• Un jour, Boratine, un jeune chanteur de blues vivant à Istanbul, se réveille à l'hôpital partiellement amnésique : il ne sait plus qui il est ni d'où il vient. On lui dit qu'il a miraculeusement survécu à sa tentative de suicide. Mais pourquoi aurait-il tenté d'en finir en sautant d'un pont sur le Bosphore? Boratine est beau, talentueux, populaire. Ses amis l'aiment, les femmes aussi. Revenu dans son appartement, il tente de reprendre le cours de sa vie, de raviver sa mémoire au contact d'objets du quotidien, de visages connus, de miroirs. S'il a oublié tout ce qui concerne son identité, il n'a pas perdu l'usage des mots, la maîtrise de plusieurs langues. Il reconnaît même en cette figurine, dans son salon, la vierge Marie et son enfant Jésus. Incapable toutefois de les replacer dans le temps, il ne saurait dire s'ils ont vécu il y a quelques années ou bien des millénaires. Flâneur des labyrinthes de la mémoire, il erre aussi au hasard des chemins de la ville, cette Istanbul qu'il redécouvre sous un jour nouveau.
    Dans une prose fluide et poétique, Burhan Snmez raconte les pérégrinations de son héros, sa quête identitaire, et leur confère une profondeur existentielle. Qu'est-ce qui nous détermine? Perdre la mémoire, est-ce perdre son identité? Est-ce plus libérateur pour l'homme et pour une société de connaître son passé ou bien de s'en défaire?

  • Les couleurs d'Istanbul se démultiplient à mesure que la brume se dissipe ses murailles, ses tours et ses coupoles. Un châle rouge, une
    paire de boucles d'oreilles, la montre de Serafet Bey, la boutique de Kamo le Barbier deviennent source de mille récits.
    Recroquevillés dans une cellule étroite, trois niveaux sous terre, quatre hommes se racontent des histoires. Pendant qu'ils attendent que la porte de fer s'ouvre et que les gardes viennent les chercher, ils narrent leurs destins, confient leurs amours et rient aux éclats. En rêvant la liberté, ils conjurent l'avenir. En imaginant l'allégresse, ils dessinent le présent et le passé, le sous-sol et le ciel d'une Istanbul éternelle.
    Burhan Snmez évoque ici l'universel face à une réalité accablante. Il conte une ville qui évolue dans l'orbite de la douleur mais malgré tout espère.

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