• La danse du vilain

    Fiston Mwanza Mujila

    Entre trafic de pierres précieuses et boîtes de nuit frénétiques, entre l'Angola en pleine guerre civile et un Zaïre au bord de l'explosion, une exploration de la débrouille.

    Toute la vitalité et le charme de Tram 83 reviennent en force avec la langue inimitable de Fiston Mwanza Mujila.
    Sanza, exaspéré par la vie familiale, quitte ses parents et rejoint le Parvis de la Poste, où vivent d'autres gamins de la rue. Commence la dolce vita, larcins petits et grands, ciné avec Ngungi l'enfant-sorcier et voyages en avion vers l'infra-monde...
    Mais les bagarres et les séances de colle finissent par le mettre vraiment sur la paille et l'obligent à céder au mystérieux Monsieur Guillaume et à sa police secrète. Lubumbashi est en plein chaos, on conspire dans tous les coins, on prend des trains pour nulle part, on se précipite dans l'Angola en guerre pour aller traquer le diamant sous la protection de la Madone des mines de Cafunfu, un écrivain autrichien se balade avec une valise pleine de phrases, le Congo devient Zaïre et le jeune Molakisi archevêque.
    Mais la nuit, tous se retrouvent au « Mambo de la fête », là se croisent tous ceux qui aiment boire et danser ou veulent montrer leur réussite et leur richesse. Là on se lance à corps perdu dans la Danse du Vilain.
    On retrouve avec bonheur le punch poétique et l'univers échevelé de Fiston Mwanza Mujila, son humour tendre, ses personnages retors, son bazar urbain, on part s'encanailler dans la joie.
    À propos de Tram 83 :
    « Une formidable démonstration de la puissance de la littérature. » - Michel Abescat, Télérama
    « Un premier roman d'une beauté époustouflante et poétique. » - Valérie Marin La Meslée, Le Point

  • Quarante ans plus tard, le roman de Blaise Ndala revisite le « combat du siècle » entre Mohamed Ali et George Foreman en 1974 au Zaïre. Plus qu'un récit sur la boxe, c'est l'histoire de l'Afrique au lendemain de la décolonisation. Dans un style vif et incisif, l'auteur nous montre l'envers du décor d'un combat mémorable.La musique, la poésie et la magie servent à nous faire découvrir les Africains sous un jour étourdissant. Ils sont drôles, élégants, pugnaces. Tout y est : les relations campagne-ville, la dictature, la folie des grandeurs, les classes sociales, les croyances diverses, ce qui donne un caractère universel à l'oeuvre.

  • Aztechs

    Lucius Shepard

    En six longs récits : le meilleur des plus récents textes de Lucius Shepard.Depuis la fosse du « Ground Zero » après le 11 septembre... Au sein d'un Mexique futuriste ultra violent où les I. A. se font la guerre par maffias interposées pour la régence mondiale... Du coeur de l'Afrique noire et ses magies mortelles après la chute de Mobutu... Dans la folie des nuits moscovites, au sein du terrifiant royaume d'un nouveau Keyzer Söze bâti sur les ruines de l'ex URSS...En six récits exemplaires, autant de peintures d'une humanité en quête d'elle-même, six voyages âpres, violents mais ô combien touchants, Aztechs nous parle d'aujourd'hui et des demains possibles, de nous, de ce que nous sommes et ce que nous deviendrons.

  • Pauline, tutsie, a treize ans lorsqu'éclate, en 1994, le génocide rwandais.

    Le pays s'embrase. Partout, les Tutsis sont pourchassés et assassinés. Pour avoir des chances d'échapper aux tueurs, la famille de Pauline décide de se disperser. Avant de se séparer, la mère prend sa fille à part et lui recommande de se faire passer pour Hutue : elle est trop jeune pour posséder une carte d'identité ethnique et son physique est peu identifiable. L'artifice fonctionnera à plusieurs reprises. Pendant trois mois, Pauline, perdue au coeur de la barbarie, sera témoin de massacres inouïs, mais elle parviendra à échapper à ses bourreaux.

    La guerre s'achève sur la mort de plus de 800 000 Tutsis. Un calme précaire revient. Pauline retrouve son père et, après un exil forcé au Zaïre, retourne dans son village natal. Quant à sa mère, ses frères et ses soeurs, personne ne sait ce qu'ils sont devenus.

    Pauline ne perd pas l'espoir de les retrouver vivants, mais en même temps, elle veut reprendre pied dans la vie : oublier le génocide et s'en sortir... Elle se plonge à corps perdu dans ses études, et elle les réussit brillamment. Mais cela ne suffit pas pour se libérer de sa condition misérable dans un Rwanda ravagé.

    Elle veut aller vivre en Occident. Elle renoue alors avec son mensonge : puisque la France a soutenu les Hutus, elle demandera, en tant que Hutue, l'asile politique à l'administration française. Et elle y parvient.

    Mais que sont devenus les siens ? Le temps passe. Un soir, son père l'appelle et lui annonce la terrible réalité : il a retrouvé les restes des membres de la famille assassinés. Il s'agit maintenant de leur offrir des funérailles, mais en tant que réfugiée politique, Pauline ne peut pas rentrer au pays. Elle entreprend alors un nouveau combat pour obtenir la naturalisation française qui lui permettra de retourner au Rwanda enterrer les siens dans la dignité.

    Ce témoignage qui nous plonge au coeur de l'horreur est en même temps une bouleversante leçon de vie.

    Cet ouvrage a été écrit en collaboration avec Patrick May, coauteur du livre de Yolande Mukagasana, La Mort ne veut pas de moi.

  • Alors que l'on commémore le quarantième anniversaire de la bataille de Kolwezi, Jean Dusausoy nous livre ici un témoignage précieux, celui d'un homme, expatrié à Kolwezi dans les années 1970 pour travailler, en tant que technicien, dans les mines du Haut-Katanga.
    Dans ce livre, l'auteur nous plonge dans la vie quotidienne d'un Belge parti vivre au Zaïre. Il évoque le travail à la mine, la diffi culté d'être loin de ses proches, presque « coupé du monde », la douceur du climat et les paysages époustouflants ou encore les rencontres humaines et les relations avec les travailleurs.
    Puis, au fil du temps, la situation sécuritaire se dégrade et, en 1977, la première guerre du Shaba éclate. En mai 1978, le Front national de libération du Congo (FNLC) s'empare de Kolwezi. Après sept jours de bataille, l'agresseur sera repoussé par le 2e régiment étranger de parachutistes.
    2250 citoyens européens seront alors évacués vers la Belgique, mais on estime que le FNLC massacra 80 Européens et 200 Africains. Jean Dusausoy, lui, avait déjà quitté Kolwezi.

  • La vie, chez les Komo, est conçue comme un écoulement progressif qui, suivant le cours du soleil et celui des rivières de leur territoire, va d'est en ouest et d'amont en aval, et c'est en termes d'ouverture et de fermeture que l'on rend ce qui favorise ou empêche ce mouvement. Tout problème vital est élargi à ces dimensions cosmologiques, mais ne pourra être traité, la vie s'écoulant nécessairement vers la mort, que moyennant une mort sacrificielle qui permettra à la vie de revenir à sa source. Ce renversement dont les ancêtres, origine de la vie, garantissent la possibilité ontologique, est rendu possible, sur le plan logique, grâce à l'emploi successif des couleurs blanche et rouge. Celles-ci assurent la transposition métaphorique entre les diverses oppositions cosmologiques et permettent leur application métonymique aux personnes à traiter. Le rituel initiatique de la circoncision met cette vision du monde en oeuvre d'une façon exceptionnellement riche et complexe, intégrant dans le jeu de ses propres significations, et selon des procédés fort divers, toute la symbolique culturelle. Dans cette mise en oeuvre les principales différenciations sociales sont également données à voir d'une manière privilégiée, du fait de l'intégration de leurs significations dans celles de l'ensemble rituel. Dès lors, le rituel lui-mème est à voir comme une relecture thématique, totalisante et unifiante de la culture dans ses rapports avec les événements concrets de la vie. Bien que construit à partir d'un système de significations qui le déborde, il crée lui-même son signifié et même l'objet de ses activités. Ce dernier n'est donc pas à chercher dans quelque réalité sociale préexistante.

  • Résumé : Elles se prénomment Christiane, Anne, Elise, Geneviève, Denise ou encore Pascale. Leur point commun ? Le Congo. Certaines étaient hôtesses de l'air, d'autres avaient rejoint les ordres ou suivi leur mari. Elles vivaient tantôt au plus profond de la brousse, sans eau ni électricité, tantôt en ville, côtoyant le peuple congolais.
    Dans Une jeunesse au Congo, Dominique De Mets porte la voix de ces femmes dont le rôle, au sein de notre histoire coloniale, était tombé dans l'oubli. Les histoires que vous découvrirez se sont principalement déroulées entre 1950 et 1960. Durant cette décennie, toutes y ont vécu une vie riche et trépidante. L'Afrique et l'inconnu en toile de fond, loin de tous ceux qu'elles connaissaient et aimaient, ces femmes entamaient leur vie d'adulte.
    Ces témoignages nous convient à un passionnant voyage dans le temps, jalonné de souvenirs émouvants et d'anecdotes désarmantes, de joies et de difficultés partagées.
    Auteurs : Quand Dominique De Mets repense à son enfance, elle se souvient des récits que son oncle et sa tante lui faisaient du Congo. Tous deux avaient en effet vécu à Léopoldville, Élisabethville ou encore Matadi. Le « microbe du Congo » n'allait plus jamais la quitter.

  • Après qu'il eut commis ces deux forfaits, l'inconnu aux cheveux blonds se mit à fouiller de fond en comble l'appartement dans lequel venait de se dérouler la double scène macabre. N'ayant pas découvert ce qu'il cherchait désespérément, il déserta à regret les lieux, prenant néanmoins le soin de tirer la porte derrière lui. Pourquoi ces deux meurtres sous le toit de Roger Dercky ? Pourquoi cette tuerie, dans son appartement, en son absence ? Était-ce une façon délibérée de lui créer des ennuis ? S'était-il agi d'un acte prémédité ? Voulait-on mettre ces deux crimes sur son dos ? Qui était le meurtrier ? Le ressortissant zaïrois se mit de nouveau à la recherche d'éventuels indices. À quoi diantre serviraient-ils, si leur absence renforçait l'esprit de sa conviction initiale ? La seule manière pour Roger Dercky de mettre vraiment à l'épreuve son mental fut de mesurer sa capacité à supporter l'accumulation des questions sans l'ombre d'une réponse. Dans cet ouvrage, en plus d'une époustouflante enquête policière, l'auteur ouvre une perspective à travers laquelle le lecteur pourra voir les âmes parcourir l'au-delà dans l'optique de baguenauder avec les entités célestes et les esprits de l'Enfer...

  • Certes, le renard est un animal très rusé. Pour mener à bien l'expédition que le Quai d'Orsay envisageait sur le sol zaïrois, il fallait un chasseur expérimenté. De plus, il n'était nullement question de s'introduire dans un poulailler, mais d'opérer dans la jungle africaine. Il s'agissait plutôt de la chasse au léopard. Ainsi fallait-il recourir aux services d'un spécialiste de l'enlèvement dans le but de capturer le maréchal Mobutu vivant et de l'exfiltrer vers la France. Il devait neutraliser le léopard dès la première tentative, au risque de s'exposer aux pires représailles de la part de ses zélateurs. L'opération que s'apprêtait à mettre en place la France comportait, à n'en pas douter, beaucoup de risques.

  • Pourquoi cherchait-il à rendre justice lui-même ? Cette triste affaire ne concernait que le département des affaires criminelles de la police congolaise. Pourquoi un Zaïrois devait-il s'occuper de l'investigation relative au meurtre d'un ministre d'un pays qui n'était même pas le sien ? La famille de la victime n'avait-elle pas confiance aux autorités policières nationales ? La justice congolaise était-elle partiale, donc partisane ? Pourquoi Roger Dercky devait-il entreprendre une opération périlleuse, au risque de braver quelques intouchables du régime local ? Agirait-il avec une intrépidité ingénieuse pour ranimer la rage de vaincre qui l'habitait ? Avait-il besoin de l'exaltation que le jeu procurait passionnément en lui : à savoir le divertissement ? Dans la vie quotidienne, ce détective privé ne s'amusait pas pour le bonheur de l'ennemi ou de l'adversaire.
    L'enveloppe vide, que la réceptionniste du luxueux hôtel situé à la corniche de Bacongo venait de remettre au détective privé, le conforta dans sa vision. Par conséquent, le Zaïrois sortit le revolver dissimulé sous sa veste : un Colt Detective Special. Il ouvrit donc la porte, se pointa tout de suite dans la première pièce et vit un individu emmitouflé dans un trench-coat. L'investigateur pointa l'arme à feu en direction du visiteur inattendu.
    - Vous avez des manières inhabituelles de rentrer chez vous...
    - Qui êtes-vous ? questionna derechef le citoyen zaïrois.
    - Je suis Moukila André, inspecteur de la police nationale congolaise.

  • Les séides du maréchal Mobutu Sese Seko placèrent la chambre occupée par maître Patrick de Lavigerie, l'avocat porté disparu que le détective devait retrouver, sous très haute surveillance. Les instructions furent données au directeur de l'hôtel Intercontinental de signaler la présence de tout ressortissant français qui y descendrait à l'avenir. Le responsable du complexe hôtelier perdrait son emploi, voire sa vie, au cas où il ne se conformerait pas aux directives et aux exigences d'agents des services de renseignements. Le détective était, dorénavant, dans l'oeil du léopard. Au Zaïre du maréchal Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Waza Banga, surnommé le grand léopard, on ne badinait pas du tout avec ce qui touchait à la présidence de la République. Tout le monde, y compris les politiciens, était sous la botte de la Division spéciale présidentielle, de l'Agence nationale de documentation et du Centre national de recherches et d'investigations.

  • La trilogie des Grands Lacs est un ensemble de trois ouvrages relatifs aux investigations du détective privé Cicéron Boku Ngoi dans deux pays d'Afrique, plus précisément la République du Zaïre, de nos jours la République Démocratique du Congo, ainsi que le Rwanda. Ces enquêtes - à savoir Dans l'oeil du léopard, La chasse au léopard et Au pays des mille collines - sont donc connectées et peuvent être considérées comme une oeuvre unique ou bien comme trois oeuvres distinctes. Sans conteste, au-delà de l'aspect imaginaire soutenant la trame de différentes investigations de Cicéron Boku Ngoi dans ces deux pays, le lecteur éveillé peut aisément percevoir la géopolitique en cours en Afrique centrale et dans la région des Grands Lacs africains. Ainsi la stratégie interplanétaire se développe-t-elle en Afrique, au détriment des autochtones, dans l'optique - surtout pour les Occidentaux, la Russie et la Chine - de s'imposer comme la puissance militaire et économique du vingt-et-unième siècle.

  • Michael est spécialiste des reptiles. Ce qui tombe bien : un de ses anciens amis a besoin de ses compétences en République Démocratique du Congo. Là-bas, cinq personnes sont accusées d'avoir tué et dévoré des douzaines d'hommes. Si quatre nient en bloc, le cinquième revendique ses crimes et prétend même les avoir perpétrés sous la forme d'un monstre, mi-humain, mi-crocodile... Un sorcier de pacotille ? Son témoignage est des plus convaincants.

  • Parce qu'il ressent intensément une vocation militaire, un esprit patriotique, un dévouement total pour son pays zaïrois, le jeune René croit déjà connaître sa destinée : il servira son président. Il est exemplaire, René. Très vite haut placé dans l'armée, il acquiert une renommée nationale, se marie, a un premier enfant... Tout lui sourit, jusqu'à ce que le président lui confie la tâche d'éradiquer la rébellion née loin de Kinshasa, loin de sa famille, de son amour... Il n'a pas le choix, l'appel du devoir est le plus fort. Mais la guerre a ce pouvoir d'ébranler les certitudes, même les plus profondes. C'est au coeur d'une vie d'homme, de militaire, de mari, de père, d'amant que Wilfried Mushagalusa nous transporte, avec tous les choix et obstacles que cela implique.

  • Cet essai propose une relecture de la transition démocratique du Congo à travers différentes histoires, anecdotes, faits et personnages ayant tous joué un rôle dans cette aventure, tout cela avec une liberté de ton et de forme étonnante. L'auteur, par une prise de parole courageuse dans un pays encore marqué par un lourd passé dictatorial, a le mérite de recenser toutes les anomalies du système et de proposer les solutions qu'il pense appropriées.

  • Majivu

    Gilbert Naiken

    "Majivu" est une suite de courts récits qui restituent les époques de la vie congolaise de l'auteur. Après l'insouciance d'une enfance passée en pleine brousse et l'enchantement d'un pays radieux, viennent les premières contingences de l'internat, des primaires sous une poigne de fer, des humanités heureusement plus humaines, autant de photographies vécues avec humour et qui ne diffèrent pas beaucoup sous les tropiques. Puis le ciel se charge et apparaissent les dures réalités d'une vie professionnelle dans un pays qui bascule. L'aventure porteuse d'espoir avait bien commencé, hélas, elle tourne court. Le rêve africain s'éteint ; autant de regret et de nostalgie tout en retenue qu'explique le titre en swahili.

  • "Un matin à Nizi", c'est un retour aux sources de l'enfance, un voyage où le présent et le passé se côtoient, un pèlerinage vers des lieux que seule la mémoire peut reconnaître en remontant dans le temps et l'espace. Au fil des étapes, des souvenirs que rien n'est venu altérer ressurgissent, des voix à peine éteintes se font entendre, des paysages immuables réapparaissent dans un présent incertain.

empty