sa fièvre émergent son frère d'âme, Wilson, et son amour de jeunesse, Odile, qui l'accompagnent jusqu'à sa fin qui prend des airs de tempête de sable.

  • Carl et Steven en arrachent ; pères à temps partiel, fils ou amoureux décevants, ils peinent à garder la tête hors de l'eau et à préserver un semblant de dignité. Pour survivre, ils feront des petits boulots pour Mario Vaillancourt, le propriétaire des Galeries du Boulevard. Mais Vaillancourt ratisse large et il ne donne pas seulement dans le commerce licite. Il exploite aussi des « sides lines » pour lesquels le recrutement se fait à la pièce. Idéalement auprès des plus vulnérables.
    On retrouve dans Pour réussir un poulet les personnages qui jalonnent l'univers de Fabien Cloutier. Des êtres dépassés qui, en tentant d'améliorer leur sort, ne peuvent faire autrement que de glisser dans le vortex de la déchéance. Si Fabien Cloutier réussit à nous faire rire, c'est pour mieux nous rappeler que les choses vont mal. De plus en plus mal.

  • Passionnée par l'oeuvre de Jean Leloup, Nadia Murray s'y est plongée pour observer comment se déploie le personnage Leloup, cette entité mouvante qui ne cesse de se transformer. C'est en se laissant porter par les textes, surtout, et par la mise en scène (vestimentaire, picturale, vidéo, etc.) de l'artiste qu'elle parvient à démontrer sans le moindre doute que Leloup mérite largement qu'une première étude sérieuse lui soit consacrée. Si l'apparente légèreté de l'homme et sa nonchalance publique peuvent faire écran de fumée, il est évident à la lecture de cet essai remarquable que ce ne sont que des illusions, véhiculées par un star-system qui n'a que faire des grands enjeux. La personnalité de l'artiste, ses éclats, ses fulgurances et ses errances ne sont plus ici des défauts, mais plutôt des facteurs déterminants dans une lecture précise et enthousiaste de sa contribution au monde culturel québécois.
    Les fans de Jean Leloup feront assurément le voyage en compagnie de Nadia Murray en se sentant compris, en savourant enfin le plaisir de voir l'artiste reconnu à sa juste valeur. Les lecteurs moins familiers avec l'oeuvre découvriront sans aucun doute un parolier inspiré, un homme cultivé, ouvert sur le monde, qui incarne un Québec en pleine mutation.

  • Destiné aux créateurs, aux professeurs de théâtre, d'arts plastiques, d'arts visuels ou vidéo et aux animateurs d'ateliers de création, le manuel Face à l'image se veut un outil de base pour faciliter l'intégration du son et de l'image. Il répond aux besoins de tous ceux et celles qui, peu importe leur domaine d'activité, souhaitent « parcourir le spectre des possibilités de l'écriture scénique ». Motivés par une longue collaboration ainsi que par des pratiques scéniques multidisciplinaires, les auteurs ont tenu par le biais de cet ouvrage à jeter des ponts entre les continents, l'Europe et l'Amérique, tout en demeurant conscients des différences inhérentes aux réalités culturelles. La richesse du résultat témoigne largement de l'universalité du langage visuel et souligne avec éloquence la pertinence d'une telle collaboration.

  • Le personnage des Étés souterrains est une femme, début cinquantaine, enseignante pragmatique, libre, qui aime les débats et questionner l'ordre établi. Elle agit sans rendre de comptes à personne... jusqu'à ce que la vie s'en mêle et vienne ébranler son corps et ses certitudes.

  • Martin Gignac et Jean-Marie Lanlo posent à six cinéastes représentatifs de la diversité du cinéma québécois actuel une même question : « Quel regard portez-vous sur le cinéma québécois ? » Érik Canuel, Catherine Martin, Charles-Olivier Michaud, Noël Mitrani, Kim Nguyen et Rafaël Ouellet s'expriment sincèrement et sans concessions sur un art et un milieu qu'ils connaissent parfaitement. Les discussions abordent plusieurs thèmes (forces, faiblesses, cinéphilie, formation, etc.) et montrent à quel point notre cinéma est plus complexe que ne le laissent croire les quelques échos qui filtrent dans les médias.
    Grâce à ces échanges vivants et francs, Martin Gignac et Jean-Marie Lanlo convient le lecteur à participer virtuellement au débat en lui donnant accès à des points de vue tour à tour complémentaires et contradictoires. Par-dessus tout, les auteurs espèrent que la lecture de leur ouvrage donnera envie au lecteur d'aller à la rencontre de films trop souvent désertés par le public.

  • Gilles Marsolais est l'un des critiques de cinéma les plus respectés au Québec. Il a rassemblé dans ce livre les critiques de près de 200 films du répertoire cinématographique des 25 dernières années. Chaque texte se termine par les renseignements « bibliographiques » d'usage : titre, lieu et année de réalisation, réalisateur, scénariste, photo, musique et interprètes, durée, etc.

  • Pièce de théâtre. Un an après le suicide de son amoureux, une jeune femme retourne sur la montagne où ils aimaient tant se retrouver, là même où il s'est enlevé la vie. Par la présence en scène du jeune homme, Steve Gagnon superpose deux époques : le moment présent du deuil si difficile et l'évocation des moments de bonheur commun, mais aussi du mal de vivre qui a conduit le jeune homme à la mort.

  • Entretiens avec Madeleine Arbour, Francine Simonin, Paul Lacroix, Jean-Pierre Morin, Michel Goulet, Françoise Sullivan, René Derouin et Marcel Barbeau, menés par Michel Bois et Alexandre Motulsky-Falardeau. Préface de John Porter.

  • À l'origine des Rencontres du Ciné-psy, cycle de causeries proposé aux cinéphiles par Marcel Gaumond, se trouve le rapport fonctionnel du cinéma et de la psychanalyse. Devant l'écran, nous rappelle Marcel Gaumond dans son introduction, nous pénétrons dans « un monde qui fait appel à l'imaginaire, aux ressources inventives et créatrices de la psyché humaine ». Or, le cinéma actuel semble refléter le « vide mythologique de l'âme occidentale contemporaine ». Tenant pour acquis que les diverses théories psychanalytiques ont besoin pour rendre compte de toute la complexité de l'être humain de l'éclairage des arts, de la littérature, de la philosophie et de l'ensemble des sciences humaines, Marcel Gaumond a invité des représentants d'une vingtaine de disciplines à commenter certains des films qui ont marqué les vingt dernières années. De La donation à La vie d'Adèle, de Ennemi à Deux jours, une nuit, de Molière à bicyclette au Prénom, le dialogue avec Soi et avec l'Autre nourrissent ces commentaires réunis pour souligner les vingt ans du Ciné-psy.

  • Roméo Urbain, premier magistrat de Mascouche, entre dans son salon en vociférant, blasphémant et vitupérant le pepeup'. L'ambitieuse Mercédès persuade son poltron de mari qu'ils peuvent voir grand et, avec l'aide du Chevalier Colon, dégommer l'inamovible potentat de Laval. Exit le maire Veilleux, assailli dans les toilettes du somptueux château Bouffard. À la cour de Roméo maire et de sa first lady défilent journaleux, mafieux, promoteux et entrepreneux. Le coffre-fort ne ferme plus, la sacoche déborde. Guillaume Lagarde pastiche la manière d'Alfred Jarry pour charger à coups de répliques bouffonnes la corruption érigée en système, le narcissisme des élus et l'indécente amnésie des citoyens. Le rire est aux premières loges : rire gras de l'appétit gargantuesque d'argent, de gloire et de pouvoir ; rire jaune de l'apathie généralisée, ressort d'un malaise universel. La descendance de Père et Mère Ubu est assurément prolifique.

  • La démocratie participative raffole de la télévision. Chacun peut y vivre son moment de gloire. Voyez Mike, ce héros canadien vivant dans l'Italie d'après-guerre. Une série télévisuelle le transforme en mercenaire fasciste à la conquête d'Addis-Abeba. Sa partenaire, Colombine, modeste artiste de rue, se métamorphose en pulpeuse Gina. Indispensable faire-valoir, Arlequin, l'amoureux éconduit, peut endosser tous les rôles de méchants. Televizione relève de la mystification, avec décors et acteurs jouant en trompe-l'oeil. Casting sauvage, héroïsme frauduleux, vedettes grotesques, talk-show guignol, scandale coup de poing, mort en direct : tous les artifices de la propagande médiatique sont dans la ligne de mire de Sébastien Dodge. Le dramaturge manie la satire sans la moindre retenue dans un réjouissant télescopage de burlesque et de commedia dell'arte.

  • Au cours d'un souper pour le moins cahotique, anciennes jalousies et ressentiment mal camouflé surgissent entre Christian et sa soeur Josée. Les souvenirs affleurent dans la maison familiale, acquise par Christian et sa femme Maude pour y accueillir la petite Chinoise qu'ils ont adoptée. Maude souhaite faire place nette, mais elle constatera en faisant la connaissance de Rémi, le nouvel amoureux de Josée, qu'on ne se débarrasse pas si aisément du passé. Révélations, malaises, fous rires se succèdent dans une comédie touchante où Isabelle Hubert dépeint les liens qui se tissent à l'intérieur d'une fratrie, entre le désir d'émancipation et le réconfort des rites familiaux.

  • Norge, c'est le récit d'un voyage vers les origines durant lequel Kevin tente de remplir les trous de son histoire familiale, de jeter une lumière sur les énigmes soulevées par la découverte du passeport de son aïeule, Herbjørg Hansen. Ses pérégrinations le feront marcher sur les pas de celle qui a quitté sa Norvège natale à l'âge de quatorze ans pour se construire une nouvelle vie de l'autre côté de l'océan. Elles seront aussi l'occasion pour lui de revenir sur sa propre migration, qui l'a conduit de Chicago à Québec.
    Avec un brin d'humour et une profonde sensibilité, entremêlant le français, l'anglais et le norvégien, Kevin McCoy jette des ponts - littéraires, artistiques et même géographiques - entre des cultures qui présentent de nombreuses affinités. Magnifique chant d'amour adressé à une mère, Norge est aussi l'invitation généreuse d'un artiste à nous mettre à l'écoute de nos propres résonances.

  • D'un acteur qui peine à apprendre par coeur le célèbre poème Speak White de Michèle Lalonde, Robert Lepage tire le prétexte à une remontée dans la mémoire : la sienne, du temps de son enfance passée au 887 de l'avenue Murray à Québec, et celle du Québec à l'époque de la crise d'Octobre et de la Nuit de la poésie. Dans ce spectacle solo, Robert Lepage fait naître le théâtre au point de rencontre des souvenirs personnels et de la mémoire collective.

  • Un photographe de guerre, une enseignante, un biologiste, une bénévole à S.O.S Suicide et un vendeur d'assurances cherchent des interstices de vie pour se relever après la catastrophe qui a fragmenté leur amitié et anéanti un avenir rêvé. Coincés dans cette souffrance refoulée, ils ne voient pas qu'un nouveau drame se prépare... Pour se sentir vivants, une bande d'ados se tiennent en déséquilibre sur le mince fil tendu au-dessus du vide, là où la vie et la mort, dans un face-à-face extrême, se toisent et se disputent les destins. Les personnages se croisent et s'affrontent, jusqu'au déchirement, tandis que leurs racines s'entremêlent et fusionnent sous la surface, afin de tenir bon dans la tempête.
    Avec Act of God, Marie-Josée Bastien et Michel Nadeau bâtissent une énigme en déstructurant la linéarité du temps. Les auteurs tissent des liens invisibles entre les personnages et mettent en lumière la force de la nature qui renaît après la catastrophe et les sources auxquelles l'humain puise le courage de redonner un sens à sa vie

  • Les femmes sont nombreuses à fréquenter les salles de cinéma ou les différentes formations préparant aux métiers du cinéma, mais elles sont pourtant encore rares à occuper les postes clés sur les plateaux de tournage.
    Céline Gobert et Jean-Marie Lanlo ont rencontré quelques praticiennes de notre cinématographie pour comprendre les raisons de cette faible représentativité. Leur choix s'est porté sur des réalisatrices d'horizons divers telles Chloé Robichaud (Sarah préfère la course), Sophie Deraspe (Le profil Amina), Isabelle Hayeur (La bête de foire), qui est également présidente de l'association Réalisatrices Équitables, ou Izabel Grondin (La table), qui prépare actuellement son premier long-métrage.
    Les deux critiques ont également convié à la réflexion Ségolène Roederer (directrice générale de Québec Cinéma), la directrice photo Jessica Lee Gagné (Boris sans Béatrice) et la productrice Nicole Robert (Québec-Montréal).
    Ces différents témoignages leur permettent de dresser un état des lieux du cinéma québécois au féminin, tout en donnant au lecteur des éléments lui permettant de saisir une réalité qui dépasse le seul milieu du cinéma pour toucher notre société dans son ensemble.

empty