• Dans une grande maison bourgeoise des Flandres françaises, vivent deux enfants, Christophe et Clara. Ils ne sont pas jumeaux, mais tout comme. Christophe peint pour lui-même et pour Clara, en construisant un espace magique au sein duquel il n'y a ni vieillissement ni péché.
    Et les lecteurs de ce roman de feu resteront à jamais hantés par la fresque que Christophe avait peinte dans l'escalier de la tour, La tristesse du Cerf-Volant: de petits bonhommes essayant d'attraper la ficelle d'un cerf-volant invisible qui, peut-être, n'existe pas.
    Fresque inachevée jusqu'aux derniers jours du peintre. Fresque jamais déchiffrée. Danse macabre? Danse de joie? L'étoile au bout du chemin est-elle salut ou maléfice?

    Comme un incendie mal éteint, les flammes reprendront sous des formes diverses sur trois générations, dans cette famille dévastée par l'irruption de l'art, de la passion, de Dieu même.
    Françoise Mallet-Joris, incisant la poche des songes et des fantasmagories flamandes qui l'habitent, nous raconte cette histoire en un réalisme éclaté et, plus intense que jamais, a su atteindre au mythe.

  • Les aventures qui nous sont contées dans ce livre troublant appartiennent à l'Histoire.

    On rencontrera ici une orpheline de douze ans, Anne, qu'on élève par charité dans un couvent, avant de la placer chez une personne singulière. Pieuse avec passion, la petite découvre peu à peu que l'extase n'est pas son lot. Pour forcer l'inconnu, elle suit ses maîtres dont les agissements la mèneront, droit au sabbat, au grand jeu de l'enfer et des maléfices.

    Élisabeth, elle aussi, est élevée dans la piété la plus rigoureuse. C'est après son veuvage qu'elle s'abandonne, avec des soubresauts, au vertige d'un amour défendu. Charles, qu'elle aime et qu'elle hait à la fois, paiera de sa vie cette passion démoniaque dont il est possédé, tandis qu'Élisabeth, exorcisée, fondera un ordre de filles repenties.

    Jeanne, enfin, est une vieille bohémienne, issue d'une lignée de " sorcières " de village, ces boucs émissaires qui paient épisodiquement pour les péchés de tous. De passage dans la région, le célèbre juriste Jean Bodin instruit lui-même ce procès, à titre d'expérience, avant d'écrire sa Démonomanie. Sous ses yeux, Jeanne se condamnera lucidement, fatalement, au b-cher, comme si elle répondait à un appel plus profond qui concerne chacun de nous, comme si nous étions frères dans le mal.

    Trois âges de la nuit. Trois étapes sur le chemin d'une sorte de sainteté à rebours, une tentation obsédante qui ne nous est pas étrangère, car elle demeure de tous les temps. Trois personnages qui ressemblent, par bien des aspects, à certaines héroïnes de Françoise Mallet-Joris et trouvent leur place dans son univers romanesque.

  • Adriana Sposa

    Françoise Mallet-Joris

    Adrienne, vingt-cinq ans, abandonne sa fille Lou, sa fille de quatre ans. Et un mari, un père, une ville, Anvers, où elle a grandi heureuse. Et même sa langue maternelle. Tout cela pour une vie de déchirements et de passion, qui ressemble à une expérience mystique jusque dans ses délires charnels, et au terme de laquelle, devenue Adriana Sposa, écrivain italien, elle aura édifié comme un défi, une oeuvre et un amour sur beaucoup de souffrances.

    Souffrances de Lou qui, devenue une jeune femme vigoureuse et révoltée, va brusquement décider de partir sur les traces de cette mère toujours absente, toujours présente, pour la comprendre enfin ou la rejeter.

    Mais est-ce si simple? Le rayonnement d'Adrienne, sensible à tous ceux qui l'ont approchée, ne tient-il pas à l'amalgame, en elle, de deux vérités contradictoires, inacceptables et qui pourtant coexistent: l'amour et le mal?

    Au terme d'une quête fiévreuse, Lou aura-t-elle accepté sa mère telle qu'elle a été - ou sera-t-elle poursuivie par l'énigme que représentait l'amour d'Adrienne?

  • Divine

    Françoise Mallet-Joris

    Les voies de la providence sont décidément insondables. En l'occurrence, pour Jeanne, trente-cinq ans, professeur dans un collège parisien, cette voie est un escalier - celui qu'il faut descendre et remonter le jour ou des gamins ont saboté les ascenseurs de la tour ou elle habite...au 31°étage.

    Or Jeanne est grosse, gaiement grosse. Mais cet incident du quotidien lui révèle que pour les autres (Evelyne, sa meilleure amie, Didier dont elle est secrètement amoureuse, sa mère, ses collègues, ses élèves), elle est un cas. Elle décide alors, par défi, de commencer un régime.
    Jeanne maigrit, et, à sa grande surprise, le monde autour d'elle se modifie : elle n'est plus l'originale dont on tolérait tout, elle se doit de rentrer dans le rang. Est-elle une autre d'avoir changé d'apparence ? Peu à peu, ce régime prendra les allures d'un affrontement à soi, d'une ascèse, d'une tentative de replacer dans l'ordre du monde ces désordres essentiels que sont la faim, le désir, l'amour. Et le second prénom de Jeanne, Ludivine devenu Divine, prend alors tout son sens.
    La performance du livre de Françoise Mallet-Joris est que cet itinéraire s'exprime dans les mots et les évènements du quotidien, qu'il est semé de rires et de truculences, de saveurs et d'odeurs. Mais il est aussi comme ces tableaux flamands de repas plantureux, où, dans un coin, un personnage étranger aux ripailles a le regard qui fuit hors du cadre...

  • Les larmes

    Françoise Mallet-Joris

    Les Larmes : un buste de cire sculpté par la jeune Catherine, l'héroïne, dont l'énergie joyeuse triomphera de toutes les vicissitudes d'un temps troublé, la Régence.
    Antoinette, le modèle, éveille la passion de deux hommes : Sanson, le bourreau de Paris,

  • Que fera Violette, jeune employée intérimaire à la Préfecture de Police sous les ordres du célèbre Bertillon, en découvrant dans un dossier En attente , les photographies de l'appartement qu'elle vient de louer ?
    Elle sera bouleversée sans doute. Elle s'interrogera sur l'innocence de son propriétaire, jeune peintre séduisant mais secret, - vivant seul avec un chien au comportement étrange -, qui est, ou a été, soupçonné d'un crime. Mais surtout, elle qui, jeune novice dans un couvent, s'est trouvée obligée de le quitter, accusée d'un manque de vocation dont elle n'a pas conscience, elle s'identifiera à ce malheureux qu'entoure une hostilité peut-être injustifiée. Elle va tenter de démontrer son innocence, LEUR innocence, à travers les remous et intrigues de ce début de siècle agité par les controverses que suscitent l'affaire Dreyfus et le gouvernement Combes.

    Mais qu'est-ce que l'innocence ? Existe-t-elle, seulement ? N'est-elle pas, plus qu'une vertu, un danger ?

  • Allegra

    Françoise Mallet-Joris

    • Grasset
    • 6 Septembre 1978

    Aux yeux de ses parents, de ses soeurs, Allegra passe pour " jolie, parfaite, un peu indifférente ". Elle vient de se marier : on lui prédit un avenir à son image, calme et souriant. En vérité, qui est Allegra derrière cette douceur limpide ? Il suffira d'un gosse de quatre ans, un petit garçon arabe, muet, abandonné des jours entiers dans la cour de son immeuble, pour changer bientôt son existence. Entre cet enfant qui se tait et cette jeune femme qui se cherche, il naît une passion merveilleuse. Leurs après-midi silencieux sont des aveux, leurs promenades des chansons et des aventures. Ils sont hors du monde.

    Autour d'eux, pourtant, tout s'écroule et change. La famille d'Allegra, que troublent d'étranges révolutions intérieures, organise une véritable conspiration à son propos ; on en découvre peu à peu les rebondissements qui rendent passionnant ce livre au dénouement soudain, et imprévisible. Car à quoi rêvaient donc le petit Rachid et Allegra, toujours souriante, " si jolie, un peu indifférente " ?...

    Jamais Françoise Mallet-Joris n'avait cerné à ce point un personnage tout en lui laissant le flou de son énigmatique vérité. Le tour de force et la maîtrise d'une romancière exceptionnelle s'imposent à l'évidence une fois encore. On dirait que cette oeuvre dense a fixé quelque chose de plus qu'une histoire : le désarroi d'une société à la dérive dont Allegra et les siens seraient les saisissants reflets.

  • Dickie-roi

    Françoise Mallet-Joris

    • Grasset
    • 1 Mars 1986

    De la jeune Hélène du Rempart des béguines au petit enfant muet d'Allegra, tous les héros de Françoise Mallet-Joris ont laissé dans notre mémoire un souvenir qu'elle a su rendre inoubliable. Ici, c'est tout un monde qu'elle nous peint, le monde du show-business qui reste pour beaucoup d'entre nous si mystérieux.

    Qui est Dickie-Roi ? "L'Archange de la chanson, celui qui chante l'amour ", annoncent les affiches. Cheveux blonds saupoudrés d'argent, visage angélique, à peine apparaît-il sur scène que la salle tout entière lui adresse des cris qui sont comme des prières. Tout de suite un mystère s'accomplit et la cérémonie sacrée commence.

    De chapiteaux en théâtres municipaux, d'arènes en théâtres de verdure, la tournée de Dickie est marquée par mille épisodes burlesques ou dramatiques, pitoyables ou attendrissants, et n'est pas sans rappeler l'équipée du Capitaine Fracasse. Autour de ces nouveaux comédiens ambulants, directeurs artistiques, régisseurs, musiciens, etc., nous faisons connaissance avec le petit monde si mal connu des fans : jeunes ou moins jeunes, riches ou pauvres, et parfois presque enfants comme cette petite Pauline qui vit là à sa première grande aventure. Mais derrière Dickie-Roi il y a Frédéric Roy, le fils d'une commerçante de province, qui va se découvrir à nous, à travers les feux de la rampe et les bravos, avec ses doutes, ses nostalgies, ses ivresses, ses regrets, son innocence, et quand, victime d'une campagne de presse, l'idole en lui se sent menacée, la rupture s'accomplit et Frédéric ne supporte plus l'image de Dickie. Réfugié dans un château qui abrite une secte dirigée par un étrange personnage, Dickie n'arrive pas à assumer son destin, il est broyé par lui. Mais l'espoir est là, avec la petite Pauline, la jeune fan de seize ans qui, au cours de cet été tragi-comique, aura commencé à découvrir le monde.

    Aux couleurs de la tendresse, de l'humour et de la lucidité, le roman laisse un sillage tragique : comment ne pas craindre pour une société où le besoin d'amour ne peut s'assouvir qu'auprès des idoles ?

    Il fallait être une femme de coeur doublée d'un grand écrivain pour saisir, derrière des manifestations qui pourraient paraître puériles, la détresse des hommes et des femmes d'aujourd'hui, l'angoisse des jeunes qui, tentant de fuir un monde glacé, veulent encore aimer...

  • Une fois, déjà, Françoise Mallet-Joris a fait une pause dans son oeuvre romanesque : ce fut la Lettre à moi-même. Elle y démontrait qu'elle pouvait aussi exceller dans l'art difficile de la confidence sans complaisance. Voici à présent un ouvrage de la même veine, mais celui-ci est composé autour d'un lieu commun, d'un décor : c'est " la maison de papier ", ainsi baptisée parce que la demeure de Françoise Mallet-Joris et des siens ressemble à ces " maisons japonaises si mal fermées ", où chacun peut entrer à sa guise, foyer, refuge, abri pour tous ceux qui s'y plaisent.Ce livre est donc un tableau de l'existence quotidienne dans un ménage d'artistes. Le mari est peintre, la femme est écrivain et lectrice dans une maison d'édition. Ils ont deux garçons et deux filles. Des « employées de maison » se succèdent. Beaucoup d'amis - ceux des enfants aussi bien que des parents - vont et viennent, certains que l'on invite et d'autres que l'on accepte. Il y a aussi les visiteurs imprévus, quelques voisins. N'oublions pas les animaux : chien, chat, pigeon, merle, poisson rouge. Cela fait déjà beaucoup de monde, mais Françoise Mallet-Joris ajoute les personnages qu'elle voit régulièrement au-dehors, comme Mme Josette, la déconcertante coiffeuse rationaliste.Les enfants tiennent la première place. L'auteur utilise le dialogue comme moyen d'éducation, et elle avoue trouver là le moyen de clarifier ses propres idées sur les grands problèmes de base. La vie professionnelle n'est pas oubliée, ni les préoccupations religieuses et sociales, qui transforment peu à peu ce livre en une critique des moeurs actuelles et, mieux encore, en une enquête sur la justice et la vérité, l'amour de Dieu et l'amour du prochain, le bonheur et la joie. On ne verse jamais dans l'abstraction : tout repose sur des expériences directes.Beaucoup de lecteurs, sans doute, auront l'impression de se trouver chez eux dans " la maison de papier ", comme s'ils faisaient partie de cette famille. C'est que Françoise Mallet-Joris a le don de préserver, avec une sincérité jamais en défaut, le frémissement de ses émotions, de ses doutes, la fraîcheur de ses étonnements, l'ironie du regard qu'elle pose sur ses semblables, aussi bien que la gravité de sa foi. Rare talent qui sait traduire, sans avoir l'air d'y toucher, le naturel de la vie.

  • C'est pour assister aux obsèques de son mari, Maurice, dont elle vivait séparée depuis dix ans, qu'Alix Desroches, accompagnée de sa fille Evelyne, arrive à Bruxelles en août 1996. Peu après, c'est l'enterrement de deux petites filles, enlevées, torturées

  • Jeanne Guyon

    Françoise Mallet-Joris

    Françoise Mallet-Joris a été un jour intriguée des remous suscités parmi ses contemporains par Jeanne Guyon, écrivain passionné et vagabond de la fin du XVIIe siècle. Enfant turbulente et vive, jeune fille d'une grande beauté, épouse d'un inconnu avare et bourru, mère de cinq enfants, Jeanne, veuve, mystique, haranguera les foules avec un succès qui inquiétera les prédicateurs. Elle préconise l'abandon total à la volonté de Dieu.
    Forte de sa foi et de sa flamme, en marge de la Cour, des cabales, de l'Eglise, de la politique et des partis, Mme Guyon écrira une quarantaine d'ouvrages, connaîtra la persécution et passera dix ans à la Bastille.
    Françoise Mallet-Joris a lu cette oeuvre inégale et torrentueuse et s'est sentie concernée par cette femme si moderne avant l'heure, indépendante, scandaleusement transparente. Jeanne Guyon a suscité tant de haines, de calomnies et d'incompréhensions encore vivaces!
    Le courant de pensée qui est le sien ne s'est jamais tari ; on en trouvera des équivalences étonnantes dans la pensée hindoue, chez les surréalistes, dans toutes les expériences intellectuelles où la poésie et le sacré se confondent.

  • ... parce que tu comprends, je voudrais jouer de l'accordéon, mais je ne voudrais pas en jouer bien. Ce que je voudrais c'est jouer à l'arrière-plan, pendant que les gens chantent ou dansent, jouer seulement pour les mettre en train... On ne peut pas espérer que les gens lisent vos livres en frappant dans les mains : d'où cette brusque nostalgie. L'accordéoniste populaire, celui qui fait les bals, ce n'est pas très important qu'il joue mal, qu'il fasse des fautes. S'il est fatigué, un autre le remplace. Il est interchangeable. Indispensable et interchangeable. Voilà mon paradoxe, mon idée fixe. J'ai une balance dans la tête et un volcan dans le plexus. Je ne suis jamais parvenue à concilier les deux. C'est ça le rêve de l'accordéon. Le désir de voir danser, de faire danser, de déchaîner le joyeux volcan de la fête, mais tout de même sans y participer directement, parce que ça finit par des vitrines cassées, des gueules de bois et des regrets. Un déchainement harmonieux. Un défoulement qui soit en même temps d'une exquise justesse. Allez vivre tranquille avec des rêves pareils. ... Non, ce qui me conviendrait, ce serait de me fondre dans un ensemble. Une chorale, un orchestre, un groupe... Mais un groupe harmonieux. Et si je fondais une chorale des Goncourt ?... Ça pourrait être magnifique, ce choeur de voix d'hommes. Moi, naturellement, je jouerais de l'accordéon. ... Pour être aimée en tant que jouant de l'accordéon, c'est-à-dire au titre de ma fonction. Pour être aimée tout en restant "à l'écart sur une chaise". Pour être aimée au nom de l'amour, tout simplement.

  • ... parce que tu comprends, je voudrais jouer de l'accordéon, mais je ne voudrais pas en jouer bien. Ce que je voudrais c'est jouer à l'arrière-plan, pendant que les gens chantent ou dansent, jouer seulement pour les mettre en train... On ne peut pas espérer que les gens lisent vos livres en frappant dans les mains : d'où cette brusque nostalgie. L'accordéoniste populaire, celui qui fait les bals, ce n'est pas très important qu'il joue mal, qu'il fasse des fautes. S'il est fatigué, un autre le remplace. Il est interchangeable. Indispensable et interchangeable. Voilà mon paradoxe, mon idée fixe. J'ai une balance dans la tête et un volcan dans le plexus. Je ne suis jamais parvenue à concilier les deux. C'est ça le rêve de l'accordéon. Le désir de voir danser, de faire danser, de déchaîner le joyeux volcan de la fête, mais tout de même sans y participer directement, parce que ça finit par des vitrines cassées, des gueules de bois et des regrets. Un déchainement harmonieux. Un défoulement qui soit en même temps d'une exquise justesse. Allez vivre tranquille avec des rêves pareils. ... Non, ce qui me conviendrait, ce serait de me fondre dans un ensemble. Une chorale, un orchestre, un groupe... Mais un groupe harmonieux. Et si je fondais une chorale des Goncourt ?... Ça pourrait être magnifique, ce choeur de voix d'hommes. Moi, naturellement, je jouerais de l'accordéon. ... Pour être aimée en tant que jouant de l'accordéon, c'est-à-dire au titre de ma fonction. Pour être aimée tout en restant "à l'écart sur une chaise". Pour être aimée au nom de l'amour, tout simplement.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • De la jeune Hélène du Rempart des béguines au petit enfant muet d'Allegra, tous les héros de Françoise Mallet-Joris ont laissé dans notre mémoire un souvenir qu'elle a su rendre inoubliable. En suivant Dickie-Roi, « L'Archange de la Chanson », une toute jeune fille, Pauline, va connaître une véritable éducation sentimentale. Aux couleurs de la tendresse, de l'humour et de la lucidité, Dickie-Roi est le roman de notre époque et de ses mythes.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • De la jeune Hélène du Rempart des béguines au petit enfant muet d'Allegra, tous les héros de Françoise Mallet-Joris ont laissé dans notre mémoire un souvenir qu'elle a su rendre inoubliable. En suivant Dickie-Roi, « L'Archange de la Chanson », une toute jeune fille, Pauline, va connaître une véritable éducation sentimentale. Aux couleurs de la tendresse, de l'humour et de la lucidité, Dickie-Roi est le roman de notre époque et de ses mythes.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Dans un village du Contentin, un homme creuse un trou depuis des années, à la recherche d'un trésor. C'est un fait divers, une curiosité, une aventure, un exemple aussi. Ce " sujet " tout trouvé ranime soudain l'imagination de Robert, écrivain dispersé qui se laisse aller aux besognes quotidiennes, à la facilité de l'article de commande, du cachet, de l'émission, de tous les services à rendre qui finissent par ronger le temps d'un romancier, surtout quand il doute de lui. Entre sa femme Catherine et Reine, sa maîtresse, pour laquelle il écrit des chansons, Robert s'était bâti une petite vie tranquille, au jour le jour du hasard et de la démission heureuse. Et voici que la découverte fortuite de ce personnage inconnu vient bouleverser son existence. Pour écrire son nouveau roman, après un si long silence, il envoie paître les amis, les parasites, les employeurs. Il va même fuir sa famille, rompre avec sa maîtresse et tenter de se retrouver devant le papier nu, presque seul, soutenu par une vieille fille un peu folle qui s'est instituée sa " documentaliste " vigilante, caricature de muse.

    Délaissée, Catherine croit qu'elle n'aime plus son mari, et leurs intimes, sans se l'avouer, ne lui pardonnent pas de leur échapper, de n'être plus conforme à l'idée qu'ils se formaient de lui et de son échec. Mais peut-on ruser longtemps avec le destin et soi-même ? Qui sait s'il y a un trésor au fond du souterrain ? Qui sait si Robert pourra mener à bien le livre qui s'embourbe déjà, le jeu qui ne l'amuse plus ? L'existence, trop souvent, n'est qu'une " longue remise au lendemain des choses importantes ", et tout finit par rentrer dans l'ordre rassurant de la banalité. Catherine, infidèle par dépit, revient à son époux ; la famille se ressoude, le bonheur n'aime pas les situations exceptionnelles. Là-bas, au village, on comblera les galeries sans doute et Robert, s'il va jamais rendre visite à son modèle d'un moment, n'en fera plus que le but d'une promenade et le terme d'un rêve impossible.

    Sur ce thème d'une ingénieuse richesse - qui lui permet de nous confier, chemin faisant, ses idées sur la création, la littérature aujourd'hui, le métier d'écrivain, l'espoir, l'illusion, l'amour, les renoncements et les joies - Françoise Mallet-Joris a construit un roman à facettes, tout en nuances de tendresse et d'ironie. Les personnages foisonnent, pittoresques, attachants, pitoyables, les histoires se mêlent, les portraits se succèdent et, derrière l'écran d'un réalisme familier, sans cesse éclairé par l'humour et la satire, on devine l'ombre d'une sagesse, d'une réflexion, dont la gravité souriante n'étonnera pas les innombrables lecteurs de la Maison de papier.

  • L'idée de rendre hommage, geste d'amitié à travers le temps, à Marceline Desbordes-Valmore, m'obsédait. Déjà, Baudelaire, Barbey d'Aurevilly, Verlaine, Rimbaud, puis Aragon, Robert Sabatier, s'y sont essayés. Cette femme poète, la première des romantiques, qui n'a pas hésité à chanter le désespoir d'un amour interdit, non plus que la révolte contre le pouvoir, fut saluée par Vigny, Lamartine, Hugo. Ses contemporains. Voilà des raisons plus que suffisantes pour aller à sa rencontre. Il ne s'agit pas de retracer sa vie ; il s'agit de faire revivre Marceline, mais aussi de faire revivre l'envie d'écrire de deux petites filles flamandes, elle et moi, dire l'importance pour elle, pour moi, de sa mère, de la mienne, la joie du premier enfant, le regret d'une amitié qu'on a laissée passer, le souvenir d'un beau texte, et d'un fou rire inattendu. Révélateur, pierre de touche, Marceline n'est pourtant pas mon modèle : elle est inimitable. Elle me révolte, me bouleverse, m'exaspère parfois - je ne cesse pas de l'aimer, ni de l'admirer pour autant. Elle me déconcerte aussi - alors je me retourne vers mon passé. Étais-je ainsi ? Ai-je vraiment écrit cela ? Et je me déconcerte moi-même.

  • Françoise Mallet-Joris n'est pas de la race de ceux qui écrivent éternellement le même livre. Au contraire, dans son oeuvre, c'est la diversité qui frappe. Le roman glacé, classique, le roman proche du réalisme balzacien, le roman historique, la confession..., en dix ans, elle semble avoir tout abordé, avec la s-reté d'un écrivain qui domine facilement son sujet.

    Il y a pourtant, à travers tous ses ouvrages, un courant qui ne varie pas, une sorte d'inquiétude souterraine, mais constante et forte. Avec Les signes et les prodiges, pour la première fois, Françoise Mallet-Joris se " découvre ", comme on le dit des lutteurs. Elle livre une part de ses secrets : ceux d'une âme tourmentée qui ressemble peut-être un peu à la sienne.

    Certes, ce nouveau livre est un roman, composé avec un soin d'orfèvre par une artiste qui connaît admirablement son métier ; c'est dire qu'il se lit d'une traite, et qu'on vit avec ses personnages, nombreux, typés, proches de nous. Mais, au-delà du roman lui-même, on se pose des questions. Pourquoi Nicolas quitte-t-il une situation confortable pour s'engager dans une folle histoire de reportage hypothétique ? Pourquoi entraîne-t-il dans son aventure une jeune femme qu'il ne croit pas aimer ? Pourquoi ce pari avec lui-même, cette gageure ? Fuit-il un passé qui lui pèse ? Obéit-il au seul go-t du renouveau, ou de l'inconnu ? Se laisse-t-il porter par les " prodiges " du hasard, ou répond-il, au contraire, à quelque " signe " dont il comprend mal le sens ? Est-ce bien lui qui est appelé, ou n'est-il destiné qu'à servir lui-même de " signe " pour d'autres ?

    Autant de points d'interrogation qui resteraient sans réponse si l'on ne devinait ici une nécessité, derrière l'absurde des apparences, des contradictions ; si l'on ne reconnaissait dans ce livre envo-tant et passionné, les exigences d'une foi.

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