• Tournant le dos à l'Abitibi, l'aîné de la famille Hanse prend la route des États-Unis, en quête d'avenir et de fortune. On le retrouve dans la poussière grise de la Cité des Vents, au milieu de la foule des-laissés-pour compte, de la faune des clochards prophétiques, d'où surgit Mara. C'est avec elle que Georges s'avancera dans l'un des chapitres les plus forts de l'histoire des États-Unis.
    La Cité des Vents s'ancre harmonieusement au cycle entrepris avec « L'écrivain public », ce qui en soi ouvre sur un bonheur de lecture, cependant que Pierre Yergeau réussit à doter Georges d'une voix propre. Dans la ville des gangsters, les idées crépitent. Des cabines téléphoniques semble sortir l'augure des temps modernes. Le vent souffle du Michigan. Un vent d'Amérique.

  • Natif de l'Abitibi, le narrateur du Père d'Usman a abandonné ses études à Montréal et se retrouve, en novembre 1980, au royaume de la Dame de Fer. Séduit par la grisaille de Londres, par sa lumière si différente de celle de l'Abitibi, il souhaite s'y installer. En quête d'un boulot, il rencontre Usman, qui communique avec ses mains ou en écrivant sur des bouts de papier. Après le travail, ils se retrouvent au Chaos, un bar punk dont la faune semble échappée d'un cirque. Dans cet univers marginal, la fiction s'affranchit du vrai et du faux, se colore, se contorsionne, devient singulière et énigmatique. Sur le terrain fertile de l'imaginaire, réminiscences et réel échangent des images.
    La prose de Pierre Yergeau, stylisée, minimaliste, voire elliptique quand elle devient poème, trouve son contrepoint dans sa richesse d'évocation. Comme si l'écriture ne donnait à lire qu'une infime part de l'histoire pour que l'image du père transparaisse en filigrane.

  • De Los Angeles à Montréal, en passant par Paris, Conséquences lyriques, est un roman savamment déconstruit, pour ne pas dire cubiste, et constitué de six groupes de personnages. L'histoire étant un assemblage de faits divers, et le lecteur est appelé à tisser les liens selon les indices soigneusement distillés par l'auteur.

    Pour son premier roman chez Québec Amérique, Pierre Yergeau se livre à un exercice de haute voltige qui questionne les mécanismes de la création et qui a l'américanité en trame de fond. Nous sommes toutefois en désaccord avec le narrateur du roman, qui stipule que « Un livre devrait se terminer par la mort de son auteur » !

    Dans ce roman, vous êtes invités à suivre les péripéties d'un chasseur d'extraterrestres, d'une journaliste spécialisée dans les faits divers et dont le père ressemble à s'y méprendre à John Wayne, d'un policier, d'un ex-mannequin Calvin Klein amateur d'enterrements, d'une grosse dame de plus 300 livres et de son jeune fils, d'un scénariste québécois qui a des conversations avec un alligator qui aime les bonbons, et, en prime, de l'énigmatique Gomme, degré zéro du personnage. Même Céline Dion fait son apparition dans ce cortège pour le moins hétéroclite ! Et votre travail de lecteur consiste à déterminer qui sert d'inspiration à qui ? Bonne chance !

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