• Paru en 1872, La Naissance de la tragédie est l'acte de naissance d'un philosophe convaincu que seule la confrontation avec ce qui nous est étranger nous donne accès à nous-mêmes.
    En interrogeant la genèse de la tragédie antique à partir des pulsions que sont l'apollinien et le dionysiaque, Nietzsche met en lumière le sens du pessimisme propre à la Grèce présocratique. Ce « pessimisme de la force », lucide quant au caractère douloureux de la vie humaine, n'exclut pas, mais au contraire renforce le désir d'exister. Par contraste, Nietzsche interroge également une autre forme de pessimisme : le nihilisme dont souffre l'Europe moderne, conséquence paradoxale du rationalisme socratique.
    La Naissance de la tragédie inaugure ainsi une forme de philosophie radicalement nouvelle : une philosophie qui, contre la rationalité triomphante, met au jour le fond pulsionnel de toute activité humaine, et qui s'attache à comparer et évaluer les cultures, en vue de mieux comprendre le présent et de transformer l'avenir.

  • Que penser de Cronos dévorant ses enfants ? D'Athéna sortie de la tête de Zeus ou de Persée décapitant la Méduse ? se demande d'emblée Walter F. Otto. L'invraisemblance de ces mythes tend à maintenir une distance avec ce qu'ils entendent illustrer. Pourtant, le mythe est constitutif de notre être, il gît dans l'ombre quand la raison se déploie dans la lumière, comme le jour cède à la nuit. Il est aussi un garant de la poésie. Que l'on songe à Dante, Homère ou Goethe. Dynamique, le mythe apparaît créateur et appelle l'action. Avec passion, Otto révèle son essence et, par là, nous invite à comprendre ce qui, fondamentalement, nous anime, voire nous enthousiasme, au sens propre.

    Le philosophe et historien des religions Walter Friedrich Otto (1874-1958) est l'auteur de deux chefs-d'oeuvre, Les Dieux de la Grèce (1929) et Dionysos, le mythe et le culte (1933). Aux côtés de Karl Reinhardt, il est l'une des grandes figures de la philologie allemande. Son approche originale du paganisme et des mythes a permis de renouveler la connaissance de la civilisation grecque.

  • Chantés dans les fêtes en l'honneur des dieux ou lors des banquets, entendus sur les gradins du théâtre ou sur l'agora, contemplés sur les murs des temples et sur les vases à boire, les mythes font partie du quotidien des Grecs. Zeus et les divinités de l'Olympe, Prométhée, Héraclès, OEdipe, Thésée, Hélène, Pandora, Ulysse, en sont quelques figures marquantes. Les récits mythiques, qu'ils soient connus par les textes ou par les images, participent ainsi à la construction de domaines aussi variés de l'expérience grecque que le panthéon polythéiste, les codes alimentaires, les rapports entre les sexes, le regard sur les âges de la vie et sur la mort ou l'histoire des communautés.
    La richesse et le foisonnement des mythes sont suggérés ici dans un choix de thèmes qui peuvent répondre en-core aux questions d'aujourd'hui. Car la mythologie grecque est un univers qui, au-delà du plaisir que procure la découverte d'histoires fascinantes, permet d'entrer pas à pas dans le dédale d'une culture.

  • Les sanguines

    Pepin Elsa

    • Alto
    • 23 Février 2016

    Tout sépare les soeurs Becker.

    Sarah est l'introvertie, celle qui fait tache dans le portrait de famille, celle qui aime mal et qui, malgré son talent de peintre, se contente de copier les autres. Séductrice, amoureuse et mère de deux filles, Avril est l'étoile dansante du printemps attaquée par une tempête d'hiver. L'annonce d'un cancer rare bousculera leur fragile relation et pourrait aussi bien les réunir que les éloigner à jamais. Car si les coeurs battent parfois à l'unisson, il arrive que les sangs s'entêtent à suivre des courants contraires.

    Entrelaçant ce récit d'une femme qui doute de tout à des chapitres choisis d'une Histoire du sang rédigée par un malade certain de mourir seul, Elsa Pépin livre une réflexion sensible sur le sacrifice d'illustres oubliés au nom de la science, comme sur celui qu'on accepte au nom de ceux qu'on aime. Premier roman au ton juste et singulier, Les sanguines offre une illustration du mystérieux pouvoir du don de soi, et de la vie qui persiste au-delà de la mort.

  • Pâris, le choix des autres est l'histoire de Pâris, héros célèbre de la guerre de Troie, ainsi que de son entourage. Hécube, sa mère, rêve que cet enfant sera la chute de Troie. Abandonné par le roi Priam dans la montagne, le bébé est recueilli par le berger Agélaos. Mais son destin prend un virage exceptionnel lorsqu'il est choisi par les Dieux pour décider quelle déesse sera la plus belle et méritera la Pomme de la Discorde.
    C'est ainsi que Pâris découvrira la vérité sur son origine royale, qu'il obtiendra l'amour de la belle Hélène, mais déclenchera par la même occasion la célèbre guerre de Troie...

    Ce drame classique quoique moderne pose une question bien difficile : les choix des hommes sont-ils dictés par les dieux ou le destin ? Ou bien est-ce que les hommes sont libres, et rejettent donc leurs erreurs sur les autres, et les dieux en particulier ? Qui est vraiment responsable de nos choix, et par-delà, des conséquences sur l'Histoire ?

  • À l'époque hellénistique, la panégyrie des Hyakinthies célèbre le renouveau de l'année chez les Spartiates depuis l'époque archaïque (800 avant notre ère) et, à ce titre, une série de rites ont cours pendant deux jours : processions, sacrifices et repas. Honorant à la fois Hyacinthe, héros spartiate, et Apollon, les rites sont diamétralement opposés. Les Hyakinthies et leurs rites permettent d'approcher une société spartiate très différente de ce que nous en livrent les auteurs de l'époque hellénistique et les hommes de lettres postérieurs. Mais jusqu'à quel point cette puissance et cette austérité spartiate qui faisait la réputation de la cité sont-elles devenues un « mirage spartiate » ? C'est grâce à un travail méticuleux sur les sources et une réflexion se démarquant des images d'Épinal qu'Aude Prieur définit ici la panégyrie de l'époque hellénistique et ses rapports avec l'organisation de la cité, avant de livrer une étude sociale du banquet des Hyakinthies et de dévoiler les réalités de Sparte à l'époque hellénistique par le témoignage de la panégyrie. Riche et pertinente, mais sans prétendre avoir clôt un sujet peu abordé, son analyse permet de replacer correctement Sparte dans cette époque : malgré quelques rares spécificités héritées de son passé, on y découvre une cité grecque ouverte au reste de la Grèce, en pleine uniformisation.

  • Corpus Sexis
    Longtemps sous le manteau, ce recueil de textes érotiques est enfin diffusé auprès d'un large public. "Sulfureux", "envoûtant", "haletant"... : les qualificatifs donnés par les lecteurs l'ayant eu sous les yeux ne manquent pas. Sous forme de journal, les expériences d'un jeune homme asservi à la beauté des femmes se succèdent sans jamais lasser. Séductrices, entreprenantes, ses amantes ne sont pas des potiches sans personnalité. Au contraire, les textes sont un vibrant hommage à la puissance et aux charmes du sexe féminin. Profondément licencieux et amoral, sans jamais être vulgaire ou grossier, Camille Eelen s'inscrit dans la tradition des grands écrivains érotiques qui ne cèdent pas à la facilité du sujet pour négliger la langue. Déjà connu avant même d'être diffusé, ce recueil se place déjà dans les classiques du genre.
    Camille Eelen
    La musique à droite et la littérature à gauche. Au centre, appréciant la situation, Camille Eelen trône et écrit. Son ambition : travailler au corps votre désir. Son arme : une plume plongée dans l'encrier de la sensualité. Hors de question de vous laisser respirer : vous devez hâleter. Un style torride et ensorcelant... L'érotisme exacerbé par des mots colorés... C'est l'imaginaire enflammé que vous cesserez la lecture de ses textes. Bonne dégustation.

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