• L'essai Le corps souillé, d'Éric Falardeau, s'intéresse à deux genres cinématographiques souvent méprisés (le gore et la pornographie) et plus particulièrement à ce qui les unit : l'exhibitionnisme spectaculaire des fluides corporels, qui exprime selon lui un rapport trouble, voire haineux, au corps.
    Leur exposition, fétichisée par le gros plan, agit comme un révélateur de la relation ambiguë que le sujet, le spectateur ou son double cinématographique (les personnages auxquels il s'identifie ou non), entretient avec son enveloppe charnelle.
    Le corps souillé aborde différents enjeux (anthropologiques, sociologiques et psychologiques) à travers l'analyse de la représentation des fluides corporels. Objets de dégoût et de fascination, ils sont l'expression d'une angoisse existentielle que le gore et la pornographie nous obligent insidieusement à confronter.

  • L'industrie québécoise des effets spéciaux est une source de fierté et un fer de lance de notre économie. De nombreuses productions étrangères sont attirées chaque année au Québec, autant par la polyvalence de nos studios que par la remarquable ingéniosité de nos techniciens. Régulièrement les médias évoquent la participation de firmes en effets numériques locales aux blockbusters fraîchement en salle. D'ailleurs, le Québec est dans le top cinq mondial de la création d'effets visuels. Bref, notre talent dans le domaine est reconnu à travers le monde. Mais d'où vient ce savoir-faire ?
    Cet ouvrage lève le voile sur un univers singulier, riche et atypique peuplé d'artistes passionnés et inventifs qui repoussent les limites de l'imagination et du divertissement. Des maquillages rudimentaires de La petite Aurore, l'enfant martyre aux décors futuristes d'Avatar, en passant par les dinosaures numériques de Jurassic Park et les peintures sur verre de Dans le ventre du Dragon, l'histoire des effets spéciaux au Québec est d'abord et avant tout celle de nos créateurs. Il est temps d'honorer la contribution inestimable de ces magiciens de l'image injustement ignorés qui, dans l'ombre, ont eux aussi façonné la télévision et le cinéma québécois... un effet spécial à la fois !

  • Le numéro du printemps de Cap-aux-Diamants est un hommage à l'illustrateur Francis Back, décédé l'automne dernier, dont les thèmes fétiches étaient l'histoire de l'Amérique et de ses peuples français, autochtones et métis. En introduction du numéro, Yves Beauregard, historien et directeur de la revue, souligne à juste titre la précieuse collaboration et l'amitié qui l'unissait à Francis Back, auteur de plusieurs articles et illustrateur de plus d'une couverture de Cap-aux-Diamants. D'ailleurs, c'est son illustration Les Montréalistes qui orne la une de ce numéro dans lequel vous pourrez lire sur sa carrière sous la plume d'Éric Major, et sur son apport à l'histoire militaire sous celle de René Chartrand et Luce Vermette. D'autres textes traitent de façon plus large du travail de caricaturistes et d'illustrateurs ayant précédé Back. Il est entre autres question de la place de la femme dans la bande dessinée et des dessins d'Albéric Bourgeois durant la Deuxième Guerre mondiale.

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